Kaïa

Roman

Artang - Prologue

le 04/09/2006 à 19h58
 



Voilou!!! Le début de mon roman, je met que le prologue pour le moment, vous aurez le premier chapitre dans l'article suivant, pour le second chapitre je ne sais pas si je vous le mets en plusieurs morceaux ou directement en entier étant donné que je n'ai pas finit de le taper, je sais pas, je verrais, à ce jour il n'existe encore que trois chapitres et deux intermèdes ( je crois, je suis pas sûre ) d'Artang qui est donc mon roman, mais j'aime pas dire roman je trouve que ça fait un peu comme si je me la racontais, alors la catégorie s'appelle comme ça mais en général je parlerais plus de mon " histoire " que de mon " roman ", ça fait peut être un peu golio mais c'est une question de principe!!^^ Allez, Bonne lecture^^


 

Prologue





Artang...Voici le nom du pays où naquit un jeune garçon du nom de Adrien Fermafeu. On disait de lui qu'il était fougueux et courageux comme un grand aventurier, ce qu'il avait tendance à contredire. En réalité, il s'agissait du fils unique du seigneur Aaron Fermafeu, le souverain du pays qui résidait dans le château de la ville de Jussey la capitale. C'était un homme bon et juste, il était aimé et respécté par son peuple. Mais à son grand malheur, son fils ne cessait de fuir les leçons que les conseillers royaux tentaient à grand peine de lui enseigner. Il s'échappait discrètement du palais afin de rejoindre ses amis d'enfance Yvan et Arilia. Ils passaient tout trois la majeure partie de leur temps à vagabonder dans les rues de la capitale et à parcourir l'immense forêt qui la bordait. A leurs yeux, leur vie aurait dû resté toujours insouscience et gaieté, mais le destin en avait décidé autrement...Ca vous intrigue n'est ce pas ? Vous aimeriez savoir ce qui a bien pu leur arriver, et bien c'est pour cela que je vais vous raconter leur histoire, enfin, mon histoire,et oui, je suis ce garçon dont je vous ai parlé; Adrien Fermafeu... 


Artang - Chapitre 1

le 04/09/2006 à 23h24
Vous remarquerez par endrois quelques commentaires de mon cru entre parenthèses évidemment, je vous demanderais de ne pas y prêter la moindre intention paske c'est juste un petit trip de ma part et comme je me souviens jamais où ils sont placés et bah je les ai pas effacés ^^! 

 
Chapitre
 
 
I
  C'était un matin doux et brumeux, il était très tôt et le soleil n'était pas encore levé. Je venais de m'habiller et me munis d'une besace dans laquelle j'avais mis un énorme morceau de pain et une pomme de belle taille. Je m'approchais silencieusement de la porte de ma chambre et lorsque je voulu l'ouvrir, je ne fus pas surpris de constater qu'elle était fermée à clé. Mon père, de plus en plus méfiant avait sans aucun doute prévu que j'essaierai à nouveau de filer en douce pour rejoindre mes compagnons de fortune. Heureusement, Yvan, en fin vagabond m'avait appris à crocheter les serrures. J'ouvris donc la porte en un tour de main et, après avoir jeté un oeil discret en dehors de ma chambre pour ne pas être surpris par un quelconque insomniaque, en sortis en silence. Je parcourus le long couloir à pas feutrés, l'oreille aux aguets et finis par déboucher sur les escaliers. Je vérifiais prudemment que personne ne s'y trouvais puis commençais à le descendre quand une toux forcée retentie derrière moi, me coupant dans mon élan. Je fis aussitôt volte face pour voir qui était là. En haut des marches se dressait un homme d'une cinquantaine d'années. Il était vêtu d'une longue chemise de nuit presque entièrement recouverte par une grande cape sombre richement décorée. Ses cheveux mi-longs étaient retenus par un morceau d'étoffe noire. Ses yeux gris me fixaient avec satisfaction et sur ses lèvres au dessus desquelles trônait une imposant moustache , un sourire hautain s'était dessiné. Je connaissais bien cet homme, c'était lui qui m'enseignait, ou du moins qui essayait de m'enseigner " l'art de régner sur un pays " selon ses dires. C'était un homme malsain et désagréable contrairement à son frère, le second conseiller qui me donnait les autres leçons que je suivais qu'un minimum hormis celles de combat et de tir à l'arc. Il s'avança vers moi, son sourire aux lèvres et son air supérieur. Il s'arrêta deux marches au dessus de moi puis se mit à parler de sa voix rappeuse et tranchante.
_Mon jeune seigneur, il me semble qu’il est bien tôt pour se promener dans le palais, auriez vous par le plus pur des hasards l’intention de sortir rejoindre ces vagabonds que vous nommez « amis » !?
_En effet, il est bien tôt pour se promener surtout pour un homme de votre âge qui ne croit pas au hasard et qui ne connaît certainement pas la signification du mot « ami » ! Répliquais-je agacé.
_Je crois malheureusement que c’est vous mon prince qui vous induisez en erreur quant à la signification de ce mot, peut-on appeler « ami » quelqu’un qui vous détourne du droit chemin et qui vous empêche de manière régulière de suivre vos leçons quotidiennes.
_Quelle étrange question que voilà, il est bien évident que je puis parfaitement appeler de cette manière les personnes qui me permettent d’échapper à l’éternel ennuis de vos leçons !
_Je suis navré pour vous Mon Sieur, ces leçons sont nécessaires.
_Nécessaires à me faire mourir d’ennui, mon pauvre ami – « ami » ? – je suis encore bien jeune pour songer à succéder à mon père au trône, et lui n’est pas encore assez vieux pour abandonner son règne, et sa santé est encore excellente ! Sur ce, je me dois de vous quitter car je suis attendu, vous transmettrez bien le bonjour à mon géniteur et à votre frère !
Le conseiller me fixa avec rage, sur son visage, toute trace d’une quelconque forme de joie ou de satisfaction s’était effacée pour laisser place à une grimace de colère fulminante et évidente. N’ayant visiblement plus la moindre réplique cinglante en bouche, il me laissa partir sans rien ajouter.
 
   La traversée du palais et des jardins se passa sans encombre, après quoi, j’atteignit un épais buisson qui longeait une paroi de la muraille d’enceinte recouverte de majestueux rosiers grimpants. Un bruit de pas ponctué par celui de plaques de métal s’entrechoquant résonna au-dessus de ma tête. Aussi vif que l’éclair, je me jetais dans le buisson juste à temps car un garde surgit sur les remparts en promenant est regard de faucon ( faux con, niark, ce qui n’est pas le cas des soldats quoi !!! ) partout autour de lui. Mon acte peut vous paraître inutile, mais sachant les gardes aussi bêtes que bourrins, je craignais qu’ils n’aient l’idée de sonner l’alarme ce qui aurait eu pour effet d’alerter tout le village qui - bien que l’on soit à cette époque en temps de paix – aurait cru à une invasion ou quelques choses du même genre. Une fois que l’homme et son armure grinçante se furent éloignés, je dégageais du mieux possible une petite ouverture pratiquée dans le mur et dissimulée par les rosiers tout en tâchant de ne pas me faire lacérer les mains pas leurs épines acérées. Le passage m’avait été indiqué quelques années auparavant par un vieux jardinier qui ne supportait plus de me voir piétiner ses plans de fleurs lorsque je courais pour échapper aux gardes m’ayant repéré. Depuis, c’était toujours par-là que je passais pour quitter le château à l’abri des regards. Le souvenir du vieil homme furieux proférant diverses injures alors que je semais les gardes essoufflés au travers des jardins me fit sourire tandis que je me glissais sous la muraille. Une foi sorti de l’enceinte, je débouchais sur la ville et me dirigeais immédiatement vers la « Chope Enchantée », l’auberge taverne où vivaient mes amis. Yvan et Arilia, Arilia, orpheline de naissance avait été élevée par sa tante jusqu’à ce que celle ci ne meure, touchée par une maladie, laissant les deux enfants âgés de sept et huit ans livrés à eux même. Heureusement, Flore, une aubergiste les recueillit et s’en occupa comme s’il s’agissait de ses propres enfants. Flore était une femme avenante aux formes plutôt rondes et aux longs cheveux bruns mais avec un regard doux et un sourire des plus agréables. En plus d’avoir été une mère pour mes deux compagnons, elle était aussi notre plus grande complice. Alors que je parcourais les rues endormies de Jussey  je commençais déjà à sentir l’odeur des beignets chauds qu’elle nous préparait à chaque fois que nous partions en chasse. Arrivé à l’auberge je m’apprêtais à pousser la porte lorsque celle ci s’ouvrit sur une jeune fille aux cheveux courts et aux yeux d’un bleu aussi limpide que celui du ciel un jour de beau temps. Après m’avoir offert un sourire rayonnant elle se jeta soudainement à mon cou, manquant de me faire tomber. Tandis qu’Arilia s’évertuait à m’étrangler malgré mes protestations Yvan apparut sur le pas de la porte. A dix sept printemps à peine il en paraissait une vingtaine, il possédait une bonne carrure et, bien que je n’aie qu’un an de moins que lui il me dépassait d’une tête, voire un peu plus. Ses longs cheveux blonds roux étaient noués en une que de cheval basse et ses yeux d’un vert profond reflétaient son éternelle malice. Il me souriait, l’air moqueur en ricanant de la situation dans laquelle je me trouvais. Lorsque Arilia consentit enfin à me lâcher, son cousin s’approcha de moi et m’administra une claque spectaculaire dans le dos, me propulsant avec force dans l’auberge où je perdis l’équilibre. Je fus rattrapé de justesse par deux mains rondelettes, en redressant la tête je reconnus le visage joyeux de Flore. Elle m’adressa un de ses fabuleux sourires dont elle avait le secret tout en m’aidant à me relever avant de tous nous faire entrer.
   Après avoir ingurgité une bonne demi-douzaine de beignets chacun, harnaché nos montures puis quitter la ville pour nous rendre dans l’immense forêt qui la bordait nous nous arrêtâmes quelques instants sur une colline afin d’observer la vue enchanteresse que celle ci nous offrait. La lune, cercle d’argent sur le grand tapis noir de la nuit inondait les arbres de sa délicate lumière. Arilia semblait fascinée par ce paysage, la tête posée sur l’encolure de son cheval dont elle caressait la crinière avec douceur, elle observait la forêt, les yeux mi-clos, l’air rêveur, comme hypnotisée. Yvan jetait des petits coups d’œil moqueurs à la jeune fille. Soudain, il poussa un cri sauvage, rompant le silence et faisant sursauter sa cousine si vivement qu’elle faillit en perdre l’équilibre. Puis lançant un « yahou » enjoué, le garçon lança sa monture, une splendide jument blanche nommée Nuage, au galop. Dans un réflexe rapide alors que mon ami dévalait la colline à toute allure, je talonnais mon cheval qui partir à une vitesse surprenante, manquant du même coup de me faire décoller de la selle. Yvan en m’entendant arriver tira sur les rennes et s’arrêta juste devant moi afin de me ralentir. Voyant l’astuce venir de loin, j’esquivais le piège avec aisance doublant par la même occasion mon compagnon qui ne perdit pas de temps pour me rattraper enchaînant sur une course folle où, tels des gamins nous nous bousculâmes en riant et en criant risquant de se faire tomber l’un l’autre. Lorsque nous atteignîmes la forêt en pouffant comme des idiots, Arilia qui avait profité de nos tours et détours nous y attendait déjà affichant un air satisfait. Après l’avoir rejoint nous nous mîmes à rire tous trois de bon cœur. Yvan essayait de me calmer à grands remèdes de claque dans le dos provoquant bien plus d’étouffements que d’accalmies. Une fois que notre fou rire fut terminé, nous partîmes dans la forêt dans cette atmosphère joyeuse.
    Cela faisait déjà un certain temps que nous avancions parmi les arbres sans rien rencontrer. Yvan, qui possédait une impatience hors du commun commençait à la manifester et sa cousine, las du manque d’action se mit à parler d’un garçon qu’elle avait rencontré et qui ne la laissait pas indifférente. C’était le genre de conversation qui m’exaspérait. Après avoir expliqué combien ce jeune homme était minable et idiot, le presque frère d’Arilia enchaîna sur l’énumération de toutes les jeunes filles avec qui il avait eu une relation, imitant d’une voix suraiguë et stupide la façon dont elles avaient rompu. Avec le bruit que faisaient mes compagnons, il était difficile à croire que l’on ait pu rencontrer une quelconque créature. Le but de notre « chasse » était d’effrayer et si possible d’attraper des korrigans. C’était l’une de nos activités préférées. Flore, dont l’auberge était située à proximité de la forêt subissait régulièrement les plaisanteries de ces êtres farfelus, de ce fait, elle nous accompagnait lorsqu’elle le pouvait afin de prendre sa revanche, elle était très douée pour inventer tout un tas de pièges divers et variés et faisait tourner ses proies en bourrique pendant des heures.
 
    Perdu dans mes pensées, je ne m’étais pas rendu compte du silence qui s’était établi derrière moi. Lorsque je réalisais enfin ma situation, il était trop tard ; Yvan se jeta sur moi dans un cri sauvage. Il me désarçonna et m’envoya à terre, je me remis sur mes pieds juste avant que mon ami ne bondisse en face de moi, sa guitare tenue à la main tenue telle une massue qu’il agita en braillant :
_En garde compagnon !!
Sans hésiter je me saisis d’une grosse branche et vins lui chatouiller les côtes. Avec son éternel rictus moqueur sur les lèvres, Yvan battit l’air de son instrument au raz de ma tête le vent faisant vibrer les cordes. Entraîné par l’action, il faillit m’écraser le nez, ce qui me fit reculer puis trébucher. Dans un ensemble de rire, mon camarade m’aida à me relever, sa guitare sur l’épaule. A ce moment là, je vis pendre à son cou un petit sifflet en bois de chêne. L’objet muni de deux trous avait été ouvragé minutieusement, les gravures qui l’ornaient étaient minuscules et il fallait regarder de près pour les distinguer. C’était Aïdisse, une fée des lacs qui lui avait offert lorsqu’un an auparavant Yvan l’avait sauvée d’un groupe de korrigans qui avaient essayé de lui arracher les ailes. Elle lui avait donné l’objet en lui disant qu’il suffisait juste de souffler dedans si on voulait la voir ou si on avait besoin de son aide. J’intimais aussitôt à mon ami de s’en servir afin que nous puissions demander à l’ondine la raison du calme et du vide inhabituel de la forêt. Arilia approuva et à son cousin de dire d’une voix moqueuse :
_Vous avez raison chers amis, quelle idée tout à fait remarquable, je me mes à l’œuvre immédiatement !
Il s’empara de la petite flûte et la porta à ses lèvres. Il souffla légèrement dedans faisant jouer ses doigts sur les deux trous. Un son doux et fluet s’en échappa nous berçant de sa langoureuse mélodie. Envoûtante, la douce mélopée nous enveloppa, portée par le vent qui semblait agiter le feuillage des arbres à son rythme. J’étais comme transporté, tout semblait magique autour de moi _ ce qui était probablement le cas _ puis, mon compagnon cessa de jouer. La musique s’interrompis brutalement me ramenant à la réalité. Regardant autour de moi je cherchais la belle mais discrète Aïdisse qui ne semblait pas vouloir se montrer. Comme guidé par une main invisible, mon attention et celle de mes compagnons se portèrent sur une feuille comme les autres dont la rosée s’échappait par petites gouttes. Une de ces minuscules larmes vint s’écraser au sol, puis commença à prendre la forme d’une jeune femme avant de laisser apparaître une fée. Elle battit des ailes pour se débarrasser de l’eau qui en perlait. Elle était à peine plus grande que ma main, elle portait une tunique blanche qui faisait ressortir avec délicatesse la couleur bleutée de sa peau, une cascade de cheveux blonds aux reflets dorés retombait sur ses épaules fragiles et de superbes ailes de cristal ressortaient de son dos. La belle s’envola jusqu’à Yvan et pour se poser dans le creux de sa main. Sur son visage et dans ses grands yeux verts, limpides se lisait de l’inquiétude.
_Qu’est ce que vous voulez ? fit elle d’un ton mal assuré.
_Pourquoi y a plus personne ici ? répondit Yvan aussi rapide que direct.
_Je…Je…Qu’importe !!! Le mieux c’est que vous ne posiez pas de questions et que vous rentriez immédiatement chez vous !
Intrigué, mon ami demanda à la fée les raisons qui la poussaient à nous dire cela. Mal à l’aise, l’ondine marqua une pause et sembla réfléchir un instant, puis elle reprit hésitante :
_Hum… Eh bien… Depuis quelques temps, la Moukia est très agitée… En fait, des orks se sont installés dans les anciennes mines des nains, sur le territoire interdit de l’autre côté de la Moukia ! Ils ont semé une pagaille terrible ici, c’est pourquoi nous nous cachons, vous savez, les orks sont vraiment d’abominables créatures…
_Tu sais que tu mens très mal Aïdisse ?! répliqua Yvan, amusé. Les orks n’existe pas plus qu’un anneau magique ou qu’un quelconque œil de feu ! Nous avons passé l’âge de croire aux contes ma pauvre amie, et puis même ce genre de créature – si toutefois il en existe – ne serait pas assez  stupide pour s’aventurer sur les territoires interdits, ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il s’appelle ainsi, et ce n’est pas non plus sans raison que les nains ont abandonné leur mine !
_Il a raison, intervint Arilia, d’autant plus que ce n’est pas une bande de créatures puantes et crétines qui vont effrayer Yvan ou Adrien !! Tu les connais, rien ne leur fait peur !!
_C’est évident voyons, renchérit son cousin, qui aurait peur de simples chimères inventées par un simple écrivain ( pas si simple que ça ) !!
_Je… …
_Tu ne sais plus qui tu es,
Tu ne sais plus ce que tu fais,                      
Mais s’il y a bien une chose que tu sais,
C’est ce que tu es ! improvisa Yvan en grattant les cordes de son instrument.
_Cesse de plaisanter pauvre sot, s’emporta la fée en s’envolant furieusement de la main de mon compagnon le faisant taire du même coup, Tu ignore totalement ce qui est sur le point de se produire !
_Hein ?! De quoi tu parle ?
_Vous voulez savoir ce qui se passe ici, c’est ça, eh bien je vais vous le dire moi ! continua la belle hors d’elle, Il se passe qu'un dragon qui sommeille depuis des siècles dans les tréfonds de notre paradis forestier s’est soudainement éveillé et terrorise chacun d’entre nous ! C’est lui le roi en ces lieux, et je vous déconseille d’aller à l’encontre de sa volonté ou de sa personne !!
Sans autre forme de procès, Aïdisse disparut aussi vite qu’elle était apparue, nous plantant là avant même que nous ayons vraiment eu le temps de saisir ce qu’elle nous avait dit. Après avoir entendu ces paroles, je me laissais retomber contre ma monture, perplexe. Arilia contemplait l’encolure de son cheval, inquiète. Je jetais un coup d’œil douteux à mon compagnon, il était lui aussi adossé à son destrier, la guitare sur l’épaule et, une main sous le menton, il affichait un air malicieux, faisant mine de réfléchir.
_A quoi penses tu? Fis je, méfiant.
_A ton avis!? Répondit il, faisant l’innocent.
_Je crois que tu pense à la plus grosse bêtise de ta vie que tu t’apprête à faire !
Arilia qui avait relevé la tête nous regardait alternativement, une lueur de panique dans le regard.
_Nenni, que vas tu imaginer là, ce n’est poins une sottise de vouloir protéger sa ville, son peuple et principalement son futur roi d’un reptile géant et enragé !
_Idiot ! Cet animal ne fera rien tant qu’on lui fichera la paix, en revanche, il ne fera qu’une bouché de toi si tu décide de t’aventurer dans sa tanière !!
_Allons, allons, tu dramatise bien la chose, j’irai pourfendre ce dragon sans crainte, je suis certains qu’il ne m’arrivera absolument rien !
_N’essaie pas de donner une allure héroïque à ton action irréfléchie !
_Oh oh ! Serait ce une mise en garde, je peine à y croire, Adrien Fermafeu, l’homme le plus brave d’Artang aurait il peur d’un simple dragon !?
_Arrête cela immédiatement ! Je ne suis pas le plus brave ou quoi que ce soit de ce genre là ! mon ami émit un gloussement moqueur à ces mots, Et même si c’était le cas, je n’irais pas affronter une telle créature, tu connais nos légendes Yvan !!
_Tu peux bien bagouler tant que tu veux, comme tu l’as si bien dis, ce ne sont que des légendes, des contes pour effrayer les enfants désobéissants !! Tout ceci ne changera rien à mes convictions, j’irai combattre quoi que tu en dises !!
_Yvan !!!
Celui ci ne prêta plus la moindre attention à mon appel, il se mit en selle comme si de rien n’était et partit en direction du cœur de la forêt. Arilia l’interpella à son tour, son cousin se retourna et, avec un clin d’œil complice lui fit un signe de main. La jeune fille gémit et plongea sa tête dans la crinière de son cheval. Je regardais mon camarade s’enfoncé dans le bois, la guitare à la main, laissant sa monture le guider. Il chantait de sa belle voix une ballade qu’un troubadour farfelu, de passage à Jussey lui avait apprise. Le chant contait l’histoire d’un jeune chevalier partit affronter un dragon pour sauver sa belle, mais l’aventure de ce héros se terminait plutôt mal. Ce n’était pas vraiment une chanson très rassurante en de telles circonstances, mais Yvan était ainsi, stupide et borné. Je le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse. Arilia, elle, faisait une tête de déterrée, mais lorsque mon regard croisa le sien, ce fut comme si elle m’avait foudroyé. Soudain son visage changea du tout au tout et elle parut entrer dans une colère noire. Terrifié, je compris aussitôt qu’il valait mieux que je rattrape Yvan rapidement. Je me remis à cheval et partis aussitôt sur les traces de mon compagnon. Dans cette partie de la forêt très peu fréquentée, aucun chemin n’existait, le sol était envahit par les ronces et les orties, piétinés par endroit laissant apparaître les traces du passage d’Yvan. Flèche, ma monture qui semblait s’ennuyer commença à manifester quelques signes d’impatience. Résigné, je détendais les rennes et laissais mon destrier avancer à l’allure qu’elle souhaitait, un petit trot rapide qui me fit exécuter quelques soubresauts sur ma selle. Je devais régulièrement baisser la tête, voire me pencher sur l’encolure de l’animal pour éviter les branches basses qui auraient vite fait de me désarçonner. Plus nous avancions plus l’air me semblait lourd, condensé, étouffant, terriblement inquiétant, chaud et moite. Pourtant, le vent soufflait particulièrement fort, il paraissait venir du fin fond de la forêt vers lequel je me dirigeais en transportant tous les sons provenant des sous bois. Une voix parvint à mes oreilles ; « … percevant la belle, prisonnière d’une tour dorée… » c’était à n’en pas douter Yvan qui continuait son trajet de manière imperturbable. Je me demandais s’il était encore loin de moi. Cela faisait un sacré moment que nous progressions dans les friches lorsque je sentis mon cheval devenir nerveux, il ralentit jusqu’à avancer au pas. Il regardait furtivement autour de lui, s’arrêtant de temps à autre pour humer l’air. Le vent avait cessé et la chaleur était devenue insupportable, la forêt était plongée dans un silence de mort brisé uniquement par les sabots de Flèche, écrasant les mauvaises herbes. La peur commença à me nouer la gorge, les animaux savent ressentir le danger avant même que celui ci ne se présente, de ce fait, si ma monture était nerveuse j’avais probablement de quoi céder à la panique. Je respirais difficilement par petite saccades, cherchant désespérément un peu d’air frai dans cet atmosphère suffocant. Il faisait de plus en plus chaud, je transpirais beaucoup et la soif m’étreignît rapidement. Mon destrier s’arrêta de manière moins espacée et grattait le sol du bout de son sabot. La tension était à son comble lorsqu’un cri inhumain déchira le silence et mes tympans avec. La chose responsable de ce hurlement était très proche et devait bien s’être fait entendre jusqu’à Jussey. Un instant, j’eu la vision furtive d’un gigantesque dragon rouge muni de grandes ailes et d’une mâchoire où des crocs solides et tranchant luisaient, menaçant. Je frissonnais. Un second cri, plus humain, m’arracha à mes pensées. Mon cheval recula, agité de tics nerveux et secouant la tête frénétiquement. Je pensais d’abord à la fuite puis le visage moqueur d’Yvan s’interposa dans mon esprit. J’envoyais ma monture à la charge pour aller secourir mon ami. Flèche était lancé au grand galop, les branches fouettaient mon visage, l’une d’elle m’écrasa le nez et le sang se mit à couler mais je n’y prêtais pas la moindre attention, le plus important pour le moment était de sauver mon compagnon. J’étais en proie à une panique grandissante, je peinais beaucoup à respirer mais tout cela ne m’empêcha pas de continuer ma course folle. D’étranges piaillement s’élevèrent des arbres, de plus en plus fort, certains ressemblant à des cris humains. Soudain, une sorte de boule de feu fusa vers moi, mon cheval se cabra pour l’éviter, les ronces et l’herbes s’enflammèrent à ses pattes. De manière inattendue, des milliers de créatures telles que des korrigans, des fées, des gnomes et autres surgirent comme de nul part hurlant et braillant. En quelques instants nous fûmes noyés par cette vague étrange. Le sol fut tellement piétiné que les flammes qui s’y étaient allumées furent rapidement étouffées. Flèche luttait avec force pour percer l’épaisse barrière qu’avaient formé les petits êtres hybrides mais se trouva dans l’obligation de reculer de quelques pas. Désespéré, je sautais de ma selle et marchant plus ou moins sur les korrigans et les gnomes qui s’entassaient devant moi je commençais à avancer. Des oiseaux affolés volaient à une rapidité extrême au raz de ma tête. La chaleur était devenue dense et l’air très lourd. Brusquement, une énorme flopée de feu roula vers nous avec un grondement sourd. Je restais presque immédiatement immobile, regardant fixement le brasier, à la fois fasciné et terrorisé. Je me sentis comme attiré par les flammes. Les créatures qui m’entouraient avaient cesser de me bousculer et me contournaient, comme si elles avaient elles aussi ressenti cette force et cette bouffée de chaleur que je me pris à trouver agréables et qui envahissaient mon corps. J’étais dans un état second, tout autour de moi les choses semblaient irréelles, j’avais le sentiment de flotter. J’avais tout oublier, Arilia qui devait se faire un sang d’encre, Yvan qui risquait de mourir à tout moment, mon père et ses deux conseillers qui me sermonneraient sans le moindre doute lorsque je rentrerais le soir, seul, indifférent, vide et abusé. Je sentis un sourire béat étirer mes lèvres. Les flammes, hypnotiques étaient à quelques pas de moi à présent et dansaient sous mes yeux, envoûtantes. Un hennissement sourd me tira de ma torpeur. C’était Nuage, la jument d’Yvan qui sortait du brasier au galop malgré un léger boitement. Elle se précipita vers moi et disparut dans mon dos. Je ne me retournais pas pour voir où elle allait car le visage de mon ami apparut devant moi, hurlant, un rictus dément relevant ses lèvres. Il m’appelait, criant de toutes ses forces, me tendant une mains crispée et semblant lutter contre un bras invisible qui le tirait en arrière. Toutes les forces qui m’avaient envahi auparavant m’abandonnèrent, le sentiment de puissance qui m’avait habité se dissipa totalement. Dans un hurlement de désespoir je m’élançais en direction de mon compagnon, sans hésiter, je me jetais dans le feu et saisis sa main, elle m’échappa et Yvan s’éloigna de moi entraîné par ce bras que je ne pouvais ni voir ni détruire. Je l’appelais, encore et encore, combattant de toutes mes forces cette imprenable muraille de flammes. Il disparut. Devant moi ne se trouvait plus que le brasier aux nuances bleu, jaunes, rouges, je ne savais plus trop. J’étais totalement perdu, noyé dans une semi-inconscience. Le feu se dissipa, je ne le vis pas, je restais à nouveau immobile, désabusé par moi-même. Les oiseaux continuaient de voler en tous sens autour de moi. L’un d’eux m’arriva en pleine face et s’écrasa sur ma tête. Je sentis mon sang, chaud couler où le bec du volatile m’avait percuté. Je perdis connaissance...
 

 
Ahah!! Et là vous devez être curieux de connaitre la suite pas vrai? ( à moins que vous n'en ayez strictement rien à faire ce qui est, je l'avoue, fort plausible ) et ben j'ai commencé à la taper mais il faudra attendre paske je tape lentement et que j'ai pas vraiment beaucoup de temps!! Désolée ^^.
 

Artang-Chapitre 2

le 24/09/2006 à 18h35


Chapitre


II


 

    Mon réveil fut des plus brutal, Arilia, qui m’avait retrouvé à l’orée du bois sans savoir ce que j’y faisais m’avait secoué et giflé avec force pour me faire reprendre conscience. Quand j’ouvris les yeux, je la découvris le visage crispé dans une expression de panique hystérique. Des larmes coulaient le long de ses joues et elle remuait les lèvres sans arriver à prononcer le moindre mot. Il n’était pourtant pas difficile de comprendre qu’elle était rendue folle d’inquiétude par les cris de la créature et la disparition d’Yvan. Je la pris dans mes bras que faire d’autre, elle enfonça profondément sa tête dans ma poitrine et sa mit à sangloter. Nous restâmes comme ainsi pendant un certain temps, puis la jeune fille se redressa et me demanda en articulant difficilement ce qu’il était advenu de son cousin. J’ouvris la bouche et la refermais aussitôt. Je secouais vivement la tête, incapable de lui dire quoi que ce soit. Les mots restaient bloqués au fond de ma gorge. L’image d’Yvan me tendant la main et m’appelant au milieu des flammes m’apparut furtivement, rouvrant la plaie de mon cœur qui s’était temporairement refermée. Arilia me dévisagea avec insistance attendant une réponse. Je secouais de nouveau la tête avant de me lever et de me diriger vers mon cheval et celui d’Yvan qui se trouvaient encore à la lisière des arbres. La jeune fille m’interpella, prise de panique, Je montais en selle sans me retourner, y attachais les rennes de Nuage et m’emparant de celles de Flèche. J’adressais un dernier regard à Arilia, en pleur me suppliant en silence, et, gardant cette image déchirante en mon esprit je lançais ma monture au galop.


    J’étais à mi-chemin entre la forêt et la ville lorsque les premières gouttes de pluie tombèrent. Le jour était passé sans que je ne l’aie vu et la nuit commençait à étendre ses longues ailes noires au-dessus d’Artang, enveloppée d’un épais manteau de nuages sombres. Quelques minutes plus tard, j’atteignis Jussey et la pluie s’était faite violente. Tous les villageois s’étaient enfermés chez eux afin de s’abriter. L’eau qui ne cessait de tomber masquait les lumières provenant des maisons et que les fenêtres laissaient échapper. En passant devant l’auberge de Flore je relâchais la jument d’Yvan devant l’établissement et continuais mon chemin sans plus attendre, quand l’aubergiste sortit et m’appela j’étais déjà loin et ses cris furent étouffés par le bruit des gouttes allant s’écraser sur les tuiles et le pavé. Enfin, j’aperçus les hautes murailles du château de mon père et lorsque j’arrivais à leurs pieds, le chef des gardes du haut de son guef donna l’ordre d’ouvrir la herse et la lourde porte de chêne. Ainsi, l’immense grille de fer se souleva avec lenteur tandis que les deux énormes battants de bois s’écartèrent pour me laisser passer. Je pris rapidement la direction des écuries et, après avoir dessellé mon cheval le confiais aux soins des écuyers. Je traversais ensuite la cour sans ménagement et pénétrais enfin dans le hall tapissé de velours rouge et au milieu duquel m’attendaient mon père et ses deux conseillers. Le premier conseiller me toisait d’un air malfaisant et emprunt d’une extrême satisfaction. Son frère, lui semblait désespéré, quant un mon père, il avait une mine sévère, preuve qu’il allait sans doute entrer dans une colère noire si je venais à me montrer encore plus insolent qu’à mon habitude. Mais rien de cela ne se fit, il prit simplement une voix posée :


_Adrien…


Pour toute réponse je lui renvoyais un silence indifférent. Il soupira et repris :


_Adrien, quand te décideras-tu à devenir raisonnable, cesse donc de fuir tes devoirs de prince héritier, si tu t’obstine à continuer ainsi je vais finir par perdre la tête !


Je le regardais droit dans les yeux, demeurant muet et gardant un visage démuni d’expression. Mon père était, par chance d’une nature calme et patient, cependant, cette foi ci il paraissait vraiment m’en vouloir, mais je n’étais pas d’humeur à me disputer avec lui ni avec qui que ce soit d’autre. Le second conseiller souffla à son tour, exaspéré, cet homme était doux et gentil et cela se lisait sur son visage creusé de rides. Il n’avait jamais réussit à me faire un véritable sermon et je ne l’avais jamais entendu hausser le ton.


_Adrien, tu vas bien ? demanda mon père passant de la colère à l’inquiétude. Il est arrivé quelque chose, tu t’es disputé avec Yvan ?


Soudain, je fixais à nouveau mon regard dans le sien, je sentais monter en moi une bouffée de chaleur, mon cœur se mit à battre plus vite, ma respiration se fit rapide et saccadée, je sentais venir en moi la colère, immense, dangereuse, dévastatrice. Je regardais toujours mon père, sans ciller, sur son visage s’était peint une expression de terreur, j’entrais dans une rage monstrueuse, « me disputer avec Yvan, me disputer avec mon meilleur ami, quelle idée, il venait de mourir, par ma faute, et lui, lui, mon propre père avait l’affront de me le rappeler ». Mes pensées étaient confuses, je regardais le second conseiller dont les yeux s’agrandirent emprunts de peur, il balbutia quelque chose d’inaudible avant de s’effondrer sur le sol, inconscient. Son frère qui paraissait bien moins fier qu’auparavant s’interposa entre nous deux et, tachant de garder une contenance, m’intima l’ordre de me calmer tout en me traitant d’insolent. Ma colère explosa.


_Ardeyn bââr yör ! hurlais-je sans trop comprendre ces paroles qui eurent des conséquences bien pires que je ne l’aurais imaginé. Le vieil homme devant moi me contempla perplexe, mon père parut mourir de peur. Soudain, les cheveux du conseiller s’enflammèrent, le vieillard, ne comprenant pas trop ce qui lui arrivait prit d’abord une expression idiote, puis, poussant un cri de douleur, il porta les mains à son visage. Sa tête entière était en train de flamber, une odeur âcre de laine et de chaire brûlées emplit l’air. Les mains et las habits de l’homme prirent feu à leur tour. Mon père s’étant ressaisit essayait en vain d’éteindre les flammes. Paniqué, je ne saisissais plus ce qui se passait devant moi, je poussais un hurlement insensé, faisant trembler les mur de pierre du château et fuyant mes peurs, je courais me réfugier dans ma chambre. Après avoir claqué la porte, je la fermais à double tour et m’adossant contre elle, je repris mon souffle. Ma tête était vide de tout, des larmes inondaient mon visage, incontrôlables et j’avais envie de crier encore plus fort. Je me contins du mieux possible en serrant mes mâchoires et mes poings tremblants. J’étais perdu, je ne savais plus ce qui m’arrivais ni comment réagir. M’allongeant sur mon lit, je tâchais de réfléchir mais la fatigue s’empara de moi et je ne tardais pas à sombrer, plus ou moins contre ma volonté dans un sommeil agité. Je m’étais éveillé plusieurs fois, mais à chaque fois que je me rendormais, le souvenir d’Yvan m’appelant au secours et les cris du conseiller se consumant m’assaillaient.


    La nuit me parut fort longue, si bien que lorsque le soleil pointa timidement ses premiers rayons j’en éprouvais un réel soulagement. J’avis dormis avec mes vieux habits de chasse et ceux ci étaient froissés, mais je me fichais totalement de ce détail sans importance ( comme tout le monde d’ailleurs sauf celle qui va repasser !! ), j’ouvris ma porte et me glissais à pas feutrés dans le couloir. Mon père devait être en train de faire ses comptes avec le trésorier, dans le grand bureau à coté de la bibliothèque, je n’avais donc aucun risque de le croiser. Je rejoignis l’aile droite du château et descendis aux cuisines où je pris discrètement une miche de pain, échappant de justesse au regard des cuisinières qui s’activaient déjà à leurs fourneaux. Grignotant sans faim ce maigre déjeuné, je me rendis dans le hall d’entré, où je ne fus pas surpris de rencontrer le second conseiller dont le nom était Christopher Ahiron. Une expression grave était dessinée sur son visage, creusant encore plus profondément ses rides. Je m’arrêtais un instant, mes yeux fixés dans les siens, puis, sans un mot, je repartis. Le vieil homme ne se retourna pas, mais je l’entendis m’appeler :



_Votre Altesse…


_Qu’y a-t-il ? Si c’est pour me demander de vous présenter mes excuses au sujet du mal que j’ai fait à votre frère, je ne peux refuser de le faire, mais je pense que cela ne suffira pas à ce que vous me pardonniez ! répondis-je d’un ton sec en m’arrêtant vivement et en me tournant vers mon interlocuteur.


_Vous vous trompez… répondit-il en me faisant face à son tour.


_Alors…De…De quoi s’agit-il ? demandais-je plus calmement en l’observant.


_Je voudrais simplement… Vous souhaiter bonne chance mon Prince…


Son regard avait changé, il me contemplait avec douceur, respect et comme un peu de tristesse.


_…Je ne comprends pas vraiment pourquoi vous me dite cela mais je vous remercie quand même, cela me sera sans doute utile…


J’amorçais un pas vers la porte et me retournant une dernière fois, j’ajoutais :


_Je pense… Je pense que je ne vous remercierais jamais assez… Tout ce que vous avez fait pour moi… Je n’oublierais jamais que j’ai eu la chance d’avoir connu quelqu’un comme vous ! Monsieur, adieu !


Cette fois ci je ne fis pas demi-tour et sortis du palais, mais juste avant de fermer la porte j’entendis les quelques derniers mots que m’adressait le vieil homme :


_Si vous saviez mon Prince combien vous en aurez le besoin… Adieu…


Après avoir traversé le jardin et la grande cour, j’atteignis l’entrée de la muraille. La porte était ouverte, seule la herse était abaissée, ce qui n’était pas habituel, car le jour, le palais était normalement ouvert aux villageois. Sans plus attendre, j’appelais le chef des gardes. Apparemment je venais de le réveillé car sa voix était grave et ensommeillée ;


_ C’est pour quoi ? demanda t-il de manière peu aimable en étouffant un bâillement.


_C’est moi, le prince Adrien ! Je veux sortir, ouvre-moi !


L’homme sembla soudain se ragaillardire, il se redressa brusquement, s’assomma à moitié en relevant sa lance et après avoir remis son casque droit et sa cote de maille en place il déclara solennellement comme un vrai soldat :


_Je suis navré votre Altesse mais j’ai reçu l’ordre formel du Roi lui-même de ne vous laisser sortir sous aucun prétexte ! Entre nous, vous vous débrouillez toujours pour sortir d’une manière ou d’une autre sans que l’on ne vous attrape, vous pouvez bien faire comme d’habitude non ?


_Sous aucun prétexte hein ? répliquais-je sans prêter attention à ses dernière paroles, Même celui d’informer mon père de votre petite sieste matinale si vous ne m’ouvrez pas ?



_Je… Je… Quel chantage Mon Seigneur, vous devriez avoir honte savez-vous ? Je ne peux accept…


_Dois-je avertir mon père ou allez-vous m’ouvrir ? le coupais-je sèchement.


_Je… Soit ! Mais sachez que si le Roi votre père me le demande je serai dans l’obligation de lui parler de votre sortie !


_Qu’il en soit ainsi, maintenant ouvrez, juste un peu, pas besoin d’alerter tout le monde avec vos chaînes mal huilées.


_A vos ordres Sire !


Je passais l’ouverture et saluais le garde qui du haut de son guef recommençait déjà à somnoler. D’une marche rapide, je me rendis en ville et me dirigeais tout droit vers la Grand Place. C’était l’aurore, à cette heure-ci, les villageois s’y rassemblaient afin de parler de choses et d’autres. Chacun voulait parler et donner son avis sur les différentes nouvelles et potins qu’il rapportaient d’ici et là. Mais ce jour là, ce n’était pas des cancans de bonne femme qui faisaient jaser, c’était un sujet bien plus sérieux. Bien évidemment, comme dans toutes les villes, le bouche à oreille avait eu son effet et chacun était au courant de la disparition mystérieuse d’Yvan, du redoutable rugissement – car c’était bien un rugissement – qui leur était parvenu du fin fond de la forêt et bien sûr mon retour discret de chasse. ( Par chance personne ne savait ce que j’avais fait au palais ). Tâchant de ne pas trop écouter les conversations, je traversais la foule d’abord en jouant des coudes, puis les gens me reconnurent et, tout en s’écartant sur mon passage poussaient des exclamations du genre «  c’est lui, c’est Adrien, c’est le Prince » ou alors se taisaient immédiatement en me jetant des regards en coin. Je passais devant le puits au milieu de la place et montait sur l’estrade, utilisée autrefois pour le pilori qui avait abattu depuis longtemps et dont on se servait à présent pour les discours et les déclarations publiques. Tous les visages étaient tournés vers moi  et le silence se fit. Je contemplais vaguement la foule, les yeux mi-clos, réfléchissant à ce que j’allais bien pouvoir dire. Au bout de la place, je vis mon père et le second conseiller déboucher d’une rue le souffle court. Une expression à la fois inquiète et curieuse s’était dessinée sur le visage du Seigneur d’Artang. Fixant mon regard sur lui pour essayer de me donner un peu de courage, après une dernière hésitation, j’examinais la foule silencieuse qui se tenait devant moi et pris une profonde mais imperceptible inspiration et me mis à parler le plus calmement que mon cœur palpitant à toute vitesse me le permettait :


_Peuple d’Artang, habitants de Jussey, visiteurs et tous ici présent, je… Euh… Pour ceux qui ne me connaissent pas je me présente, je suis le prince Adrien Fermafeu, héritier légitime du trône de notre pays. ( « pas pour longtemps il me semble » remarquais-je sans pour autant le dire ). Comme chacun le sait aujourd’hui, à n’en pas douter, mon très cher et grand ami Yvan est disparut… Je marquais une courte pause et cherchais Arilia du regard sans la trouver. Pour ne pas dire décédé – ma voix s’étrangla – pour mon plus grand malheur et ma tristesse la plus profonde et intense, telle que vous ne pouvez l’imaginer… et tout ceci par ma faute.


Je me tus, au début, il n’y eu aucune réaction de la part de mon auditoire, mais très vite les commentaires fusèrent et un vieil homme portant un fort accent du patois de la région de Zéïron parlant plus fort fit taire tous les autres :


_Jé m’en doutais ! D’pis vingt ans qué j’vis dans c’té ville c’gourdo était le plus peston de tous ces gardons ! Et pis té mon p’tot jé l’savais ben qu’t’étais pas nette ! J’l’avais prév’nu moué l’Yvan, « N’suis pas c’te ptot prétentieux d’fils de roi, i’ causera ta perte » qu’j’y disais ! Mais c’est ti qui m’aurait pas écouté ! L’était bin un peu orgueilleux çui-ci ! Bande de ptot fichtons va !


Il partit dans son délire en bougonnant. Certaines personnes parurent choquées par les propos du vieillard, un murmure d’indignation parcourut la foule. Je repris la parole afin de calmer les humeurs et de dire ce que j’avais à dire.


_Ecoutez, comme vous le savez, mon compagnon était très fougueux, et hier, nous avons appris la présence d’une créature des plus terrifiantes à mes yeux dans la forêt…


Je me tu de nouveau, hésitant à leur raconter toute la vérité. Malgré tout, la tension régnant dans l’assistance me força à poursuivre.


_…Yvan a donc décidé de le tuer… Ce dragon…


J’avais dit ces derniers mots dans un murmure qui fut tout de même perçus par certaines personnes qui ouvrirent de grands yeux horrifiés.


_Et en tout lâche que je suis, je n’ai su retenir et protéger mon ami, et à l’heure qu’il est il est mort…Par ma faute… Je… Je ne peux continuer à vivre parmi vous, je suis navré mais c’est ici que se trouvent tous les souvenir que j’ai de mon compagnon e le regret et la honte me rongent bien trop pour que je puisse me permettre d’exister encore sur ces terres… Je ne souhaite pas fuir, je souhaite seulement trouver la réponse à mes questions, je veux juste savoir pourquoi j’ai été si lâche et faible alors que la vie d’un des êtres qui me sont le plus chers était en jeu… C’est donc pour cela que je quitte Jussey et son peuple aujourd’hui même afin de démarrer un long et j’espère instructif et assagissant pèlerinage !


Cette déclaration fut accueillie par un silence e mort. J’aperçus mon père au loin qui avait d’abord ouvert de grands yeux, puis il avait pâlit et je cru qu’il allait défaillir. Il se ressaisit pourtant aussitôt, bouscula dans un mouvement nerveux son pauvre conseiller, le rattrapa, lui chuchota quelques mots à l’oreille et repartit d’un démarche rapide vers son palais. Ce comportement m’avait intrigué mais je n’eu pas le temps d’en tenir compte. La foule me huait et s’obstinait à refuser mon exil.


_Tu n’as pas à culpabiliser jeune prince ! me cria une commère, Ce n’est pas de ta faute, ton ami était imprudent mais je suis certaine que tu as fait tout ton possible pour le sauver, tu n’as rien à te reprocher !


_Nous avons besoin d’un prince tel que toi, tu es le seul qui soit digne de succéder un jour au roi ! ajoutèrent un groupe de jeunes filles.


_Sans toi Jussey et sa forêt ne son plus ce qu’elles sont, Adrien t’es un frère pour nous tous, tu peux pas nous abandonner comme ça ! renchérirent une bande de vagabonds.


Les gens m’interpellaient et m’incitaient à rester, cela me fit chaud au cœur de voir que l’on me portait une telle estime, malheureusement, j’avais pris une décision et rien à ce moment là n’aurait pu me faire changer d’avis. Je descendis de l’estrade après m’être excusé une dernière fois et dû jouer des coudes pour réussir à m’extirper de cette cohue.


Après avoir fait trois fois le tour de la Grand Place pour semer les villageois, j’atteignis enfin, et à grand peine le mur d’enceinte du château. Ce fut une sacré surprise que de découvrir le surprenant spectacle qui s’offrait à moi. Les gardes, en haut de la muraille ne dormaient plus du tout et paraissaient très agités, ils couraient dans tous les sens, des ordres fusaient par-ci par-là. Je dû faire un détour et passer par mon passage derrière les rosiers. Arrivé dans le hall, je découvris un remue-ménage des plus incroyables. Personne ne semblait m’avoir remarqué et je profitais de l’occasion pour me faufiler discrètement aux cuisines où la même activation régnait. Je me servis généreusement en vivre et me carapata rapidement lorsque la cuisinière en chef me pris la main dans le sac et commença à me poursuivre furieuse. Heureusement pour moi, elle avait bien trop à faire pour perdre son temps avec moi et abandonna vite l’idée de m’attraper. Satisfait mais relativement perplexe, je me dirigeais vers ma chambre, ce qui fut une toute autre paire de manche. Ce fut encore pire que dans les autres pièces du palais, serviteurs, conseillers divers, trésoriers, portes manteaux et même geôliers que je croyais inexistants dans ces lieux depuis longtemps allaient et venaient au travers de tous les couloirs dans un remue ménage gigantesque. Les gens couraient, se bousculaient et criaient de toutes parts. Baladé d’un endroit à l’autre par les gens maladroits et évasif sans trop comprendre ce qui m’arrivait, je finis par reprendre mes esprits au moment où j’atteignais l’immense couloir tapissé de rouge et recouvert de portraits divers et variés qui menait au bureau royal. Curieusement, personne ne s’y aventurait, j’étais totalement seul. Il faut dire que le bureau était interdit d’accès et que seul mon père en possédait la clé. Je n’aimais pas ce lieu, je me souvins que lorsque j’étais petit je m’y sentais… Très petit. Les chandelles qui éclairaient le couloir créaient des ombres mouvantes sur les portraits, accentuant l’air austère des personnages qui y trônaient et leur donnant une allure fantomatique. Cela donnait une ambiance inquiétante. Mais je n’étais plus aussi impressionné que lors de mon enfance, voir plus du tout. Je partis d’un pas décidé qui ré sonna avec force. Je m’arrêtais devant l’impressionnante porte en chêne. J’en poussais le battant après avoir pris une profonde inspiration. Je pénétrais alors pour la première fois dans ce mystérieux bureau. La pièce était absolument incroyable, elle dégageait quelque chose de merveilleux, presque de magique. Au fond, une espèce de vitre très large et très haute emplie d’eau laissait voir d’étonnants poissons colorés. Cela projetait d’étranges reflets bleutés sur les murs. De chaque cotés de ce bassin s’élevaient deux boites verticales elles aussi en verre. L’une de ces boîtes était recouverte d’un long tissu blanc tandis qu’à l’opposé, l’une d’elles étaient vide. Les deux autres contenaient des objets des plus sublimes, la plus petite logeait en elle une superbe flûte d’un argent presque blanc, l’autre protégeait un curieux bâton fait d’un bois noueux, blanc lui aussi. A l’une de ces extrémités, le bois formait un nœud plus important au creux duquel était logé une pierre précieuse semblant contenir de l’argent liquide. Je parcourais le bureau de mon père du regard, les murs étaient rendus invisibles par d’énormes bibliothèques pleines de livres anciens aux reliures colorées et chatoyantes. Ces bibliothèques étaient elles même en partie dissimulées par d’autres de ces curieuses boites vitrées, toutes plus grandes les unes que les autres et contenants de fabuleux objets de toutes sortes, pour la plupart ce qui semblait être des armes aux allures attrayantes et parfois loufoques.


Alors que j’examinais le bureau qui constituait le seule meuble de taille à peu près raisonnable si l’on ne tenait pas compte de sa largeur et du nombre incalculable de papiers, documents, livres, plumes, encriers, cires à cachet et encore des centaines d’autres choses, mon père surgit de nulle part. Il affichait un air calme et tenait entre ses mains un objet de forme longiligne enveloppé dans un tissus blanc retenu par de fines cordelettes dorées. Il déposé l’étrange colis sur son bureau. Il leva la tête vers moi et me regarda fixement.


_Je suppose que ta décision est définitive et que tu ne reviendras pas dessus. Dit il après un instant de silence.


_C’est exact. Fis-je.


Il soupira.


_ Si tel est ton choix, alors qu’il en soit ainsi. Mais avant que tu ne parte, je souhaiterais te confier la seule chose que je puisse t’offrire en une telle occasion.


_De quoi s’agit-il ? demandais-je curieux.


_C’est ton héritage, celui que tu aurais dû recevoir lors de ton ascension au trône à ma suite. Mais il semblerait que le destin en ait décidé autrement.


Il reprit le mystérieux paquet et entrepris de retirer l’étoffe qui le protégeait. Il en sortit une longue et fine épée faite du même argent pur que celui de la flûte que j’avais aperçut dans les boites vitrée précédemment. Je restais bouche bée devant la splendeur de cette armes. Elle était absolument magnifique, la lame grande et fine semblait particulièrement tranchante, la garde était taillée de telle sorte qu’elle formait de délicates ailes aux milles détails, l’artisan qui avait créé une telle merveille devait être terriblement doué et méticuleux.


_Ceci est l’épée de Falandel, elle fut forgée par les grands elfes, lorsque ceux ci existaient encore, pour nos ancêtres. Elle est constitué d’un métal des plus purs et précieux aujourd’hui introuvable. Elle se transmet dans notre famille depuis des millénaires. Adrien, mon fils, aujourd’hui cet héritage t’appartient, puisse-t-il t’être utile lors de ton exil…


Il me posa l’épée entre les mains et appuya les siennes sur mes épaule avant de dire d’une voix tremblante :


_Fils, je veux que tu sache que quoi que tu fasse et où que tu sois, je suis et je serais toujours fier de toi !


Il me sourit et me serra dans ses bras. Je n’étais pas habitué à un tel traitement de sa part, cela m’émut beaucoup et ce souvenir reste à jamais gravé dans ma mémoire.

Enfin, je quittais le bureau l’âme en peine mais le cœur emplit d’une douce chaleur. En la refermant, je regardais la porte fixement. Des larmes incontrôlées coulèrent le long de mes joues. Je fermais les yeux et laissais lentement mon esprit vagabonder dans mon passer, revivant intérieurement pour une dernière fois tous mes souvenirs… 



Ca y est, je viens de finir tout fraichement de taper les deux derniers paragraphes^^ça fait plaisir!!! Maintenant, il va falloir attendre le troisième chapitre, je vous préviens, celui ci se fera en deux parties car ilest entrecoupé par un intermède, ce ne sera pas parce que j'ai décidé de publier petits bouts par petits bouts, et oui, désolée mais il ne faudrait pas trop compter là dessus!!! Je publierai chapitre par chapitre!!! voilou aller, au boulot faut que je tape la suite!^^



Et n'oubliez pas de participer à notre concours spécial TH!!! On compte sur vous!!!

 



            Il était tard le soir lorsque je décidais enfin de m’arrêter. J’étais parti en début d’après midi, après avoir usé de milles ruses afin de pouvoir échapper aux habitants de Jussey qui avaient tout mit en œuvre pour m’empêcher de quitter la ville. Ils avaient investi la cour du château où il donnèrent place à une festivité grandissante. J’avais réussi à me glisser avec difficulté dans l’un des passages souterrains connus uniquement par les habitants du palais. Monté sur mon cheval, j’avais voyagé durant de longues heures avant de m’installer pour la nuit aux abords d’une petite forêt d’où provenait le chant doux d’un ruisseau. Ma monture et moi avions soif et faim, aussitôt dessellé, Flèche se mit à dévorer avec avidité d’épaisses touffes d’herbe fraîche. J’étais moi aussi affamé et me saisissant sans cérémonie d’une miche de pain et d’un morceau de viande séché, je les engloutis. Repu, j’attrapais ma gourde et en avalais goulûment une partie du contenu avant de tout recracher par terre. Incrédule, je regardais l récipient comme si cela allait me permettre de savoir ce qu’il avait contenu. Le vin que je venais d’ingurgiter me fit tourner la tête. Vidant le reste de la gourde au sol avec une grimace de dégoût (  je détestais le vin et presque tous les produits dérivés ) et pensais que dorénavant je vérifierais de quel genre d’outre je me sers dans les cuisines. Je me levais et me dirigeais vers le ruisseau qu’on entendait couler, un affreux goût persistant dans ma bouche. En entrant dans le bois je m’aperçu qu’il s’agissait d’une rivière calme, dans laquelle se reflétait la lune. C’était un lieu magnifique, presque magique. Si j’avais vu quelques petites fées aux ailes cristallines voler de ci de là, cela ne m’aurait en rien étonné. Néanmoins, aucune de ce genre de créatures ne se montra et je me penchais sur l’eau pour boire et remplir ma gourde. C’est an me redressant que je la vis. Elle était belle et gracieuse, et dans ses yeux d’un bleu étonnamment pâles aux milles reflets d’argent se lisait une profonde mélancolie. C’était une femme aux longs cheveux blonds, et dont la peau était si blanche qu’elle en paraissait presque transparente. Elle ma regardait fixement sans même me voir, comme si j’étais invisible. Elle avançait lentement vers la rivière d’un pas léger. Elle s’agenouilla au bord de la source et y plongea la main. Ce que je vis alors me surprit à tel point que je cru que mes yeux me jouaient des tours. Le membre de la jeune femme semblait se dissoudre dans l’eau en une longue traînée blanche. Ebahit, je fis un pas en arrière, bouche bée. Cette inconnue me paraissait de plus en plus étrange, elle avait même l’air irréelle. Comme pour m’en assurer, ce qui était en fait très probablement le cas, je m’approchais d’elle. Elle semblait ne toujours pas me voir alors que je traversais tant bien que mal la rivière. Arrivé sur l’autre rive, je me penchais sur la femme et posais sa main sur son épaule. Je me suis alors retrouvé à battre l’air de mon autre bras, cherchant à retrouver l’équilibre. En effet, je n’avais trouvé aucun appuis, mon bras était même comme engloutit par le corps de l’étrangère. Elle tourna lentement son regard vers moi. Une douleur fulgurante s’empara de moi, telle une brûlure interne. La douleur me déchira tout le corps, j’eu l’impression que toutes les foudres du ciel s’abattaient sur moi. Ma vue se troubla. Ma tête me tournait horriblement, mes oreilles sifflaient et ‘étais pris de bouffées de chaleur. Je me sentis vaciller et soudain, ce fut le noir complet.


_Il a perdu connaissance… croyez-vous vraiment qu’il soit temps pour lui votre altesse ?


_La douleur est puissante, c’est normal qu’il réagisse de telle manière. De toutes manières, nous n’avons plus le choix, c’est lui qui déclenchera l’évolution des autres. Son bras est brûlé, il me semble qu’il est prêt… Le dernier ne devrait pas tarder à se réveiller… Quelqu’un vient, partons, il sera encore temps de lui expliquer plus tard !


Deux personnes parlaient à coté de moi. Des bruits de pas et des appels se firent entendre, les autres voix s’effacèrent. Quelqu’un se rapprocha, après, je ne me souviens plus…


            Le clapotis de l’eau était doux et me berçait. J’ouvris les yeux doucement mais les plissais aussitôt, éblouit par le soleil. Je me protégeais des rayons de l’astre du jour avec mon bras droit et m’aperçus qu’il était pansé. Ma tête reposait sur des racines. Je me redressais et m’adossais à l’arbre derrière moi. Je balayais les alentours du regard. Flèche, mon cheval paissait tranquillement non loin de moi et dans la rivière, une jeune fille se baignait.


_Arilia ?


A l’appel de son nom, elle tourna son visage vers moi. Elle ouvrit de grands yeux et poussant un cri strident se plongea dans l’eau, ne laissant ressortir que sa tête. Tout en