Kaïa

Kaïa et Rödy

le 29/12/2006 à 23h50

Gros trip avec Alex sur nos deux persos dans le forrum l'épopée d'Avelis,


Dessin fait par moi le 23 décembre,


Finit le 29,


Couleur de Alex,


Bon trip pendant à peu près deux heure qu'a duré le coloriage,


Terminé à minuit moins le quart,


Le 29 décembre!


Donnez nous votre avis!


^^

Artang-chapitre 3 deuxième partie

le 21/01/2007 à 16h50
            Durant la nuit, Arilia avait été très agitée, elle avait probablement fait un cauchemar. Amiss avait voulut la réveiller, la jeune fille fut tellement surprise de voir ce visage inconnu penché sur le sien qu’elle poussa un cri strident et dégagea le garçon à grands coups de pieds. Amiss s’était retrouvé sur le derrière, il regarda fixement Arilia, bouche bée, choqué plus ou moins par cette réaction qui lui semblait incongrue. Lorsque l’adolescente se rendit compte de son geste, elle se précipita sur le jeune elfe pour l’aider à se relever. Pouffant de rire, je me dirigeais vers eux et entamais les présentations :

_ Arilia, je te présente Amiss, il est arrivé ici cette nuit et c’est un e…

_ Illusionniste ! me coupa t il précipitamment. C’est cela, un illusionniste, je ne suis encore qu’un novice, mais c’est un peu ma faute si tu as vu des choses étranges hier !

_ Quelles choses étranges ? J’ai rien vu !

_ Ah ! Euh… Mais si, la blessure d’Adrien ! s’écria t il en attrapant mon bras.

_ Oups ! Laissais je échapper alors que l’elfe me tirait.

_ Ah oui tiens ! Adrien, où est passé ta brûlure ?

_ Eh bien… C’était une illusion, pas vrai Amiss ? C’est pour ça que je ne me souvenais plus comment je l’avais eu ! répondis je en me tournant vers le garçon doutant qu’Arilia gobe un mensonge aussi gros.

_ C’est bien cela, c’est même d’ailleurs la première fois que j’en fais une aussi bien ! mentit il avec dextérité.

_ Woah ! Ca c’est super, tu m’en montreras d’autres dis ! Tu vas nous accompagner n’est ce pas ! Enfin, si Adrien est d’accord bien évidemment, c’est SON voyage !

_ Euh… Oui… Si t’y tiens tant que ça… fis je surpris par l’enthousiasme dont mon amie faisait preuve.

_ Génial, je vais préparer nos affaires pour qu’on puisse partir rapidement.

Elle attrapa les couvertures qui traînaient par terre et se précipita vers les chevaux afin de les harnacher. Amiss la regardait perplexe, à l’époque, il n’était pas très habitué à ce genre de personne excentrique.

_ Beau mensonge, tu apprends vite ! dis je au garçon un sourire moqueur aux lèvres.

_ Hem… En fait je n’avais rien préparé, j’ai juste dis ce qui me passait par  la tête !

_ Ah oui… Au fait, et tes oreilles, comment as tu fais pour les dissimuler, on dirait des oreilles humaines.

_ Eh bien, ne suis je pas illusionniste ? répliqua t il d’un air malicieux.

Je fis la moue et la conversation s’acheva.

Une fois que nos affaires furent remballées et attachées à la selle des chevaux, nous nous mîmes en route. Amiss n’ayant pas de monture, il chevauchait avec moi. Arilia elle, ne cessait de lui parler le harcelant de questions. Le pauvre elfe du enchaîner mensonge sur mensonge et du aussi user de la magie en faisant quelques petites illusions pour le plus grand plaisir de mon amie.

La journée s’écoula donc ainsi. Le soir, quand le soleil commençait à décliner, des chemins de terre battue se formaient au milieu de l’herbe. Puis ils se rassemblèrent tous en une route dont le sol avait été piétiné et retourné par les sabots des bêtes et les charrues. Au bout de cette route se trouvait un pont passant au-dessus d’un petit court d’eau et qui marquait l’entrée d’un village paysan à l’aspect accueillant. La nuit était déjà tombée lorsque nous l’atteignîmes. Les habitants qui rentraient tardivement leurs bestiaux nous regardaient l’air perplexe, ils n’étaient certainement pas habitués à voir des gens des villes se promener dans leur minuscule patelin. Nous nous renseignâmes auprès d’un vieil ivrogne qui cuvait son vin assis sur une tonneau, afin de trouver un bon palefrenier qui puisse nous fournir un bon cheval pas trop cher ainsi qu’une bonne auberge. Une fois que le vieillard nous eut renseignés, je lui donnais quelques pièces dont il s’empara avec avidité avant de filer dans la première taverne qu’il put trouver sans demander son reste. Après avoir acheté un beau cheval noir pour Amiss, nous nous rendîmes à l’auberge. L’ambiance chaleureuse qui y régnait nous surprit. Une jeune serveuse nous accueillit avec un grand sourire. Ses yeux verts pétillant de gaieté, de jolies taches de rousseur étaient parsemées sur ses pommettes et son nez ce qui lui donnait encore plus de charme, et ses cheveux roux étaient en partie cachés sous un bonnet. L’adolescente qui répondait au doux nom de Jessie nous mena à une table où elle nous apporta de la viande, des patates et des choppes de bière. La joie et la bonne humeur étaient à l’ordre de la soirée et nous enivrèrent rapidement. Amiss, qui ne semblait pas très bien tenir l’alcool se retrouva rapidement à danser aux bras de trois magnifiques jeunes filles sur des airs folkloriques. Arilia, elle, était entourée de plusieurs jeunes hommes venus lui conter fleurette. Par la suite, elle dansa même avec quelques-uns uns de ces garçons. Lorsque l’alcool commença à faire effet sur moi, je rejoignis mes compagnons en entraînant la douce Jessie à mes cotés. La fête continua jusqu’à très tard, mais je ne me souviens plus vraiment de ce qui s’y est passé.

Cette nuit là je fis un rêve qui raviva mes souvenirs. Je me retrouvais seul au milieu de la forêt d’Artang, autour de moi gambadaient korrigans, petits elfes, fées et lutins divers. Ces milliers de créatures dansaient sur une musique dynamique et joyeuse. Tous ces petits êtres tournaient autour de moi sans me voir, ils paraissaient joyeux et insouciants. Cela dura longtemps et je me pris à la danse. Mais la ronde folle cessa aussitôt lorsque qu’un rugissement sourd se fit entendre. A ce moment là, ce fut la cohue. Toutes le petit peuple qui s’amusait innocemment quelques instants avant se mit à courir et à hurler de panique. Il fuyait où il pouvait. Poussé par une force inconnue, je me mis à avancer lentement vers l’endroit d’où était provenu le rugissement. Je marchais, doucement, un peu plus effrayé à chacun de mes pas. Les arbres qui m’entouraient semblaient s’écarter sur mon passage. Je savais que l’animal qui était à l’origine du cri qui avait créé la panique n’était autre que le même dragon que celui qui avait tué Yvan. La perspective de rencontrer cette bête ne me plaisait guère, mais c’était plus fort que moi, rien ne pouvait m’empêcher d’aller jusqu’à sa tanière. Au bout d’un moment, j’atteignis une clairière inconnue. Le sol était tapissé d’une herbe d’un vert pétillant comme je n’avais jamais vu et qui ondulait avec souplesse sous la douce brise du vent. Au centre de ce lieu étranger trônait majestueusement un arbre millénaire. Il était gigantesque, ses feuilles avaient la couleur de l’automne. Pourtant, ce n’était pas la saison. En bas, sur le flanc du vieil arbre s’élevait une curieuse statue recouverte de lierre. Intrigué, je m’avançais vers elle et entrepris de la débarrasser des plantes grimpantes. Une fois qu’elle fut visible, je la contemplais avec curiosité. La sculpture était taillée dans de la pierre d’ambre, elle représentait un jeune homme à la carrure forte, un peu comme Yvan. Ses yeux étaient fermés et son visage semblait emprunt de tristesse. Fichée au milieu de sa poitrine, une épée longue et fine se trouvait là. Elle était faite d’un argent d’une pureté incroyable. Je me rapprochais encore pour mieux examiné la statue, ce qui me permis de remarquer que le garçon endormi avait de grandes oreilles pointues.

Est ce un elfe ?

Son visage angélique autant que ses oreilles répondaient à ma question. Cet œuvre me semblait irréelle, on aurait dit une illusion. Comme pour m’assurer que ce n’était pas le cas, je fis glisser mes doigts le long du fil de l’épée. Elle était tranchante. Je posais ensuite ma main sur le pommeau, il était muni d’une garde en forme d’ailes. En contemplant l’arme, j’eux une impression de déjà vu. Alors que je réfléchissais, je perçus des bruits de pas lourds. Je m’immobilisais, l’oreille tendue. Accompagnant les pas, des craquements retentirent, suivi à leur tour par le son d’une respiration forte et rauque. La créature qui était responsable de tout ce tintamarre se rapprochait de plus en plus, puis elle pénétra dans la clairière. Dis à elle, je n’osais me retourner. Paralysé, je sentis son souffle chaud sur ma nuque. Un frisson de terreur me parcourut. Une voix sourde et forte résonna soudains dans le silence de la forêt et à l’intérieur de ma tête :

_ JAMAIS, JAMAIS PERSONNE NE TOUCHERA ENCORE MON MAITRE !

Malgré la peur qui m’enserrait les entrailles, je me retournais lentement. Face à moi se dressait un gigantesque dragon rouge. Dans ses yeux couleur de sang se reflétait une colère intense. Au rythme de sa respiration des flammes sortaient de ses naseaux. Des crocs luisant et à l’aspect redoutable saillaient de ses babines. La créature ouvrit la gueule et c’est dans un puissant rugissement qu’il cracha sur moi un véritable brasier. Voyant venir la mort proche, je fermais les yeux et prononça de derniers mots en un langage ancien :

_ Ardeyn ër yaki, ër yaji ardeyn, yör wër iss mortan !

            Mon réveil fut si brutal que je faillis tomber de mon lit. Le cœur battant, je mis un certain temps à me souvenir de l’endroit où j’étais. J’étais essoufflé et je peinais à reprendre ma respiration. Doucement, je finis par me calmer et par me resituer. Soulagé que tout ceci ne fut qu’un rêve, je laissais retomber ma tête sur l’oreiller. A mon coté, Jessie bougea légèrement. Je ne me souvenais plus trop pourquoi elle était là, mais portant encore mon pantalon, j’en déduisis qu’il ne s’était rien passé en particulier. La jeune fille se réveilla doucement, puis, prenant sa tête entre les mains, se plaignit de migraine. J’eux un petit rire moqueur. Ma compagne, vexée, me jeta son oreiller sur le visage. Sans perdre un instant je ripostais. S’engagea alors une bataille sans merci qui s’acheva seulement lorsque l’un des coussins explosa dans une volée de plume. Voyant ce résultat inattendu, nous éclatâmes de rire. Une fois calmée, Jessie entoura mon cou de ses bras, se serra contre moi et m’embrassa. Surpris, je la regardais les yeux écarquillés. Elle rit doucement et me sourit. Puis elle se leva, s’attacha les cheveux et ramassa son bonnet et son tablier qui traînaient par terre. Pendant ce temps, un sourire béat et stupide aux lèvres, j’enfilais ma chemise et me passais de l’eau sur le visage. Alors que j’essayais de ramasser les plumes qui étaient éparpillées dans la pièce, Jessie ouvrit les volets et poussa une exclamation.

_ Adrien, viens voir ! fit elle en me faisant de grands signes pour que j’approche.

_ Qu’est ce qui se passe ? m’inquiétais je en la rejoignant à la fenêtre.

Elle ne me répondit pas et me fit signe de regarder par dehors. Je m’exécutais, curieux, et ce que je vis me fit ouvrir de grands yeux. A l’extérieur, les villageois courraient en tous sens, de l’eau jusqu’à la taille, enfants et bagages chargés sous leurs bras ou sur le dos. Tous grimpaient sur les toits et les constructions élevées. Le spectacle était des plus étranges, en d’autres circonstances, il aurait même pu être cocasse, mais ce n’était absolument le cas. L’inondation provenait du court d’eau et du puits qui débordaient tant et plus.

_ Adrien, qu’est ce que c’est que ça ? Il faut qu’on fasse quelque chose ! s’inquiéta Jessie.

_ Bien sûr, il faut faire quelque chose, mais quoi ? répliquais je agacé. Je vais prévenir Amiss et Arilia, on verra après !

Sans perdre de temps, je me précipitais dans la chambre d’Amiss. Celui ci dormait profondément, une jeune fille à ses cotés. Je retirais violemment la couverture du lit et secouais sans ménagement le pauvre elfe qui s’éveilla difficilement.

_ Adrien ? Mais que se passe t il donc pour qu’il te prenne de me réveiller ainsi ? Aïe ! Mon crâne me fait terriblement souffrir, que m’arrive t il ?

_ Juste une bonne gueule de bois, remets t’en vite, c’est pas trop le moment !

_ Non mais ça va pas ? Qu’est ce qui te prends de venir réveiller les gens comme ça toi ? s’écria la compagne d’Amiss avec colère.

_ Comment ? Mais qu’est ce que cette fille fait donc ici, sursauta l’elfe en faisant un bond de coté.

La jeune fille parut offensée et se mit à crier sur son pauvre compagnon. Soudain, Jessie fit irruption dans la chambre l’air paniqué, imposant le silence dans la pièce.

_ Adrien, ton amie, Arilia, elle n’est plus dans sa chambre, et d’ailleurs celle ci est pleine d’eau, je ne comprends pas, j’ai demandé à la gérante si elle avait vu ton amie, mais elle ne sait absolument pas où elle est !

_ De l’eau ? Dans sa chambre as tu dit ? s’enquit Amiss.

_ Ouais, ouais, c’est pas important ça, le pire c’est que même le village est complètement inondé, mais le plus important pour le moment est de retrou…

_ Suis-moi vite ! me coupa l’elfe.

Il bondit de son lit et courut jusqu’aux escaliers qu’il dévala. A ce moment là, Jessie et moi nous sommes regardés, perplexes, avant de le suivre. En bas, c’était la panique la plus totale. La gérante et tous ses employés essayaient d’évacuer l’eau du mieux possible. Amiss poussa la porte, nous entraînant à sa suite, puis il nous mena jusqu’au puits au centre de la Grand Place. L’eau s’en écoulait abondamment, provoquant un courant puissant qui nous empêchait d’avancer. Amiss parut réfléchir ( ce qui est exceptionnel vu son état ) un instant. Il se tourna vers moi, m’attrapa le bras et me dit de fermer les yeux. Il prononça quelques mots elfiques et soudain, je sentis ma tête tourner et mes pieds s’enfoncer dans le sol. Lorsque ma tête atteignit le sol, je retins instinctivement ma respiration. Le contact rugueux de la terre m’égratigna le corps et le visage, puis, je sentis celui doux et apaisant de l’eau sur ma peau. J’ouvris prudemment les yeux. Devant moi, Amiss nageait vivement vers une silhouette immobile au milieu des eaux. C’est en regardant autour de moi que je m’aperçus que nous étions à l’intérieur même du puits. Suivant l’elfe, je progressais rapidement vers la silhouette jusqu’à ce qu’elle soit moins trouble. Je reconnus sans difficulté Arilia. Elle semblait endormie, mais ses lèvres bougeaient sans arrêt, comme si elle prononçait en continuité une incantation. Quelque chose paraissait inhabituel chez elle, ses sourcils étaient froncés, comme si elle souffrait. Mais ce qui me frappa le plus ce fut ses oreilles. Elles avaient pris une forme pointue et étaient bien longues. Arilia avait à présent l’apparence d’une elfe. Je m’approchais d’elle de plus en plus mais Amiss me saisit à l’épaule lorsque j’arrivais à sa hauteur. Je tournais la tête vers lui, interrogateur. Il semblait inquiet et me fit signe de ne pas m’approcher de mon amie. Refusant d’obéir, je me dégageais d’un mouvement vif et me remis à nager. Au fur et à mesure que j’avançais, l’air commençait sérieusement à me manquer. Enfin, je rejoignis Arilia et la secouais pour qu’elle se réveille. Lentement, elle ouvrit les yeux et me contempla quelques instants. Je reculais, surpris. Son regard avait une allure étrange, on y voyait de la tristesse, de la douleur, de l’amertume et enfin de la colère, mais malgré ça, il semblait aussi totalement indifférent. Soudain, sans crier gare, mon amie m’enserra la gorge. Je lâchais tout l’air qui le restait dans un cri de surprise qui fut étouffé par l’eau qui s’engouffrait dans ma bouche. Arilia, devenue une personne inconnue me fixait férocement, resserrant de plus en plus son étreinte. Sans comprendre ce qui son geste, je me débattis sans grande conviction, mes muscles étaient mous et mon cœur battait la chamade. Je n’avais absolument plus d’oxygène. Dans un dernier mouvement pour me dégager, je repoussais, sans succès Arilia de mon pied. Je sombrais lentement dans l’inconscience, ma dernière vision fut le regard d’Arilia, et j’entre aperçus un éclair bleuté avant de m’évanouir pour de bon.

            En me réveillant, je sentis le contact tiède d’une main sur mon front. En ouvrant les yeux, je vis le visage d’Amiss penché sur le mien, ses cheveux aux reflets roux caressaient mes joues et ses lèvres bougeaient au rythme des incantations qu’il prononçait. Surpris par cette vision plutôt inattendue, je repoussais violemment le jeune elfe. Je me redressais rapidement sur mes coudes et vis que j’étais allongé dans l’herbe à l’ombre d’un grand chêne. De chaque cotés de moi se tenaient Arilia et Jessie, la mine inquiète. Quand elles s’aperçurent que j’étais réveillé, elle se jetèrent toutes les deux à mon cou. Etouffant sous leur étreinte, je me débattis tant bien que mal sans grand succès.

_ Adrien, j’étais tellement inquiète, tu n’imagines pas à quel point ! s’exclama Jessie me serrant un peu plus contre sa poitrine ( certes douce mais un peu suffocante ) m’empêchant quasiment de respirer. Brusquement, Arilia repoussa la jolie serveuse et m’étreignit si fort que je crus perdre ma tête.

_ Adrien, j’ai cru que tu allais mourir ! J’ai eu si peur, si tu savais !

_ Moi aussi j’ai eu peur pour lui figure toi, et je te signale ! s’écria Jessie en frappant mon amie à l’épaule.

Alors que le ton montait, Amiss intervint avant qu’une dispute n’éclate :

_ Cela suffit enfin ! Sont-ce des manières de femmes de se battre de telle manière ? Et vous feriez mieux de le lâcher, regardez le, il est en train d’étouffer !

Les deux jeunes filles cessèrent aussitôt de crier, mais elle tournèrent la tête vers le pauvre elfe qu’elles fusillèrent du regard, le faisant pâlir. Suffoquant, je réussis péniblement à articuler quelques mots :

_ Il… Il a pas vraiment tord… J’étouhoufeuh !

Elles me lâchèrent enfin en se fixant des yeux l’une l’autre d’un air agressif. A nouveau libre, j’inspirais profondément heureux de pouvoir m’oxygéner. Je pus enfin prendre conscience que le village où nous étions avant était à présent bien loin, et aussi que mes vêtements et mes cheveux étaient trempés, si bien que la moindre petite brise de vent me faisait frissonner. Relevant ma tête vers mes compagnons, je vis qu’ils m’observaient tous d’un air interrogateur.

_ Quoi ? fis je d’un ton un peu brutal.

_ Tu… Vas bien ? demanda Arilia e hésitant.

_ Ben… Oui, pourquoi ? Je devrais me sentir mal ?

_ Bah… T’as quand même faillit de noyer ! me répondit-elle.

_ Oh ! Rien que ça ? Eh bien, non, tout va bien, je me porte comme un charme.

Etrangement, ni Amiss ni Jessie n’avaient parlé, l’un ne semblait pas avoir dit à Arilia qu’elle avait faillit m’assassiner, et pour ce qui était de la seconde, elle semblait ne pas vouloir la moindre explication sur les événements précédents. L’elfe baissa la tête un instant et réfléchit. Puis il se redressa et se tourna vers Arilia :

_ Puis-je te parler ?

La jeune fille le regarda, perplexe, puis elle marqua une pause et finit par s’éloigner ave lui, me jetant un coup d’œil interrogateur. Je restais neutre, pour ne pas montrer à Jessie que je lui cachais quelque chose. Celle ci profita de l’occasion pour se pendre de nouveau à mon cou. Elle bascula de coté et m’entraîna avec elle en gloussant. Elle commença à rouler dans l’herbe me tirant avec elle. Soudain, deux pieds vinrent se poster derrière mon crâne ( situation relativement critique ). Je levais les yeux, surpris, et croisais abruptement un regard lourd de reproche.

_ Je vois que tu ne perds pas de temps ! me réprima rageusement Arilia. A peine ai je le dos tourné que tu commence à batifoler, c’est à ça que sert ton « voyage de remise en question ? »

_ Euh… Mais non voyons Arilia, qu’est ce que tu vas imaginer là ? balbutiais-je devenant pivoine.

_ C’est ça, cherches toi une excuse.

_ Mêles toi un peu de tes affaires ! gronda Jessie.

_ Mais ce sont mes affaires justement ma p’tite ! Je connais Adrien depuis que je suis haute comme trois pommes, et je ne permettrais pas qu’une peste de ton genre se l’approprie !

_ Se l’approprier ? Ma parole, mais c’est que tu serais jalouse dis-moi !

_ Jalouse ? Moi ? hurla Arilia en devenant écarlate.

_ Mais voyons, calmez vous, croyez-vous vraiment que vous disputer de ces manières de mégères vous avancera à quelque chose ? tenta de calmer Amiss, penaud.

Mais cela eu plutôt l’effet inverse que celui désiré, Jessie s’enflamma totalement !

_ Mégère ?

_ Parfaitement ma petite, tu es une mégère, une grosse vieille mégère ! minauda Arilia.

_ Toi !

Jessie rugit comme une lionne et se jeta toutes griffes dehors sur sa présumée rivale. Sans perdre un instant, je me relevais et, attrapant l’épaule des deux furies je les séparais brutalement.

_ Ca suffit à présent ! Je ne sais pas ce que vous avez après moi toutes les deux ( pourtant c’est évident ) mais vous avez grand intérêt de vous calmer ! Je commence à en avoir assez de vous entendre vous disputer sans arrêt ! Maintenant que les choses soient claires, si vous n’êtes pas capable de vous parler sans hurler, alors ne vous adressez plus la parole ! Compris ?

Les deux jeunes filles me regardèrent avec insistance et se crispèrent un peu plus, mais aucune d’elles ne répondit. Amiss nous contempla, l’air effaré, s’attendant sûrement à une nouvelle explosion de fureur.

_ Me suis je bien fait comprendre ? répétais je en détachant chacun de mes mots.

Arilia et Jessie baissèrent la tête et acquiescèrent.

_ Parfait ! Arilia, Amiss avait quelque chose à te dire, alors vas voir ça avec lui ! Jessie, je te raccompagne au village !

_ Quoi ? Mais non ! sursauta t elle.

_ Hé hé ! Bien fait pour toi. fanfaronna l’autre adolescente.

_ Pourquoi ? Cela pose un problème ? demandais je.

_ Elle nous a aidé à fuir le village. intervint Amiss

_ Et alors ? Ca l’empêche d’y retourner ?

_ En fait… Les gens se sont persuadés que nous sommes de maléfiques sorciers venus les réduire en esclavage ou une autre idée saugrenue du même genre. Alors, si Jessie y retourne, elle court le risque d’avoir de gros ennuis.

_ Donc par conséquent, elle va devoir voyager avec nous jusqu’à ce qu’on lui trouve un nouvel asile, c’est ça ? demandais je partagé entre l’envie de m’assommer contre un arbre et celle de prendre mon cheval et de partir seul.   

_ Oui, c’est bien cela…

Je soupirais, exaspéré tandis qu’Arilia faisait une moue boudeuse et que Jessie lui tirait la langue.

            Nous repartîmes peu de temps après. Amiss avait tout expliqué à Arilia sur ses origines et ses pouvoirs, pendant ce temps, j’avais dû détourner l’attention de Jessie tant que je pouvais sans trop d’excès. Nous chevauchions donc vers l’Ouest, comme indiqué par l’elfe, mon amie semblait réfléchir et resta silencieuse tout le long du voyage. Jessie non plus ne parlait pas beaucoup, elle était montée avec Amiss sur le cheval que nous avions acheté la veille pour ne pas faire d’histoires.

 La journée fut chaude et éprouvante. Le soir, nous fîmes un bivouac auprès d’un minuscule ruisseau. Après un repas frugal constitué de pain et d’eau, chacun prit une couverture et se coucha, trop fatigué pour parler.

Ca fait deux jours qu’on avance vers l’Ouest sans savoir où nous allons vraiment. On en sait même pas quelle est cette quête que les elfes ont décidée de nous coller entre les mains ! En fait, on se laisse guider aveuglément par cet étranger. Pourquoi est ce que l’on fait aussi facilement confiance à Amiss ? Parce que c’est un elfe ou alors c’est notre instinct qui nous pousse à le suivre comme ça ? Et si on tombait tout bonnement dans un piège ?

Malgré tous mes efforts pour résonner convenablement, cette idée de piège me parût totalement absurde. Je jetais un coup d’œil à l’elfe qui avait prit le premier tour de veille. Emmitouflé dans sa couverture, l’adolescent tentait de se réchauffer auprès du feu dans la froideur de la nuit qui avait suivit la chaleur étouffante de la journée. En le voyant ainsi, on aurait eu du mal à se méfier de lui. Je décidais de rester tout de même sur mes gardes, mais le sommeil me rattrapa et je m’endormis en un rien de temps.

            C’est au milieu de la nuit qu’une voix me tira de mon sommeil :

_ Adrien ! Réveilles toi. Murmura Amiss en me secouant légèrement.

_ Mmmh ! Quoi ? grognais je.

_ Il faut que je te parle, c’est important.

Toujours en grommelant, j’ouvris un œil puis les deux. L’elfe se tenait à coté de moi, l’air parfaitement éveillé tandis qu’un peu plus loin derrière lui Arilia émergeait difficilement. Elle était assise les jambes droites, les bras pendants au bout de ses épaules et les yeux mi-clos.

_ Bon d’accord. fis je la voix éteinte. Qu’est ce que t’as de si urgent à nous dire ?

_ Chut ! souffla le garçon en posant un doigt sur ses lèvres. Pas ici, plus loin, il ne faudrait pas que Jessie puisse nous entendre.

Un éclair de lucidité traversa mon esprit. Amiss allait enfin nous révéler cette fameuse quête. Soudain, je fus totalement réveillé et sautais aussitôt sur mes pieds. Attrapant le bras d’Arilia, je l’entraînais, contre sa volonté à première vue à l’écart du bivouac. Amiss parut surpris par mon enthousiasme mais il nous suivit sans un mot. Mon amie et moi nous assîmes en face de l’adolescent. Je fixais le jeune homme avec insistance alors qu’Arilia laissait retomber sa tête sur mon épaule et commençait à se rendormir. L’elfe avait les yeux rivés vers le sol, il marquait un temps de réflexion comme si ce qu’il allait nous annoncer était grave. Il joua machinalement avec un brin d’herbe puis releva le visage vers nous.

_ Bien… il hésita. Comme vous le savez tous deux, Notre vénérée reine Aïsya nous a réunis pour nous confier une mission de la plus haute importance.

Il fit une pause.

Silence.

Il reprit :

_ Je me dois donc de tenir mes engagements et vous expliquer en quoi elle consiste… Sachez tout de même que quelle qu’elle soit, il vous sera impossible de la rejeter.

Il se tut. La méfiance commençait à monter en moi :

_ Et pourquoi ne pourrions nous pas la rejeter ? On nous impose une quête sans nous demander notre consentement ? Et en plus on est obligé de la poursuivre ! Vous êtes drôlement culottés chez les elfes !

Amiss fronça les sourcils, il était apparemment offensé par mes paroles.

_ Me laisserais tu au moins le temps de vous raconter les raisons et les origines de cette quête, qui me concerne autant que vous par ailleurs, avant de juger mon… Que dis je ? Notre peuple !

Mon unique réponse fut un grognement peu convaincu. Arilia garda le silence mais la mine sérieuse qui s’affichait sur son visage indiquait que tout cela ne la laissait pas indifférente et qu’elle aurait-elle aussi son mot à dire.

_ Cela remonte à la fin de l’Ancien Empire. A cette époque, le peuple des Nymphes qui régnait sur Artang était sur le point de s’éteindre. La reine Averinn, n’ayant pas de descendance et sentant la mort proche, elle s’enquit de l’avenir du pays. Parmi tous les peuples vivant en terre d’Artang, le seul qu’elle jugea capable de prendre la succession du sien fut celui des elfes. Elle nomma alors le chef le plus illustre de nos familles en temps que son successeur. Mais craignant toujours pour la sécurité du territoire, elle employa ses dernières forces à la création d’une nouvelle espèce, celle des dragons. Mourante, elle fit venir à son chevet quatre jeunes elfes à l’avenir prometteur. Elle confia à chacun d’eux la force des quatre éléments ; l’eau, l’air, la terre et le feu. Puis, elle donna à chacun un œuf de dragon. Avant de rendre son dernier soupir, elle leur dit que chaque spécimen qui sortirait de ces œufs partageraient leur pouvoir. Elle mourut après ces dernières paroles, et son peuple s’éteignit avec elle. Les œufs éclorent peu de temps après, les quatre elfes et leurs nouveaux compagnons avaient reçut l’importante mission de protéger Artang de leur vie. Les pouvoirs des elfes se transmirent de générations en générations, mais les dragons eux, survécurent à leurs différents maîtres.

_ Je n’avais jamais entendu de telles histoires. S’étonna Arilia.

_ Moi non plus… Sauf… sauf dans certaines chansons d’Yvan il me semble ! m’exclamais je.

_ C’est fort possible, lorsque nous ne nous cachions pas des autres peuples, certaines de nos chansons et ballades furent traduites par des troubadours et des ménestrels de toutes espèces. Mais il y a mille ans, il y eu beaucoup de pertes parmi les nôtres, notamment les quatre elfes détenteurs des éléments qui donnèrent leur vie pour sauver Artang. Lorsque nos ennemis furent vaincus, nous dûmes nous reclure dans nos cités pour panser nos blessures autant physiques que sentimentales. Mais suite à la mort de leurs compagnons, les quatre dragons élémentaires ses sont dispersés dans tout le pays et ont totalement disparut de la circulation.

_ D’accord, d’accord, c’est bien joli tout ça, mais en quoi tout ça nous concerne au juste ? répliquais je agacé. Attends un peu, laisse moi deviner, je paris que nous sommes les nouveaux euh… Elus et que nous sommes chargés de retrouver ces dragons et qu’une fois que ce sera fait, nous devrons protéger Artang comme l’on fait nos prédécesseurs.

_ Ceci est exact. répondit calmement Amiss.

_ D’accord, c’est très mignon tout ça, je veux bien y croire à ton histoire, mais il y a comme une petite incohérence là dedans ! intervint Arilia.

_ De quelle nature est-elle ?

_ Les élus sont quatre, et nous sommes trois !

_ Votre ami Yvan aurait dû être des nôtres…

_ Ok, as besoin d’en rajouter, je connais la suite, mais il y a un autre problème !

_ Et quel est il ?

_ Les élus, toujours eux, sont des elfes, et Adrien et moi sommes humains !

_ C’est une erreur, vous êtes tous les deux elfes de sang, et Yvan en était un aussi.

_ C’est ça, et toi tu es un korrigan, avoue ! ironisa la jeune fille.

_ Adrien a eu la même réaction que toi, mais je te jure sur mon peuple que je ne te mens pas.

_ Oh moi ce que j’en dis… marmonnais je pensif.

_ Arilia. reprit Amiss comme si je n’avais rien dit. As tu observé ton reflet ne serait ce qu’une fois depuis notre retour du village ?

_ Pourquoi, j’ai un truc noir sur le visage ? demanda l’adolescente la mine inquiète.

_ Non, mais ton reflet t’aiderai beaucoup à croire mes dires.

Je regardais Arilia curieux et compris aussitôt ce qu’Amiss voulait lui faire comprendre. Ses oreilles avaient conservé la forme que je leur avais vue dans le puis, mais l’esprit ailleurs, je n’y avais pas trop fait attention auparavant.

_ Arilia… murmurais je.

_ Quoi, j’ai vraiment un truc sur le visage ?

_ Euh non, pas sur le visage…

Arilia parut inquiète par ma réaction, elle se leva brusquement et bondit jusqu’au ruisseau et lorsqu’elle observa son visage elle poussa un cri de surprise. Elle revint avec nous, elle avait pâlit et semblait complètement désabusée.

_ Amiss, c’est encore une de tes illusions ?

_ Non, c’est la réalité, je ne m’amuserais en aucun cas à modifier ton apparence.

_ Mais Adrien à encore l’air humain lui !

_ En effet, c’est plutôt curieux… Peut être reprendra t il son apparence initiale d’ici peu de temps…

_ Question ! intervins je.

_ Oui, de quoi s’agit il ?

_ Pourquoi avons-nous toujours vécut chez les humains en tant que tel si nous sommes des elfes ?

Amiss prit un air blasé et soupira.

_ Vous avez tous trois été élevés chez les humains afin de vous protéger. On vous a confié à eux lorsque vous étiez encore des nourrissons. Nos ennemis, de ceux qui ont survécu à la Grande Guerre vous auraient trop facilement retrouvés dans nos cités. Un sort vous fut jeté pour vous donner apparence humaine et l’on vous attribua différentes familles.

_ Et pourquoi n’as tu pas été soumis à ça ? demandais je intrigué.

_ Nos adversaires sont persuadés de ma mort. Ce qui est une chance, car ils nous croient plus faible que nous le sommes. Et c’était aussi nécessaire que ce soit moi qui vous explique tout cela, car il est plus facile pour de jeunes gens d’écouter une personne de leur âge.

_ Mais nous sommes aussi faible qu’ils le croient, réfléchis, ils te croient mort, mais tu ne l’es pas, mais Yvan si ! Et je me demande d’ailleurs si ce n’est pas eux qui l’ont détruis, dans ce cas là ils nous croient en effet plus faible qu’on ne l’est.

_ Ce n’est pas eux qui ont tué Yvan, la créature qui l’a fait n’est pas à leur bottes…

_ Comment peux tu affirmer cela ? me méfiais je brutalement.

_ N’était ce pas un dragon qui a fait cela ? s’enquit Amiss douteux.

_ Si, c’est toi Arilia qui lui a dis ? questionnais je.

_ Non ! sursauta t elle. Je croyais que c’était toi !

En un rien de temps, je me retrouvais debout, face à l’elfe, le toisant l’air plus menaçant que jamais. Amiss bondit sur ses pieds et fit un pas en arrière.

_ Attends, laisse moi t’expliquer… balbutia t il en trébuchant.

_ Tu étais présent lors de la mort d’Yvan ?

Il ne répondit rien mais semblait effaré.

_ Réponds ! Tu étais là lors de la mort d’Yvan, tu étais là car tu sais qui l’a tué !

_ D’accord, d’accord, j’étais là, mais je…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, je lui décochais un coup de poing en plein ventre, hurlant de rage.

_ Tu étais là ! Tu étais là ! Tu as tout vu mais tu n’as rien fait !!!

Le garçon roula à terre, se serrant l’abdomen. Il resta un instant immobile et se redressa péniblement. Pendant ce laps de temps, Arilia s’était mise à crier et Jessie avait accourut, alertée par le bruit. Hors de moi, la rage bouillonnant comme de la lave dans mes entrailles, je saisis Amiss par le col de sa longue veste et le secouais tel un hystérique en beuglant de plus belle :

_ T’as rien fait, nom de Dieu ! Tu n’as rien fait alors que tu en avais la possibilité ! Toi tu connaissais tes pouvoirs, tu aurais pu agir ! Mais t’as strictement rien fait ! ORDURE !

Cette fois ci, il était hors de question pour moi de retenir mes coups, je me mis à frapper l’elfe avec acharnement sans la moindre hésitation. Jessie tenta d’intervenir en m’empoignant par l’épaule. Elle me tira vers elle mais je me dégageais violemment l’envoyant au sol. Alors que je m’apprêtais à flanquer un coup de coude plutôt brutal à Amiss, mais Arilia s’interposa et j’eux tout juste le temps d’amortir mon geste mais elle reçut le coup en plein visage. Elle s’effondra, à moitié sonnée dans les bras d’Amiss.

_ Arilia ! hurlais je scandalisé par mon geste. Arilia, ça va ?

L’elfe la déposa sur le sol. Quand elle reprit ses esprits, Arilia paraissait en colère et ses yeux lançaient des éclairs. Elle se leva péniblement, se hissa jusqu’à ma hauteur et m’administra une gifle retentissante. Le choc me fit tourner la tête si loin derrière que je sentis mes cervicales craquer.

_ T’as pas un peu l’impression d’exagérer ? hurla t elle.

La tête à nouveau en place, j’observais la jeune fille, ahurit, clignant les yeux de surprise. Elle reprit sans faire attention à ma mine déconfite :

_ Tu frappe Amiss sous prétexte qu’il n’a pas sauvé Yvan ! Mais qu’est ce qui te fais croire qu’il en avait la possibilité ? Il connaissait peut être ses pouvoirs, peut être savait il les utiliser, mais face à un dragon bon sang ! Que veux tu qu’il fasse ! On aurait eu l’air fin si l’on était que deux pour mener cette fichue quête !

_ Et alors ? répliquais je ayant repris du poil de la bête. Qu’est ce qui te dis que j’ai envie de la suivre moi cette maudite quête ? Eh bien figure toi que pour moi c’est hors de question ! Débrouillez-vous donc tous les deux puisque vous vous entendez si bien !

Je commençais à partir et ajoutais en criant plus fort sue jamais :

_ Et n’oubliez pas de terminer l’histoire par « il vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant ! »

Sans laisser le temps à qui que ce soit de répondre, je tournais le dos à mon amie et à l’elfe, puis, bousculant Jessie en passant, je m’emparais des rennes de mon cheval et montais celui ci avant de partir sans demander mon reste.

Artang-Intermède 2

le 21/01/2007 à 16h52
Le vent… Chaud le jour, froid la nuit. Ce soir là, comme tous les soirs, il soufflait avec force, soulevant le sable encore tiède du désert de Tirkus. Perdue au milieu de ces rafales, elle restait là, debout sans bouger comme si elle attendait quelque choses… Un signe… ? Elle écoutait le vent siffler à ses oreilles et gifler son visage. Elle sentait le contact violent de l’air sur sa peau mieux que personne ne l’aurait pu. Plongée dans ses éternels ténèbres, elle entendait ce que personne n’entendait aussi bien qu’elle. Le son des grains de sable s’entrechoquant et ricochant sur les quelques rochers alentours résonnait dans ses tympans comme une grêle infinie. Elle sentait cette odeur quasi-imperceptible que dégageaient les dunes du désert lorsqu’elles se rafraîchissaient après une longue et chaude journée dans la froideur de la nuit. Elle sentait sur ses lèvres le faible goût sec de la poussière. Comme d’habitude, ses quatre sens étaient en éveil, mais ce soir là, ils étaient en alerte. Les yeux fermés, elle attendait patiemment l’ouverture de son cinquième sens. Les éléments autour d’elle étaient de plus en plus déchaînés. Une véritable tempête se déclenchait autour d’elle, sans qu’elle n’en soit affectée. Elle restait toujours là, parfaitement droite. Elle écoutait attentivement le message qui s’infiltrait dans son esprit. Elle respirait lentement, calmement. Sous la douce lumière de la pleine lune qui illuminait de manière fantomatique sa peau d’une étonnante pâleur, elle paraissait si pure, si fragile qu’elle semblait appartenir à un autre monde. Ses yeux s’ouvrirent peu à peu et un sourire paisible se dessina sur ses lèvres délicates d’où s’échappèrent d’une voix douce et chantante quelques mots d’une langue bien plus ancienne que celle des elfes et qu’elle était à présent seule a savoir parler :

_ Il est temps… Le sceau doit être brisé avant… Bien avant que tout ne recommence.

Elle leva une main, l’agita doucement et les éléments se calmèrent aussitôt. Le vent tomba, pour la première fois depuis plusieurs millions d’années, le désert de Tirkus ne fut parcourut que par une brise apaisante. La petite fille, seule au milieu de l’immensité des dunes de sable pencha la tête en arrière et contempla le ciel sans le voir, laissant la lune se refléter dans la profondeur de ses grands yeux noirs. De sa gorge ressortit une douce et courte chanson aux significations connues uniquement de la fillette. Le dernier vers terminé, elle se mit à marcher, laissant derrière elle la trace presque invisible de ses pas, minuscule créature dans la grandeur impitoyable et vide du désert de Tirkus.

 
6h00

Le réveil sonne.

Max se lève.

Elle traverse le couloir silencieux en peignoir et en chaussette.

Elle regarde dans la chambre de Mike son fils. Il dort encore.

Comme tous les matins, elle se dirige dans la salle de bain se brosse les dents et prend une douche.

Elle s’habille.

Il est 6h15. Elle descend dans la cuisine et prépare le petit déjeuner.

Elle allume la télé, baisse le son et regarde les images défiler dans l’écran sans trop les voir.

Son portable sonne. Elle décroche.

_ Allô ?

_ Max !? J’ai besoin de ton rapport sur l’enquête Stevenson de toute urgence, magne-toi de débouler au commissariat fissa parce que j’vais pas attendre trois heures !!!!

_ Boss… Je vous ai laissé ce rapport sur votre bureau hier !

_ Sans blagues ???!!! J’l’ai pas trouvé !!! Ramène tes p’tites fesses ici rapido, il me faut ce rapport dans l’heure qui suit !!!!

_ Et moi je vous dis que je l’ai laissé sur votre bureau hier, alors cherchez le et oubliez-moi jusqu’à ce qu’il soit 8h00 ! J’ai mon fils qui…

_ Rien à cirer de ton fils, si j’ai pas ce rapport dans moins d’une heure je peux dire adieu à ma promotion !

_ Eh bien vous savez où vous pouvez vous la carrer votre promotion, moi j’ai un fils et des obligations, je ne peux pas me permettre de le laisser seul, contrairement à vous je ne fais pas passer mon travail avant le reste ! Alors débrouillez-vous sans moi ! Pour ma part, je n’ai pas reçut de promotion depuis au moins 5 ans !!! Et c’est pas faute de donner tout mon possible pour ce foutu boulot de merde !!! Souvenez-vous de cela et peut être que vous comprendrez pourquoi la moitié de vos salariés ont filé et que votre femme s’est tirée avec votre associé en prenant vos gosses avec elle !

Max raccroche le téléphone, furieuse.

Toujours besoin de tout celui là ! Jamais capable de se débrouiller lui-même quand il a un problème ! J’ai pas que ça à faire de m’occuper de lui moi !

Elle regarde sa montre.

6h30.

Elle se fait un café et allume son ordinateur.

Connexion Internet, e-mail, boite de réception, trois nouveaux messages.

 

Premier message :

 

De James Vans :

 

Ma chérie, ta mère m’a dit qu’en ce moment tu n’avais pas trop d’argent pour t’occuper de ton fils, je sais que tu vas m’en vouloir mais j’ai fais un petit chèque pour toi que j’ai confié à la banque.

Bon courage pour ton travail je t’embrasse. 

 

Merci papa !

 

 

Second message :

 

Carla Bumfot :

 

Melle Vans, votre loyer n’est toujours pas payé, si vous ne payez pas dans la semaine qui suis je vais être obligée de vous expulser de votre appartement.

Salutations distinguées.

Votre concierge Mme Carla Bumfat.

 

C’est ça, un bon verre de vin dimanche soir à la maison et j’ai une semaine de délais en plus, merci Melle Bumfat ! Les gens qui se font passer pour marié alors qu’elles n’ont plus eu personne dans leur vie depuis 13 ans sont de biens tristes gens…

 

 

Troisième message :

 

Brandy Must :

 

Salut môman, y a du nouveau au com’, un suicide, hier sous le pont Mérénisse, tu devineras jamais qui !

Alleeeeeeeeeeeeez devine !

Appelle-moi si t’as une idée !

A tout à l’heure au com’ !

J’t'embrasse môman !

PS : Le Boss est furax, il arrive pas à mettre la main sur le rapport Stev’machin, j’compte sur toi pour arranger le problème !

 

 

Un suicide ? Qui ça peut bien être encore ? D’habitude Brandy ne fait jamais de mystère là-dessus, ça ne l’intéresse même pas en général ! Je me demande qui ça peut bien être…

Bon sang ! 7h00 !

Elle se lève précipitamment et monte à la chambre de Mike. Elle se penche sur lui et l’embrasse.

_ Debout mon cœur, tu va être en retard.

Elle relève une mèche de ses cheveux noirs et l’embrasse à nouveau. Il ouvre ses petits yeux noirs et les frotte péniblement en baillant.

_ Je te laisse cinq minutes pour te lever !

Elle se précipite dans l’escalier après avoir embrassé Mike pour la deuxième fois et met les toasts à griller tout en sortant le pot de chocolat du placard. Elle met un bol de lait à chauffer au micro-onde et remonte dans la chambre de Mike.

_ Allez cette fois il faut se lever !

Elle retire les couvertures du lit de son fils et le petit garçon se recroqueville sur lui-même.

_ Allez allez petite marmotte, tu vas être en retard à l’école, et tu vas aussi mettre maman en retard !

Le garçonnet s’assoit sur son lit et s’étire en baillant. Max attrape un pantalon un pull un t-shirt et des chaussettes dans l’armoire et les pose à coté de Mike.

_ Habille-toi, brosse-toi les dents et descends d’accord, je m’occupe de ton petit déjeuner !

Elle retourne dans la cuisine et s’aperçoit que ça sent le brûlé.

Les toasts ! Oh non ! C’est pas vrai, il n’y a qu’à moi que ça arrive des trucs comme ça !

Elle sort les tartines du grille pain en se brûlant les doigts. Elle les jette sur le rebord de la fenêtre et en met d’autre dans le vieil appareil en mettant le compte minute pour qu’elles ne crament pas. Elle sort le bol de lait du four micro onde et le pose sur la table, pendant ce temps, le chat de la maison, dans un éclair blanc grimpe avec souplesse sur une chaise et contemple avec envie le bol. Max attrape le chat et le remet par terre avant de remplir sa gamelle d’un peu de lait. Mike arrive, les yeux encore à demi fermés et vient s’asseoir à sa place. Le compte minute sonne, Max se précipite sur le grille pain et sauve in extremis les tartines. Elle les pose sur la table et les badigeonne rapidement de pâte au chocolat. Max se prépare le troisième café de la matinée pendant que son fils dévore avec appétit son petit déjeuner.

7h30.

La table est débarrassée, le petit garçon rassasié, débarbouillé, chaussé et il attend sa mère dans l’entrée, son cartable sur le dos. Max arrive en courant à moitié, son ordinateur sous un bras et sa veste sous l’autre tout en tenant d’une main sa sacoche. Elle attrape ses clés sur la petite table de l’entrée et ouvre la porte avant de faire passer son fils dans le couloir de l’immeuble. Ils prennent tous deux l’ascenseur après que Max ait fermé la porte de l’appartement. En bas ils croisent Melle Bumfat qui balaye le hall et qui réclame encore une fois à la jeune maman le loyer du mois.

_ Passez donc à la maison dimanche, on en reparlera, je n’ai pas le temps là !

Elle sort en poussant son fils devant elle et ouvre sa voiture avec le biper de sa clé. Arrivée derrière le véhicule, elle met ses affaires et le sac de Mike dans le coffre tandis que le garçonnet se glisse sur la place arrière. Max s’installe au volant et démarre.

 

 

8h00.

_ Hey Boss !!!! J’ai retrouvé le rapport que vous cherchiez !

Debout sur la pointe des pieds au milieu du commissariat, Brandy, dans son vieux jean délavé et sa chemise froissée brandit fièrement le porte documents verts avec un sourire dynamique aux lèvres.

_ Sans blagues ! Max t’as dit où il était ?

Brandy accoure aux cotés de son patron, juste devant la photocopieuse.

_ Ouaip, il était sur votre bureau !

Le bonhomme fait un bond de coté quand le jeune homme lui colle le dossier sous son nez gras. Il éloigne son cigare du papier et prend le dossier.

_ T’en es sûr, je ne l’ai pas vu moi !

_ Ben en fait, il était planqué entre les dossiers de la semaine dernière et les magasines X que vous avez rapporté hier !

_ Ah euh… Bon, d’accord, allez, file donc, t’as du boulot sur le suicide d’hier !

_ Ouaip, j’attends Max, elle doit m’aider dessus !

_ Elle n’est toujours pas là ? !

_ Pas de panique, elle commence à 8h00 et il est tout juste 8h01, elle va pas tarder… Ah bah t’nez, qu’est ce que j’disais la voilà !

Les cheveux ébouriffés et hors d’haleine, Max rentre précipitamment dans le commissariat et jette ses affaires sur son bureau.

_ Mômaaaaaaaaan !!!!

Brandy se précipite sur la jeune femme et la prend dans ses bras comme ferait un enfant qui câline sa mère.

_ Brandy, s’te plait, la môman n’est pas d’humeur là !

Brandy relâche la jeune femme et lui sourit de toutes ses dents.

_ Ok, j’ai compris, boulot boulot !

_ C’est ça, à commencer par le rapport Stevenson…

_ Plus la peine mademoiselle, Brandy me l’a retrouvé !

Une expression de mépris sur le visage le patron des deux flics passe devant eux. Max le foudroie du regard. Et comme si de rien était, elle se tourne vers son collègue.

_ Alors dis-moi, c’est quoi ce fameux suicide dont tu me parlais ?

Malicieux, Brandy glisse lentement jusqu’à son bureau et se laisse tomber en faisant un petit bond joyeux sur sa chaise.

_ Hé hé, ça t’intrigue hein !

_ C’est bon Brand’, arrête tes mystères, on est pas là pour jouer !

_ No soucy, ceux qu’on doit interroger arrivent que dans deux heures si mes calculs sont bons.

Le jeune homme joue avec un vieux bilboquet en bois qui traîne toujours sur son bureau.

_ Brandy !

Max lève les yeux au ciel, exaspérée et pousse un long soupir avant de s’asseoir à son tour.

_ Vas-y, donne-moi un indice…

Brandy bondit de sa place, se saisit d’une chaise et se pose juste en face de Max puis se rapproche d’elle comme pour faire une confidence.

_ Alors… Si je te dis, « connue » tu réponds quoi ?

_ Une star ?

_ Exactement !! Maintenant si je te dis… hum… agitée !

_ Euh… Danseur, chanteur, musicien ?

_ Bon !!!! Musicien ! Voyons, si je te dis, proche des dieux !

_ Quoi ? Proche des dieux ? Mais c’est quoi ça un prêtre musicien ?

_ Naon ! C’est un nom ! Un nom proche des dieux !

_ Euhm… Là je vois pas… Hum… Un musicien proche des dieux… The Devil’s ?

_ Nan !!!!! Ca c’est plutôt loin des dieux, non, nan ! Plus proche un peu un domaine quoi !

_ Paradize ?

_ Nan !!! Mais presque ! C’est dans le rock !

Max ouvrit alors de grands yeux effarés.

_ Celest ?

Sa voix est devenue un souffle.

_ Exactement ! hurla Brandy la mine victorieuse.

_ Un musicien de Celest !?

Max se relève et semble paniquée.

_ Et ouais !

Max attrape soudain Brandy par le col, paniquée.

_ Qui Brandy ? Qui ?

_ A toi de le deviner !

Brandy toujours souriant repousse gentiment la main de sa collègue et amie, mais celle ci redouble de vigueur et secoue le jeune homme.

_ Dis-moi qui bon sang !! Qui ? Réponds-moi !

Brandy devient un peu plus sérieux et essaye de se débarrasser de la poigne de Max.

_ Ecoute môman, je sais qu’t’aime bien ce groupe, mais faut pas flipper comme ça !

_ La môman elle commence à en avoir plus qu’assez de tes réflexions irréfléchies réponds à ma question !    

Cette fois elle soulève Brandy de sa chaise et elle a crié si fort que tous leurs collègues la regardent avec étonnement au travers des vitres de leur bureau.

_ Ok Ok ! Mollo, je vais te le dire, mais lâche-moi, tu m’étrangle !

Max desserre son étreinte mais ne lâche pas la chemise de son ami et le regarde toujours avec insistance. Brandy reprend son souffle difficilement.

_ C’est… C’est la bassiste… Mortia…

Max se dégage du gars et retourne s’asseoir, anéantie.

C’est pas vrai, pas elle… C’est pas possible bon sang…


Elle appuie sa tête dans ses mains et reste sans rien dire pendant un moment. Brandy la regarde soudain inquiet, il ne pensait pas avoir réveillé tant de peine dans le cœur de son amie, il ne connaît en réalité pas le lien qui unissait la bassiste de Celest et cette femme flics qui avait élevé seule son fils et qui vivait dans un immeuble miteux.

_ Je suppose qu’il va falloir interroger les autres membres de Celest…

_ Euh… Oui…

Le silence le plus plat se fait dans le commissariat, seul la sonnerie des téléphones se fait entendre.

 

10h12.

Final est le premier à entrer dans le commissariat, il affiche un air volontaire et avance d’un pas assuré. Derrière lui, Guest et Daliah le suivent leur visage demeurant sans expression. Ils sont escortés par trois flics qui les conduisent directement devant le bureau de Max et Brandy. L’un d’eux frappe à la porte. C’est Brandy qui ouvre aux nouveaux venus. Il a une mine inquiète et son habituel sourire joyeux n’est plus présent. De son coté, Max a enfin arrêté de tourner en rond et entreprend aussitôt de débarrasser son bureau des innombrables gobelets de café vides.

_ Max, ils sont arrivés…

La jeune femme ne prête aucune attention à Brandy et allume le ventilateur.

_ Max…

Elle se retourne. De grosses poches se sont formées sous ses yeux et elle semble très fatiguée. Pourtant, elle n’a rien fait d’autre que de tourner en rond de toute la matinée.

_ Fais les entrer.

Sa voix est enrouée. Les deux musiciens et le chanteur entrent. Elle les regarde l’air terriblement épuisé.

_ Bonjour, nous allons vous interroger chacun votre tour, par qui commence-t-on ?

_ Par moi ! Final s’avança un peu plus. Je suis la personne du groupe qui était la plus proche de Mortia !

_ D’accord, vous êtes Mr Final Miriam, c’est ça ?

_ Oui !

_ Ok, Brandy, je te laisse interroger l’un des deux autres.

Elle prend le dossier de Final et indique au garçon une chaise devant son bureau. De son coté, Brandy fait s’asseoir Guest et commence à consulter son dossier. Quand à Daliah, on l’envoie dans le bureau de Gari Coper, un de leurs collègues qui vient tout juste d’arriver.

 

Interrogation n°1 :

 

Interrogé : Final Miriam.

 

Interrogateur : Max Vans

 

Mise en marche du magnétophone, consultation vague du dossier de l’interrogé, ingurgitation rapide d’une nouvelle dose de café, prise en note du nom et du prénom sur un calepin et démarrage de l’interrogatoire.

_ Bon, depuis combien de temps connaissez-vous la victime ?

_ Victime ? Vous pensez qu’elle a été tuée plutôt que ça ne soit un suicide ?

_ … Vous ne répondez pas à ma question.

_ D’accord, je la connais depuis l’âge de 7 ans, ça fait donc 15 ans.

_ Quel genre de relation aviez vous avec la euh… personne décédée… ?

_ C’est vraiment le genre de question qu’on pose quand on essaye de connaître les raisons d’un suicide ou est ce que vous me suspectez de meurtre ?

_ Si l’on vous suspectait de meurtre ce serait dans une salle d’interrogatoire qu’on serait pas dans un bureau !

_ Ok ! …

_ … Alors ?

_ Ah oui, pardon, euh… nous étions très proches tous les deux, un peu comme un frère et une sœur…

_  S’entendait-elle bien avec le reste du groupe ?

_ Mais quel rapport je vous suis pas moi là !

_ Répondez, ne posez pas de question, pour le moment c’est moi qui les poses, si vous souhaitez vous plaindre, allez donc voir le Boss !

_ Je n’ai pas l’intention de me plaindre !

_ Alors répondez clairement et simplement.

_ C’que vous pouvez être froide !

_ C’est mon job, on ne fait pas de sentiments dans ce métier, bon à présent vous répondez ou vous voulez que je vous paye un café ?

_ D’acc’, J’pense qu’elle s’entendait plutôt pas mal avec Guest, en revanche c’était parfois un peu tendu entre elle et Daliah, quelque part, je crois qu’il y avait une sorte de rivalité entre elles deux… Par contre je ne serais pas contre un petit café, ça me remonterais !

_ … Vous êtes réellement aussi insensible que ce que vous paraissez être… ?

_ C’est mon job ! Alors, j’y ai le droit à mon café ?

 

Interruption de l’interrogatoire :

 

Max se lève et se dirige vers la cafetière sous le regard de Final qui se laisse aller contre le dossier de sa chaise avec un sourire amusé. Tandis que Max verse le café dans un gobelet, elle ne peut s’empêcher de penser.

Comment peut il être aussi insensible, il dit avoir été proche d’elle comme un frère d’une sœur mais il ne semble pas affecté par son décès, on dirait même que cette situation l’amuse.

Elle prend les deux gobelets, reviens à son bureau et tend un des récipients à Final.

 

Reprise de l’interrogatoire :

 

Remise en marche du magnétophone, nouvelle rasade de café.

_ Bien, y avait il une autre tension quelconque dans le groupe et à laquelle la victime serait mêlée ?

_ Vous avez à nouveau dit victime, vous pensez donc qu’elle a été tuée !

_ Avez vous remarqué quelques signes de dépression ou de stresse chez cette personne ?

_ Vous n’avez pas répondu, ça veut dire que vous le pensez vraiment !

_ Vous a t elle laissé entendre qu’elle avait des envies suicidaires ?

_ Vous commencez à vous énerver, j’ai donc raison !

_ Avait elle des soucis dans sa vie privée ?

_ Vous savez que si vous avalez votre café aussi rapidement vous allez finir avec une crise d’estomac…

_ Avait elle à votre connaissance des ennemis ?

_ … A moins que vous ne terminiez par faire une crise de nerfs parce que vous êtes bien partie là !

 

Interruption de l’interrogatoire :

 

Max a appuyé si fort sur le bouton du magnétophone que celui ci finit par rester bloqué.

_ Pourquoi ne répondez-vous pas à mes questions plutôt que de me raconter n’importe quoi !?

_ Parce que nous pensons tous les deux la même chose, Mortia ne s’est pas suicidée, elle a belle et bien été assassinée !

_ Je ne pense rien du tout ! Je pose les questions nécessaires au bon développement de l’enquête !

Max s’est levée brusquement en disant ces mots et fixe de manière intense le jeune chanteur. Final plonge son regard dans celui de la jeune flic, son sourire s’est effacé et il a un air calme et sérieux.

_ Ce sont les autres membres du groupe et moi-même qui avons demandé qu’une enquête soit ouverte sur la mort de Mortia, alors je veux savoir votre véritable sentiment, pensez-vous réellement qu’elle se soit tuée d’elle-même ou qu’elle a été assassinée ?

Max se rassoie et contemple tristement le garçon.

_ Pour le moment je ne pense rien, les choses ne sont pas encore suffisamment claires à mes yeux…

_ Alors j’espère pouvoir vous être utile dans votre recherche d’informations pour que tout vous paraisse plus clair…

Final sourit gentiment.

 

   

 

Interrogation n°2 :

 

Interrogé : Guest Pevin

 

Interrogateur : Brandy Must

 

Installation décontractée sur le fauteuil, bref coup d’œil au dossier de l’interrogé, préparation du carnet de prise de note, mise en route du magnétophone, démarrage de l’interrogation.

_ Bien, j’me présente, juste histoire de faire bonne figure, je suis Brandy Must, enquêteur, je vais être direct et parler sans détour. Mes collègues et moi n’excluons pas que ce suicide n’en soit pas vraiment un, mais nous ne disons pas non plus que Mortia Darkinn a été assassinée, alors je vous prierais de répondre le plus clairement possible à mes questions sans chercher à me soumettre une quelconque théorie, nous sommes d’accord ?

_ D’accord, c’est vous l’patron !  

_ Pas encore non, mais ça ne saurait tarder !

_ …

_ Bon plaisanterie mise à part, connaissiez vous Mortia depuis longtemps ?

_ C’est Final qui me l’a présentée il y a six ans, j’avais quinze ans et elle quatorze.

_ Bien… Vous ne l’aviez jamais rencontré auparavant ?

_ Non.

_ Quel lien y avait il entre elle et vous ?

_ Ben, une amitié sincère, on s’est toujours bien entendu, mais on ne s’est jamais disputé.

_ Et avec les autres membres du groupe ?

_ Avec Final ils étaient comme frère et sœur, mais avec Daliah il y a toujours eu un peu de tension, je crois qu’elles étaient rivales toutes les deux, mais je sais pas pourquoi.

_ Quel genre de rivalité ?

_ Bah une rivalité entre amies quoi, rien de violent, bien que parfois il leur arrivait de se battre dans le studio pour une raison ou pour une autre mais rien de bien méchant, elles se respectaient l’une l’autre, il n’y a jamais eu de problème notable…

_ Avez vous un attachement particulier avec Daliah ?

_ Je… C’est mon ex-petite amie, mais je ne vois pas ce que ça vient faire là dedans ! Vous ne soupçonnez quand même Daliah ?

_ Je ne porte pour le moment ni soupçon ni jugement, je n’ai pas encore étudié la question. Y avait il eu un problème notable au sein du groupe auquel elle aurait été mêlée ?

_ Non, en général il n’y avait pas de soucis dans le groupe, quand il y avait un différent entre deux ou trois membres, on a toujours tâché de ne pas mêler les autres à ça, en général, les principales disputes c’était soi entre Mortia et Daliah, soi entre Final et moi !

_ Votre amie était elle dépressive ? Semblait elle avoir des problèmes d’ordre personnel ?

_ … Mortia était plutôt bizarre comme fille, elle avait des idées un peu sombres, nos chansons les plus tristes c’est elle qui les avait écrites, mais elle n’a jamais laissé entendre qu’elle déprimait, elle a toujours eu cette étincelle un peu triste dans le regard, mais quand elle jouait elle se donnait à fond et ses yeux reflétaient l’énergie et la joie, alors je ne m’en étais jamais inquiété.

_ Avait elle des ennemis à votre connaissance ?

_ Euh… Elle recevait des lettres injurieuses une fois de temps en temps parce que certaines fans étaient persuadées qu’elle sortait avec Final, mais il n’y a jamais eu de menaces, pas à ma connaissance en tous les cas !

_ Recevait elle beaucoup de lettre de ce genre ?

_ Quand la rumeur venait de naître elle en recevait à peu près cinq ou six par semaine, les fans ne sont pas toutes rancunières, heureusement ! Après, ça s’est tassé et elle en recevait au pire deux tous les quinze jours.

_ Ce n’est pas non plus négligeable. Elle ne vous a vraiment jamais parlé de menace ?

_ Non, et je pense qu’elle n’en recevait pas, en général les lettres de fans on les lit tous ensemble puisque c’est nos managers qui nous les donnent, on ne les reçoit pas directement chez nous