Kaïa

Artang - Intermède 3

le 18/06/2007 à 22h25

Intermède


III

 



 

 



 

 



 

 



            Arilia chevauchait en tête, elle était fatiguée et terriblement en colère. La nuit précédente, après qu’Adrien soit parti, elle avait rejeté sa rancœur sur Jessie avec qui elle s’était battue férocement. Elle s’en était tirée avec un certain nombre de bleus, un œil au beurre noir et une cheville tordue. Jessie quant à elle s’en était un tout petit peu mieux sortie malgré tous les coups qu’elle avait reçus. Elle était repartie, furieuse à la recherche d’Adrien les cheveux en bataille, la robe froissée et déchirée quelques bleus le long des bras et des jambes et en boitant légèrement. Arilia, hors d’elle avait passé le reste de la nuit à tourner en rond en ruminant tout un tas d’injures. Amiss, lui se tenait à présent penaud sur son cheval. Le combat des deux furies l’avait terrorisé, à ses yeux, il était bien plus difficile de tenir tête à des femmes comme Arilia et Jessie qu’à un combattant ou un guerrier bien entraîné. Le matin, estimant qu’il valait mieux chercher Adrien plutôt que de rester planté là sans rien faire, Amiss en fit la suggestion timide à la jeune fille qui l’accompagnait. Celle ci réagit de manière excessive, elle répliqua furieusement qu’Adrien pouvait bien se débrouiller seul et s’en était retournée à l’harnachement de sa monture. Le jeune elfe rassembla alors tout son courage, et après en avoir prit plein les tympans il réussit à convaincre l’adolescente. Après ça ils purent enfin partir. Tout le reste de la matinée, le pauvre garçon resta muet comme une carpe. C’était l’heure la plus chaude de la journée lorsqu’ils atteignirent une clairière avec un lac au pied d’une chaîne de montagne. Ils avaient laissé les chevaux s’abreuver tandis qu’ils se ravitaillaient. Arilia leva la tête vers les montagnes et cru apercevoir une espèce de tache rouge slalomer entre d’immenses pics rocheux. Elle cligna des yeux et regarda à nouveau. Plus rien. Son humeur n’avait pas changé d’un pouce, et elle jeta rageusement les os de son déjeuner au sol lorsqu’Amiss eut le malheur d’ouvrir la bouche pour tenter une nouvelle suggestion.


_ Qu’est ce que tu veux encore maudit petit elfe ?


_ Mais je n’ai encore rien dit… se défendit le pauvre garçon.


_ Mais tu allais le faire ! rugit elle.


_ Aurais tu l’obligeance de te calmer, cela ne te servira à rien de t’énerver ainsi. fit Amiss tranquillement.


_ Non mais de quoi j’me mêle monsieur je-sais-tout ? hurla Arilia.


_ Cela suffit à présent ! Je ne sais pas tout mais j’en sais suffisamment pour te demander de te taire et de m’écouter. répliqua d’un ton autoritaire.


Arilia se tue sur-le-champ.


_ Je crois qu’Adrien a eu des ennuis.


_ Comment ça ?


_ Regarde. Amiss indiqua un endroit au sol où la terre avait été un peu chamboulée. Ces traces ce sont celles de sabots de cheval, et aussi de pieds de trollotins !


_ De pieds de quoi ? piailla Arilia inquiète.


_ De trollotins, de tous petits trolls, à peine plus grands que des korrigans, ce sont les forgerons des ténèbres, c’est eux qui avaient forgé la plupart des armes de l’armée de Naark lors de la Grande Guerre.


_ Tu crois que… Que ces… Créatures ont capturé Adrien ? Arilia se sentait de plus en plus mal.


_ En fait je n’en sais rien, il n’y a aucune trace de lui…


_ Alors que lui est il arrivé ?


_ Je ne sais pas… Nous devrions peut être…


A cet instant, Amiss entendit un son grinçant et terriblement strident, ce qui lui vrilla les oreilles avec force. Arilia, elle, perçut une voix masculine mais plutôt chantante.


_ Vous paraissez angoissée belle damoiselle, auriez vous des ennuis ?


La « belle damoiselle » relava la tête vers la voix et laissa échapper une exclamation de surprise. Dans le lac, accoudé au bord se tenait un beau jeune homme à la peau bleutée et aux longs cheveux d’argent. Ses yeux bridés brillaient d’un éclat doré, ce qui devait être ses oreilles ressemblaient aux nageoires hérissées d’un poisson. Ses bras étaient munis d’appendices semblables et ses mains étaient palmées. Il ruisselait de milliers de gouttelettes d’eau, qui, en reflétant le soleil lui donnait l’aspect d’une illusion.


_ Vous semblez surprise de me voir, pourtant, si vous comprenez mon langage, ça ne devrait pas être le cas.


De son coté, Amiss qui ne supportait pas les sons que produisait la créature se bouchait les oreilles aussi fort qu’il le pouvait.    


_ Qu’est ce ça signifie ? Qui êtes vous au juste ? bafouilla Arilia.


L’elfe à coté n’en revenait pas, voici que sa compagne de route se mettait à grincer elle aussi, et le pire était que ses grincements à elle étaient bien plus stridents que ceux de l’homme bleu. Le pauvre garçon cru que ses tympans allaient exploser.


_ Vous voyez, vous parlez aussi cette langue. ajouta l’être des eaux. Que diriez vous de vous joindre à moi dans l’eau, j’ai comme le sentiment que votre ami n’est pas dans le même cas que vous !


Arilia jeta un coup d’œil à l’elfe et constata avec stupeur que celui ci se roulait par terre en pressant ses mains si fort sur ses oreilles que les jointures de ses doigts en étaient  blanches. Elle regarda l’homme poisson effrayée. Elle sonda son visage, puis son regard.


Quand Amiss se redressa, il vit Arilia plonger dans l’étang, suivie par la créature des abysses. Il l’appela. Elle ne remonta pas à la surface. Il plongea…


 

 



 


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