Le vent… Chaud le jour, froid la nuit. Ce soir là, comme tous les soirs, il soufflait avec force, soulevant le sable encore tiède du désert de Tirkus. Perdue au milieu de ces rafales, elle restait là, debout sans bouger comme si elle attendait quelque choses… Un signe… ? Elle écoutait le vent siffler à ses oreilles et gifler son visage. Elle sentait le contact violent de l’air sur sa peau mieux que personne ne l’aurait pu. Plongée dans ses éternels ténèbres, elle entendait ce que personne n’entendait aussi bien qu’elle. Le son des grains de sable s’entrechoquant et ricochant sur les quelques rochers alentours résonnait dans ses tympans comme une grêle infinie. Elle sentait cette odeur quasi-imperceptible que dégageaient les dunes du désert lorsqu’elles se rafraîchissaient après une longue et chaude journée dans la froideur de la nuit. Elle sentait sur ses lèvres le faible goût sec de la poussière. Comme d’habitude, ses quatre sens étaient en éveil, mais ce soir là, ils étaient en alerte. Les yeux fermés, elle attendait patiemment l’ouverture de son cinquième sens. Les éléments autour d’elle étaient de plus en plus déchaînés. Une véritable tempête se déclenchait autour d’elle, sans qu’elle n’en soit affectée. Elle restait toujours là, parfaitement droite. Elle écoutait attentivement le message qui s’infiltrait dans son esprit. Elle respirait lentement, calmement. Sous la douce lumière de la pleine lune qui illuminait de manière fantomatique sa peau d’une étonnante pâleur, elle paraissait si pure, si fragile qu’elle semblait appartenir à un autre monde. Ses yeux s’ouvrirent peu à peu et un sourire paisible se dessina sur ses lèvres délicates d’où s’échappèrent d’une voix douce et chantante quelques mots d’une langue bien plus ancienne que celle des elfes et qu’elle était à présent seule a savoir parler :
_ Il est temps… Le sceau doit être brisé avant… Bien avant que tout ne recommence.
Elle leva une main, l’agita doucement et les éléments se calmèrent aussitôt. Le vent tomba, pour la première fois depuis plusieurs millions d’années, le désert de Tirkus ne fut parcourut que par une brise apaisante. La petite fille, seule au milieu de l’immensité des dunes de sable pencha la tête en arrière et contempla le ciel sans le voir, laissant la lune se refléter dans la profondeur de ses grands yeux noirs. De sa gorge ressortit une douce et courte chanson aux significations connues uniquement de la fillette. Le dernier vers terminé, elle se mit à marcher, laissant derrière elle la trace presque invisible de ses pas, minuscule créature dans la grandeur impitoyable et vide du désert de Tirkus.


Commentaires
Par noewie le 24/05/2007 à 20h00
Je suis une grande fan de ton histoire !!!! franchement j'adore c'est vraiment super extra !!
Tu es super doué !
vivement que tu écrives la suite !!!!!
tu es carément extra doué !!
j'adore
continu comme ça !
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