Durant la nuit, Arilia avait été très agitée, elle avait probablement fait un cauchemar. Amiss avait voulut la réveiller, la jeune fille fut tellement surprise de voir ce visage inconnu penché sur le sien qu’elle poussa un cri strident et dégagea le garçon à grands coups de pieds. Amiss s’était retrouvé sur le derrière, il regarda fixement Arilia, bouche bée, choqué plus ou moins par cette réaction qui lui semblait incongrue. Lorsque l’adolescente se rendit compte de son geste, elle se précipita sur le jeune elfe pour l’aider à se relever. Pouffant de rire, je me dirigeais vers eux et entamais les présentations :
_ Arilia, je te présente Amiss, il est arrivé ici cette nuit et c’est un e…
_ Illusionniste ! me coupa t il précipitamment. C’est cela, un illusionniste, je ne suis encore qu’un novice, mais c’est un peu ma faute si tu as vu des choses étranges hier !
_ Quelles choses étranges ? J’ai rien vu !
_ Ah ! Euh… Mais si, la blessure d’Adrien ! s’écria t il en attrapant mon bras.
_ Oups ! Laissais je échapper alors que l’elfe me tirait.
_ Ah oui tiens ! Adrien, où est passé ta brûlure ?
_ Eh bien… C’était une illusion, pas vrai Amiss ? C’est pour ça que je ne me souvenais plus comment je l’avais eu ! répondis je en me tournant vers le garçon doutant qu’Arilia gobe un mensonge aussi gros.
_ C’est bien cela, c’est même d’ailleurs la première fois que j’en fais une aussi bien ! mentit il avec dextérité.
_ Woah ! Ca c’est super, tu m’en montreras d’autres dis ! Tu vas nous accompagner n’est ce pas ! Enfin, si Adrien est d’accord bien évidemment, c’est SON voyage !
_ Euh… Oui… Si t’y tiens tant que ça… fis je surpris par l’enthousiasme dont mon amie faisait preuve.
_ Génial, je vais préparer nos affaires pour qu’on puisse partir rapidement.
Elle attrapa les couvertures qui traînaient par terre et se précipita vers les chevaux afin de les harnacher. Amiss la regardait perplexe, à l’époque, il n’était pas très habitué à ce genre de personne excentrique.
_ Beau mensonge, tu apprends vite ! dis je au garçon un sourire moqueur aux lèvres.
_ Hem… En fait je n’avais rien préparé, j’ai juste dis ce qui me passait par la tête !
_ Ah oui… Au fait, et tes oreilles, comment as tu fais pour les dissimuler, on dirait des oreilles humaines.
_ Eh bien, ne suis je pas illusionniste ? répliqua t il d’un air malicieux.
Je fis la moue et la conversation s’acheva.
Une fois que nos affaires furent remballées et attachées à la selle des chevaux, nous nous mîmes en route. Amiss n’ayant pas de monture, il chevauchait avec moi. Arilia elle, ne cessait de lui parler le harcelant de questions. Le pauvre elfe du enchaîner mensonge sur mensonge et du aussi user de la magie en faisant quelques petites illusions pour le plus grand plaisir de mon amie.
La journée s’écoula donc ainsi. Le soir, quand le soleil commençait à décliner, des chemins de terre battue se formaient au milieu de l’herbe. Puis ils se rassemblèrent tous en une route dont le sol avait été piétiné et retourné par les sabots des bêtes et les charrues. Au bout de cette route se trouvait un pont passant au-dessus d’un petit court d’eau et qui marquait l’entrée d’un village paysan à l’aspect accueillant. La nuit était déjà tombée lorsque nous l’atteignîmes. Les habitants qui rentraient tardivement leurs bestiaux nous regardaient l’air perplexe, ils n’étaient certainement pas habitués à voir des gens des villes se promener dans leur minuscule patelin. Nous nous renseignâmes auprès d’un vieil ivrogne qui cuvait son vin assis sur une tonneau, afin de trouver un bon palefrenier qui puisse nous fournir un bon cheval pas trop cher ainsi qu’une bonne auberge. Une fois que le vieillard nous eut renseignés, je lui donnais quelques pièces dont il s’empara avec avidité avant de filer dans la première taverne qu’il put trouver sans demander son reste. Après avoir acheté un beau cheval noir pour Amiss, nous nous rendîmes à l’auberge. L’ambiance chaleureuse qui y régnait nous surprit. Une jeune serveuse nous accueillit avec un grand sourire. Ses yeux verts pétillant de gaieté, de jolies taches de rousseur étaient parsemées sur ses pommettes et son nez ce qui lui donnait encore plus de charme, et ses cheveux roux étaient en partie cachés sous un bonnet. L’adolescente qui répondait au doux nom de Jessie nous mena à une table où elle nous apporta de la viande, des patates et des choppes de bière. La joie et la bonne humeur étaient à l’ordre de la soirée et nous enivrèrent rapidement. Amiss, qui ne semblait pas très bien tenir l’alcool se retrouva rapidement à danser aux bras de trois magnifiques jeunes filles sur des airs folkloriques. Arilia, elle, était entourée de plusieurs jeunes hommes venus lui conter fleurette. Par la suite, elle dansa même avec quelques-uns uns de ces garçons. Lorsque l’alcool commença à faire effet sur moi, je rejoignis mes compagnons en entraînant la douce Jessie à mes cotés. La fête continua jusqu’à très tard, mais je ne me souviens plus vraiment de ce qui s’y est passé.
Cette nuit là je fis un rêve qui raviva mes souvenirs. Je me retrouvais seul au milieu de la forêt d’Artang, autour de moi gambadaient korrigans, petits elfes, fées et lutins divers. Ces milliers de créatures dansaient sur une musique dynamique et joyeuse. Tous ces petits êtres tournaient autour de moi sans me voir, ils paraissaient joyeux et insouciants. Cela dura longtemps et je me pris à la danse. Mais la ronde folle cessa aussitôt lorsque qu’un rugissement sourd se fit entendre. A ce moment là, ce fut la cohue. Toutes le petit peuple qui s’amusait innocemment quelques instants avant se mit à courir et à hurler de panique. Il fuyait où il pouvait. Poussé par une force inconnue, je me mis à avancer lentement vers l’endroit d’où était provenu le rugissement. Je marchais, doucement, un peu plus effrayé à chacun de mes pas. Les arbres qui m’entouraient semblaient s’écarter sur mon passage. Je savais que l’animal qui était à l’origine du cri qui avait créé la panique n’était autre que le même dragon que celui qui avait tué Yvan. La perspective de rencontrer cette bête ne me plaisait guère, mais c’était plus fort que moi, rien ne pouvait m’empêcher d’aller jusqu’à sa tanière. Au bout d’un moment, j’atteignis une clairière inconnue. Le sol était tapissé d’une herbe d’un vert pétillant comme je n’avais jamais vu et qui ondulait avec souplesse sous la douce brise du vent. Au centre de ce lieu étranger trônait majestueusement un arbre millénaire. Il était gigantesque, ses feuilles avaient la couleur de l’automne. Pourtant, ce n’était pas la saison. En bas, sur le flanc du vieil arbre s’élevait une curieuse statue recouverte de lierre. Intrigué, je m’avançais vers elle et entrepris de la débarrasser des plantes grimpantes. Une fois qu’elle fut visible, je la contemplais avec curiosité. La sculpture était taillée dans de la pierre d’ambre, elle représentait un jeune homme à la carrure forte, un peu comme Yvan. Ses yeux étaient fermés et son visage semblait emprunt de tristesse. Fichée au milieu de sa poitrine, une épée longue et fine se trouvait là. Elle était faite d’un argent d’une pureté incroyable. Je me rapprochais encore pour mieux examiné la statue, ce qui me permis de remarquer que le garçon endormi avait de grandes oreilles pointues.
Est ce un elfe ?
Son visage angélique autant que ses oreilles répondaient à ma question. Cet œuvre me semblait irréelle, on aurait dit une illusion. Comme pour m’assurer que ce n’était pas le cas, je fis glisser mes doigts le long du fil de l’épée. Elle était tranchante. Je posais ensuite ma main sur le pommeau, il était muni d’une garde en forme d’ailes. En contemplant l’arme, j’eux une impression de déjà vu. Alors que je réfléchissais, je perçus des bruits de pas lourds. Je m’immobilisais, l’oreille tendue. Accompagnant les pas, des craquements retentirent, suivi à leur tour par le son d’une respiration forte et rauque. La créature qui était responsable de tout ce tintamarre se rapprochait de plus en plus, puis elle pénétra dans la clairière. Dis à elle, je n’osais me retourner. Paralysé, je sentis son souffle chaud sur ma nuque. Un frisson de terreur me parcourut. Une voix sourde et forte résonna soudains dans le silence de la forêt et à l’intérieur de ma tête :
_ JAMAIS, JAMAIS PERSONNE NE TOUCHERA ENCORE MON MAITRE !
Malgré la peur qui m’enserrait les entrailles, je me retournais lentement. Face à moi se dressait un gigantesque dragon rouge. Dans ses yeux couleur de sang se reflétait une colère intense. Au rythme de sa respiration des flammes sortaient de ses naseaux. Des crocs luisant et à l’aspect redoutable saillaient de ses babines. La créature ouvrit la gueule et c’est dans un puissant rugissement qu’il cracha sur moi un véritable brasier. Voyant venir la mort proche, je fermais les yeux et prononça de derniers mots en un langage ancien :
_ Ardeyn ër yaki, ër yaji ardeyn, yör wër iss mortan !
Mon réveil fut si brutal que je faillis tomber de mon lit. Le cœur battant, je mis un certain temps à me souvenir de l’endroit où j’étais. J’étais essoufflé et je peinais à reprendre ma respiration. Doucement, je finis par me calmer et par me resituer. Soulagé que tout ceci ne fut qu’un rêve, je laissais retomber ma tête sur l’oreiller. A mon coté, Jessie bougea légèrement. Je ne me souvenais plus trop pourquoi elle était là, mais portant encore mon pantalon, j’en déduisis qu’il ne s’était rien passé en particulier. La jeune fille se réveilla doucement, puis, prenant sa tête entre les mains, se plaignit de migraine. J’eux un petit rire moqueur. Ma compagne, vexée, me jeta son oreiller sur le visage. Sans perdre un instant je ripostais. S’engagea alors une bataille sans merci qui s’acheva seulement lorsque l’un des coussins explosa dans une volée de plume. Voyant ce résultat inattendu, nous éclatâmes de rire. Une fois calmée, Jessie entoura mon cou de ses bras, se serra contre moi et m’embrassa. Surpris, je la regardais les yeux écarquillés. Elle rit doucement et me sourit. Puis elle se leva, s’attacha les cheveux et ramassa son bonnet et son tablier qui traînaient par terre. Pendant ce temps, un sourire béat et stupide aux lèvres, j’enfilais ma chemise et me passais de l’eau sur le visage. Alors que j’essayais de ramasser les plumes qui étaient éparpillées dans la pièce, Jessie ouvrit les volets et poussa une exclamation.
_ Adrien, viens voir ! fit elle en me faisant de grands signes pour que j’approche.
_ Qu’est ce qui se passe ? m’inquiétais je en la rejoignant à la fenêtre.
Elle ne me répondit pas et me fit signe de regarder par dehors. Je m’exécutais, curieux, et ce que je vis me fit ouvrir de grands yeux. A l’extérieur, les villageois courraient en tous sens, de l’eau jusqu’à la taille, enfants et bagages chargés sous leurs bras ou sur le dos. Tous grimpaient sur les toits et les constructions élevées. Le spectacle était des plus étranges, en d’autres circonstances, il aurait même pu être cocasse, mais ce n’était absolument le cas. L’inondation provenait du court d’eau et du puits qui débordaient tant et plus.
_ Adrien, qu’est ce que c’est que ça ? Il faut qu’on fasse quelque chose ! s’inquiéta Jessie.
_ Bien sûr, il faut faire quelque chose, mais quoi ? répliquais je agacé. Je vais prévenir Amiss et Arilia, on verra après !
Sans perdre de temps, je me précipitais dans la chambre d’Amiss. Celui ci dormait profondément, une jeune fille à ses cotés. Je retirais violemment la couverture du lit et secouais sans ménagement le pauvre elfe qui s’éveilla difficilement.
_ Adrien ? Mais que se passe t il donc pour qu’il te prenne de me réveiller ainsi ? Aïe ! Mon crâne me fait terriblement souffrir, que m’arrive t il ?
_ Juste une bonne gueule de bois, remets t’en vite, c’est pas trop le moment !
_ Non mais ça va pas ? Qu’est ce qui te prends de venir réveiller les gens comme ça toi ? s’écria la compagne d’Amiss avec colère.
_ Comment ? Mais qu’est ce que cette fille fait donc ici, sursauta l’elfe en faisant un bond de coté.
La jeune fille parut offensée et se mit à crier sur son pauvre compagnon. Soudain, Jessie fit irruption dans la chambre l’air paniqué, imposant le silence dans la pièce.
_ Adrien, ton amie, Arilia, elle n’est plus dans sa chambre, et d’ailleurs celle ci est pleine d’eau, je ne comprends pas, j’ai demandé à la gérante si elle avait vu ton amie, mais elle ne sait absolument pas où elle est !
_ De l’eau ? Dans sa chambre as tu dit ? s’enquit Amiss.
_ Ouais, ouais, c’est pas important ça, le pire c’est que même le village est complètement inondé, mais le plus important pour le moment est de retrou…
_ Suis-moi vite ! me coupa l’elfe.
Il bondit de son lit et courut jusqu’aux escaliers qu’il dévala. A ce moment là, Jessie et moi nous sommes regardés, perplexes, avant de le suivre. En bas, c’était la panique la plus totale. La gérante et tous ses employés essayaient d’évacuer l’eau du mieux possible. Amiss poussa la porte, nous entraînant à sa suite, puis il nous mena jusqu’au puits au centre de la Grand Place. L’eau s’en écoulait abondamment, provoquant un courant puissant qui nous empêchait d’avancer. Amiss parut réfléchir ( ce qui est exceptionnel vu son état ) un instant. Il se tourna vers moi, m’attrapa le bras et me dit de fermer les yeux. Il prononça quelques mots elfiques et soudain, je sentis ma tête tourner et mes pieds s’enfoncer dans le sol. Lorsque ma tête atteignit le sol, je retins instinctivement ma respiration. Le contact rugueux de la terre m’égratigna le corps et le visage, puis, je sentis celui doux et apaisant de l’eau sur ma peau. J’ouvris prudemment les yeux. Devant moi, Amiss nageait vivement vers une silhouette immobile au milieu des eaux. C’est en regardant autour de moi que je m’aperçus que nous étions à l’intérieur même du puits. Suivant l’elfe, je progressais rapidement vers la silhouette jusqu’à ce qu’elle soit moins trouble. Je reconnus sans difficulté Arilia. Elle semblait endormie, mais ses lèvres bougeaient sans arrêt, comme si elle prononçait en continuité une incantation. Quelque chose paraissait inhabituel chez elle, ses sourcils étaient froncés, comme si elle souffrait. Mais ce qui me frappa le plus ce fut ses oreilles. Elles avaient pris une forme pointue et étaient bien longues. Arilia avait à présent l’apparence d’une elfe. Je m’approchais d’elle de plus en plus mais Amiss me saisit à l’épaule lorsque j’arrivais à sa hauteur. Je tournais la tête vers lui, interrogateur. Il semblait inquiet et me fit signe de ne pas m’approcher de mon amie. Refusant d’obéir, je me dégageais d’un mouvement vif et me remis à nager. Au fur et à mesure que j’avançais, l’air commençait sérieusement à me manquer. Enfin, je rejoignis Arilia et la secouais pour qu’elle se réveille. Lentement, elle ouvrit les yeux et me contempla quelques instants. Je reculais, surpris. Son regard avait une allure étrange, on y voyait de la tristesse, de la douleur, de l’amertume et enfin de la colère, mais malgré ça, il semblait aussi totalement indifférent. Soudain, sans crier gare, mon amie m’enserra la gorge. Je lâchais tout l’air qui le restait dans un cri de surprise qui fut étouffé par l’eau qui s’engouffrait dans ma bouche. Arilia, devenue une personne inconnue me fixait férocement, resserrant de plus en plus son étreinte. Sans comprendre ce qui son geste, je me débattis sans grande conviction, mes muscles étaient mous et mon cœur battait la chamade. Je n’avais absolument plus d’oxygène. Dans un dernier mouvement pour me dégager, je repoussais, sans succès Arilia de mon pied. Je sombrais lentement dans l’inconscience, ma dernière vision fut le regard d’Arilia, et j’entre aperçus un éclair bleuté avant de m’évanouir pour de bon.
En me réveillant, je sentis le contact tiède d’une main sur mon front. En ouvrant les yeux, je vis le visage d’Amiss penché sur le mien, ses cheveux aux reflets roux caressaient mes joues et ses lèvres bougeaient au rythme des incantations qu’il prononçait. Surpris par cette vision plutôt inattendue, je repoussais violemment le jeune elfe. Je me redressais rapidement sur mes coudes et vis que j’étais allongé dans l’herbe à l’ombre d’un grand chêne. De chaque cotés de moi se tenaient Arilia et Jessie, la mine inquiète. Quand elles s’aperçurent que j’étais réveillé, elle se jetèrent toutes les deux à mon cou. Etouffant sous leur étreinte, je me débattis tant bien que mal sans grand succès.
_ Adrien, j’étais tellement inquiète, tu n’imagines pas à quel point ! s’exclama Jessie me serrant un peu plus contre sa poitrine ( certes douce mais un peu suffocante ) m’empêchant quasiment de respirer. Brusquement, Arilia repoussa la jolie serveuse et m’étreignit si fort que je crus perdre ma tête.
_ Adrien, j’ai cru que tu allais mourir ! J’ai eu si peur, si tu savais !
_ Moi aussi j’ai eu peur pour lui figure toi, et je te signale ! s’écria Jessie en frappant mon amie à l’épaule.
Alors que le ton montait, Amiss intervint avant qu’une dispute n’éclate :
_ Cela suffit enfin ! Sont-ce des manières de femmes de se battre de telle manière ? Et vous feriez mieux de le lâcher, regardez le, il est en train d’étouffer !
Les deux jeunes filles cessèrent aussitôt de crier, mais elle tournèrent la tête vers le pauvre elfe qu’elles fusillèrent du regard, le faisant pâlir. Suffoquant, je réussis péniblement à articuler quelques mots :
_ Il… Il a pas vraiment tord… J’étouhoufeuh !
Elles me lâchèrent enfin en se fixant des yeux l’une l’autre d’un air agressif. A nouveau libre, j’inspirais profondément heureux de pouvoir m’oxygéner. Je pus enfin prendre conscience que le village où nous étions avant était à présent bien loin, et aussi que mes vêtements et mes cheveux étaient trempés, si bien que la moindre petite brise de vent me faisait frissonner. Relevant ma tête vers mes compagnons, je vis qu’ils m’observaient tous d’un air interrogateur.
_ Quoi ? fis je d’un ton un peu brutal.
_ Tu… Vas bien ? demanda Arilia e hésitant.
_ Ben… Oui, pourquoi ? Je devrais me sentir mal ?
_ Bah… T’as quand même faillit de noyer ! me répondit-elle.
_ Oh ! Rien que ça ? Eh bien, non, tout va bien, je me porte comme un charme.
Etrangement, ni Amiss ni Jessie n’avaient parlé, l’un ne semblait pas avoir dit à Arilia qu’elle avait faillit m’assassiner, et pour ce qui était de la seconde, elle semblait ne pas vouloir la moindre explication sur les événements précédents. L’elfe baissa la tête un instant et réfléchit. Puis il se redressa et se tourna vers Arilia :
_ Puis-je te parler ?
La jeune fille le regarda, perplexe, puis elle marqua une pause et finit par s’éloigner ave lui, me jetant un coup d’œil interrogateur. Je restais neutre, pour ne pas montrer à Jessie que je lui cachais quelque chose. Celle ci profita de l’occasion pour se pendre de nouveau à mon cou. Elle bascula de coté et m’entraîna avec elle en gloussant. Elle commença à rouler dans l’herbe me tirant avec elle. Soudain, deux pieds vinrent se poster derrière mon crâne ( situation relativement critique ). Je levais les yeux, surpris, et croisais abruptement un regard lourd de reproche.
_ Je vois que tu ne perds pas de temps ! me réprima rageusement Arilia. A peine ai je le dos tourné que tu commence à batifoler, c’est à ça que sert ton « voyage de remise en question ? »
_ Euh… Mais non voyons Arilia, qu’est ce que tu vas imaginer là ? balbutiais-je devenant pivoine.
_ C’est ça, cherches toi une excuse.
_ Mêles toi un peu de tes affaires ! gronda Jessie.
_ Mais ce sont mes affaires justement ma p’tite ! Je connais Adrien depuis que je suis haute comme trois pommes, et je ne permettrais pas qu’une peste de ton genre se l’approprie !
_ Se l’approprier ? Ma parole, mais c’est que tu serais jalouse dis-moi !
_ Jalouse ? Moi ? hurla Arilia en devenant écarlate.
_ Mais voyons, calmez vous, croyez-vous vraiment que vous disputer de ces manières de mégères vous avancera à quelque chose ? tenta de calmer Amiss, penaud.
Mais cela eu plutôt l’effet inverse que celui désiré, Jessie s’enflamma totalement !
_ Mégère ?
_ Parfaitement ma petite, tu es une mégère, une grosse vieille mégère ! minauda Arilia.
_ Toi !
Jessie rugit comme une lionne et se jeta toutes griffes dehors sur sa présumée rivale. Sans perdre un instant, je me relevais et, attrapant l’épaule des deux furies je les séparais brutalement.
_ Ca suffit à présent ! Je ne sais pas ce que vous avez après moi toutes les deux ( pourtant c’est évident ) mais vous avez grand intérêt de vous calmer ! Je commence à en avoir assez de vous entendre vous disputer sans arrêt ! Maintenant que les choses soient claires, si vous n’êtes pas capable de vous parler sans hurler, alors ne vous adressez plus la parole ! Compris ?
Les deux jeunes filles me regardèrent avec insistance et se crispèrent un peu plus, mais aucune d’elles ne répondit. Amiss nous contempla, l’air effaré, s’attendant sûrement à une nouvelle explosion de fureur.
_ Me suis je bien fait comprendre ? répétais je en détachant chacun de mes mots.
Arilia et Jessie baissèrent la tête et acquiescèrent.
_ Parfait ! Arilia, Amiss avait quelque chose à te dire, alors vas voir ça avec lui ! Jessie, je te raccompagne au village !
_ Quoi ? Mais non ! sursauta t elle.
_ Hé hé ! Bien fait pour toi. fanfaronna l’autre adolescente.
_ Pourquoi ? Cela pose un problème ? demandais je.
_ Elle nous a aidé à fuir le village. intervint Amiss
_ Et alors ? Ca l’empêche d’y retourner ?
_ En fait… Les gens se sont persuadés que nous sommes de maléfiques sorciers venus les réduire en esclavage ou une autre idée saugrenue du même genre. Alors, si Jessie y retourne, elle court le risque d’avoir de gros ennuis.
_ Donc par conséquent, elle va devoir voyager avec nous jusqu’à ce qu’on lui trouve un nouvel asile, c’est ça ? demandais je partagé entre l’envie de m’assommer contre un arbre et celle de prendre mon cheval et de partir seul.
_ Oui, c’est bien cela…
Je soupirais, exaspéré tandis qu’Arilia faisait une moue boudeuse et que Jessie lui tirait la langue.
Nous repartîmes peu de temps après. Amiss avait tout expliqué à Arilia sur ses origines et ses pouvoirs, pendant ce temps, j’avais dû détourner l’attention de Jessie tant que je pouvais sans trop d’excès. Nous chevauchions donc vers l’Ouest, comme indiqué par l’elfe, mon amie semblait réfléchir et resta silencieuse tout le long du voyage. Jessie non plus ne parlait pas beaucoup, elle était montée avec Amiss sur le cheval que nous avions acheté la veille pour ne pas faire d’histoires.
La journée fut chaude et éprouvante. Le soir, nous fîmes un bivouac auprès d’un minuscule ruisseau. Après un repas frugal constitué de pain et d’eau, chacun prit une couverture et se coucha, trop fatigué pour parler.
Ca fait deux jours qu’on avance vers l’Ouest sans savoir où nous allons vraiment. On en sait même pas quelle est cette quête que les elfes ont décidée de nous coller entre les mains ! En fait, on se laisse guider aveuglément par cet étranger. Pourquoi est ce que l’on fait aussi facilement confiance à Amiss ? Parce que c’est un elfe ou alors c’est notre instinct qui nous pousse à le suivre comme ça ? Et si on tombait tout bonnement dans un piège ?
Malgré tous mes efforts pour résonner convenablement, cette idée de piège me parût totalement absurde. Je jetais un coup d’œil à l’elfe qui avait prit le premier tour de veille. Emmitouflé dans sa couverture, l’adolescent tentait de se réchauffer auprès du feu dans la froideur de la nuit qui avait suivit la chaleur étouffante de la journée. En le voyant ainsi, on aurait eu du mal à se méfier de lui. Je décidais de rester tout de même sur mes gardes, mais le sommeil me rattrapa et je m’endormis en un rien de temps.
C’est au milieu de la nuit qu’une voix me tira de mon sommeil :
_ Adrien ! Réveilles toi. Murmura Amiss en me secouant légèrement.
_ Mmmh ! Quoi ? grognais je.
_ Il faut que je te parle, c’est important.
Toujours en grommelant, j’ouvris un œil puis les deux. L’elfe se tenait à coté de moi, l’air parfaitement éveillé tandis qu’un peu plus loin derrière lui Arilia émergeait difficilement. Elle était assise les jambes droites, les bras pendants au bout de ses épaules et les yeux mi-clos.
_ Bon d’accord. fis je la voix éteinte. Qu’est ce que t’as de si urgent à nous dire ?
_ Chut ! souffla le garçon en posant un doigt sur ses lèvres. Pas ici, plus loin, il ne faudrait pas que Jessie puisse nous entendre.
Un éclair de lucidité traversa mon esprit. Amiss allait enfin nous révéler cette fameuse quête. Soudain, je fus totalement réveillé et sautais aussitôt sur mes pieds. Attrapant le bras d’Arilia, je l’entraînais, contre sa volonté à première vue à l’écart du bivouac. Amiss parut surpris par mon enthousiasme mais il nous suivit sans un mot. Mon amie et moi nous assîmes en face de l’adolescent. Je fixais le jeune homme avec insistance alors qu’Arilia laissait retomber sa tête sur mon épaule et commençait à se rendormir. L’elfe avait les yeux rivés vers le sol, il marquait un temps de réflexion comme si ce qu’il allait nous annoncer était grave. Il joua machinalement avec un brin d’herbe puis releva le visage vers nous.
_ Bien… il hésita. Comme vous le savez tous deux, Notre vénérée reine Aïsya nous a réunis pour nous confier une mission de la plus haute importance.
Il fit une pause.
Silence.
Il reprit :
_ Je me dois donc de tenir mes engagements et vous expliquer en quoi elle consiste… Sachez tout de même que quelle qu’elle soit, il vous sera impossible de la rejeter.
Il se tut. La méfiance commençait à monter en moi :
_ Et pourquoi ne pourrions nous pas la rejeter ? On nous impose une quête sans nous demander notre consentement ? Et en plus on est obligé de la poursuivre ! Vous êtes drôlement culottés chez les elfes !
Amiss fronça les sourcils, il était apparemment offensé par mes paroles.
_ Me laisserais tu au moins le temps de vous raconter les raisons et les origines de cette quête, qui me concerne autant que vous par ailleurs, avant de juger mon… Que dis je ? Notre peuple !
Mon unique réponse fut un grognement peu convaincu. Arilia garda le silence mais la mine sérieuse qui s’affichait sur son visage indiquait que tout cela ne la laissait pas indifférente et qu’elle aurait-elle aussi son mot à dire.
_ Cela remonte à la fin de l’Ancien Empire. A cette époque, le peuple des Nymphes qui régnait sur Artang était sur le point de s’éteindre. La reine Averinn, n’ayant pas de descendance et sentant la mort proche, elle s’enquit de l’avenir du pays. Parmi tous les peuples vivant en terre d’Artang, le seul qu’elle jugea capable de prendre la succession du sien fut celui des elfes. Elle nomma alors le chef le plus illustre de nos familles en temps que son successeur. Mais craignant toujours pour la sécurité du territoire, elle employa ses dernières forces à la création d’une nouvelle espèce, celle des dragons. Mourante, elle fit venir à son chevet quatre jeunes elfes à l’avenir prometteur. Elle confia à chacun d’eux la force des quatre éléments ; l’eau, l’air, la terre et le feu. Puis, elle donna à chacun un œuf de dragon. Avant de rendre son dernier soupir, elle leur dit que chaque spécimen qui sortirait de ces œufs partageraient leur pouvoir. Elle mourut après ces dernières paroles, et son peuple s’éteignit avec elle. Les œufs éclorent peu de temps après, les quatre elfes et leurs nouveaux compagnons avaient reçut l’importante mission de protéger Artang de leur vie. Les pouvoirs des elfes se transmirent de générations en générations, mais les dragons eux, survécurent à leurs différents maîtres.
_ Je n’avais jamais entendu de telles histoires. S’étonna Arilia.
_ Moi non plus… Sauf… sauf dans certaines chansons d’Yvan il me semble ! m’exclamais je.
_ C’est fort possible, lorsque nous ne nous cachions pas des autres peuples, certaines de nos chansons et ballades furent traduites par des troubadours et des ménestrels de toutes espèces. Mais il y a mille ans, il y eu beaucoup de pertes parmi les nôtres, notamment les quatre elfes détenteurs des éléments qui donnèrent leur vie pour sauver Artang. Lorsque nos ennemis furent vaincus, nous dûmes nous reclure dans nos cités pour panser nos blessures autant physiques que sentimentales. Mais suite à la mort de leurs compagnons, les quatre dragons élémentaires ses sont dispersés dans tout le pays et ont totalement disparut de la circulation.
_ D’accord, d’accord, c’est bien joli tout ça, mais en quoi tout ça nous concerne au juste ? répliquais je agacé. Attends un peu, laisse moi deviner, je paris que nous sommes les nouveaux euh… Elus et que nous sommes chargés de retrouver ces dragons et qu’une fois que ce sera fait, nous devrons protéger Artang comme l’on fait nos prédécesseurs.
_ Ceci est exact. répondit calmement Amiss.
_ D’accord, c’est très mignon tout ça, je veux bien y croire à ton histoire, mais il y a comme une petite incohérence là dedans ! intervint Arilia.
_ De quelle nature est-elle ?
_ Les élus sont quatre, et nous sommes trois !
_ Votre ami Yvan aurait dû être des nôtres…
_ Ok, as besoin d’en rajouter, je connais la suite, mais il y a un autre problème !
_ Et quel est il ?
_ Les élus, toujours eux, sont des elfes, et Adrien et moi sommes humains !
_ C’est une erreur, vous êtes tous les deux elfes de sang, et Yvan en était un aussi.
_ C’est ça, et toi tu es un korrigan, avoue ! ironisa la jeune fille.
_ Adrien a eu la même réaction que toi, mais je te jure sur mon peuple que je ne te mens pas.
_ Oh moi ce que j’en dis… marmonnais je pensif.
_ Arilia. reprit Amiss comme si je n’avais rien dit. As tu observé ton reflet ne serait ce qu’une fois depuis notre retour du village ?
_ Pourquoi, j’ai un truc noir sur le visage ? demanda l’adolescente la mine inquiète.
_ Non, mais ton reflet t’aiderai beaucoup à croire mes dires.
Je regardais Arilia curieux et compris aussitôt ce qu’Amiss voulait lui faire comprendre. Ses oreilles avaient conservé la forme que je leur avais vue dans le puis, mais l’esprit ailleurs, je n’y avais pas trop fait attention auparavant.
_ Arilia… murmurais je.
_ Quoi, j’ai vraiment un truc sur le visage ?
_ Euh non, pas sur le visage…
Arilia parut inquiète par ma réaction, elle se leva brusquement et bondit jusqu’au ruisseau et lorsqu’elle observa son visage elle poussa un cri de surprise. Elle revint avec nous, elle avait pâlit et semblait complètement désabusée.
_ Amiss, c’est encore une de tes illusions ?
_ Non, c’est la réalité, je ne m’amuserais en aucun cas à modifier ton apparence.
_ Mais Adrien à encore l’air humain lui !
_ En effet, c’est plutôt curieux… Peut être reprendra t il son apparence initiale d’ici peu de temps…
_ Question ! intervins je.
_ Oui, de quoi s’agit il ?
_ Pourquoi avons-nous toujours vécut chez les humains en tant que tel si nous sommes des elfes ?
Amiss prit un air blasé et soupira.
_ Vous avez tous trois été élevés chez les humains afin de vous protéger. On vous a confié à eux lorsque vous étiez encore des nourrissons. Nos ennemis, de ceux qui ont survécu à la Grande Guerre vous auraient trop facilement retrouvés dans nos cités. Un sort vous fut jeté pour vous donner apparence humaine et l’on vous attribua différentes familles.
_ Et pourquoi n’as tu pas été soumis à ça ? demandais je intrigué.
_ Nos adversaires sont persuadés de ma mort. Ce qui est une chance, car ils nous croient plus faible que nous le sommes. Et c’était aussi nécessaire que ce soit moi qui vous explique tout cela, car il est plus facile pour de jeunes gens d’écouter une personne de leur âge.
_ Mais nous sommes aussi faible qu’ils le croient, réfléchis, ils te croient mort, mais tu ne l’es pas, mais Yvan si ! Et je me demande d’ailleurs si ce n’est pas eux qui l’ont détruis, dans ce cas là ils nous croient en effet plus faible qu’on ne l’est.
_ Ce n’est pas eux qui ont tué Yvan, la créature qui l’a fait n’est pas à leur bottes…
_ Comment peux tu affirmer cela ? me méfiais je brutalement.
_ N’était ce pas un dragon qui a fait cela ? s’enquit Amiss douteux.
_ Si, c’est toi Arilia qui lui a dis ? questionnais je.
_ Non ! sursauta t elle. Je croyais que c’était toi !
En un rien de temps, je me retrouvais debout, face à l’elfe, le toisant l’air plus menaçant que jamais. Amiss bondit sur ses pieds et fit un pas en arrière.
_ Attends, laisse moi t’expliquer… balbutia t il en trébuchant.
_ Tu étais présent lors de la mort d’Yvan ?
Il ne répondit rien mais semblait effaré.
_ Réponds ! Tu étais là lors de la mort d’Yvan, tu étais là car tu sais qui l’a tué !
_ D’accord, d’accord, j’étais là, mais je…
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, je lui décochais un coup de poing en plein ventre, hurlant de rage.
_ Tu étais là ! Tu étais là ! Tu as tout vu mais tu n’as rien fait !!!
Le garçon roula à terre, se serrant l’abdomen. Il resta un instant immobile et se redressa péniblement. Pendant ce laps de temps, Arilia s’était mise à crier et Jessie avait accourut, alertée par le bruit. Hors de moi, la rage bouillonnant comme de la lave dans mes entrailles, je saisis Amiss par le col de sa longue veste et le secouais tel un hystérique en beuglant de plus belle :
_ T’as rien fait, nom de Dieu ! Tu n’as rien fait alors que tu en avais la possibilité ! Toi tu connaissais tes pouvoirs, tu aurais pu agir ! Mais t’as strictement rien fait ! ORDURE !
Cette fois ci, il était hors de question pour moi de retenir mes coups, je me mis à frapper l’elfe avec acharnement sans la moindre hésitation. Jessie tenta d’intervenir en m’empoignant par l’épaule. Elle me tira vers elle mais je me dégageais violemment l’envoyant au sol. Alors que je m’apprêtais à flanquer un coup de coude plutôt brutal à Amiss, mais Arilia s’interposa et j’eux tout juste le temps d’amortir mon geste mais elle reçut le coup en plein visage. Elle s’effondra, à moitié sonnée dans les bras d’Amiss.
_ Arilia ! hurlais je scandalisé par mon geste. Arilia, ça va ?
L’elfe la déposa sur le sol. Quand elle reprit ses esprits, Arilia paraissait en colère et ses yeux lançaient des éclairs. Elle se leva péniblement, se hissa jusqu’à ma hauteur et m’administra une gifle retentissante. Le choc me fit tourner la tête si loin derrière que je sentis mes cervicales craquer.
_ T’as pas un peu l’impression d’exagérer ? hurla t elle.
La tête à nouveau en place, j’observais la jeune fille, ahurit, clignant les yeux de surprise. Elle reprit sans faire attention à ma mine déconfite :
_ Tu frappe Amiss sous prétexte qu’il n’a pas sauvé Yvan ! Mais qu’est ce qui te fais croire qu’il en avait la possibilité ? Il connaissait peut être ses pouvoirs, peut être savait il les utiliser, mais face à un dragon bon sang ! Que veux tu qu’il fasse ! On aurait eu l’air fin si l’on était que deux pour mener cette fichue quête !
_ Et alors ? répliquais je ayant repris du poil de la bête. Qu’est ce qui te dis que j’ai envie de la suivre moi cette maudite quête ? Eh bien figure toi que pour moi c’est hors de question ! Débrouillez-vous donc tous les deux puisque vous vous entendez si bien !
Je commençais à partir et ajoutais en criant plus fort sue jamais :
_ Et n’oubliez pas de terminer l’histoire par « il vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant ! »
Sans laisser le temps à qui que ce soit de répondre, je tournais le dos à mon amie et à l’elfe, puis, bousculant Jessie en passant, je m’emparais des rennes de mon cheval et montais celui ci avant de partir sans demander mon reste.


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