Enfermé dans son bureau, face à la cheminée, dans l’une des nombreuses tours de sa forteresse, il réfléchissait. Comme toujours lorsqu’il était soucieux, il était profondément installé dans son vieux fauteuil défoncé et se massait lentement les tempes. Cela faisait plusieurs nuits qu’il n’avait plus fermé l’œil, en effet, les évènements récents apprit de différentes manières ne lui plaisaient guère. Le sorcelier fronça les sourcils, les allées et venues clopinantes de son serviteur boiteux étaient tout particulièrement dérangeantes, voire énervantes. Le mage eu vite fait de l’expédier hors de la pièce à remède de grands coups de pieds au derrière. Après avoir refermé la porte sur les cris plaintifs de son larbin, l’homme se laissa retombé sur son fauteuil, ce qui eut pour effet de soulever un énorme nuage de poussière. Il éternua et enfonça sa tête dans les vieux coussins rapiécés du dossier. Le regard perdu dans le vague, il repensait aux dernières nouvelles que lui avait rapportées Ignace, sa fidèle chauve-souris. Les premières étaient plutôt bonnes, pour le plus grand bonheur du sorcelier, le territoire d’Artang dépérissait peu à peu, les gens étaient bien plus fragiles qu’autrefois, les terres perdaient leur fertilité, et le froid, le mauvais temps et l’ennui envahissaient déjà la partie Nord du royaume. Bientôt, le pays aurait presque pu lui appartenir si cette maudite reine elfique et le roi d’Artang n’avaient pas décidé de se dresser sur son chemin. Il aurait dû éliminer tous ces elfes autrefois, mais le dernier scelleur avait réussit à lui seul à libérer le dernier scellé avant de mourir. Le sorcier, vaincu et quasiment mort avait dû se réfugier dans sa forteresse au-delà des terres d’Artang et fut confié aux soins de son épouse, une femme au sang de corbeau et de sa fille une enfant aussi gâtée qu’étrange portant le nom de Capricia. Il lui avait fallut de très nombreuses années pour guérir de ses blessures et retrouver ses pouvoirs. Malheureusement pour lui, d’autres scelleurs étaient nés entre temps. Lorsqu’il l’apprit, le sorcelier envoya aussitôt sa créature sa plus cruelle assassiner les jeunes élus. Mais ils lui avaient tous échappé, mis à part celui qui devait être le plus âgé qui avait périt de manière atroce et douloureuse, grâce au sadisme du monstre. Rien que de penser aux cris de l’enfant, le mage souriait largement, gardant toujours une grande satisfaction de cet acte odieux. D’ailleurs en parlant de cris, le sorcelier fut secoué par deux hurlements synchronisés, stridents et retentissants. L’homme se leva, il tituba puis s’avança à la fenêtre. Il regarda à l’extérieur. L’une des troupes de son armée, fraîchement formée, se trouvait au bas des marches de la forteresse, au garde à vous et bien alignée en rangs. Cette troupe était constituée de mille créatures aussi laides que putrides. Enfin, il n’en restait à présent plus que neuf cents quatre vingt dix huit. Au centre de la croix qui séparait la troupe en quatre groupes un petit tas de cendre était la dernière trace des deux soldats disparus. Dans les escaliers, une femme et une jeune fille avançaient d’une démarche nerveuse. Le sorcier, dépité poussa un long soupir, se retourna et s’adossa au rebord de la fenêtre. Il savait à présent d’où venaient les cris et craignait que d’autres ne tardent à fuser dans son bureau. Et il n’avait pas tord. Quelques instant plus tard, son épouse, une très belle femme toute vêtue de noir et sa fille entrèrent en trombe dans la pièce. Elles paraissaient toutes les deux très en colère. Les yeux de la femme corbeau lançaient des éclairs. Elle parla d’une voix forte et autoritaire :
_ Toi ! Tes soldats sont vraiment des incapables et des minables ! Tu devrais parfaire leur entraînement !
_ Allons bon ! Qu’ont ils encore fait ces empotés ?
_ Je viens de les tester figure-toi ! Ils ne seraient même pas capables de tenir tête à un contre dix orks plus de cinq minutes, que ce soit en combat rapproché ou à distance ! Comment comptes-tu assouvir Artang avec des crétins pareils ?
_ Ne t’inquiète pas, ils n’ont pas grand chose dans le crâne mais ils possèdent une grande force, il suffit juste qu’ils s’entraînent.
_ Juste qu’ils s’entraînent ? se mit à aboyer la femme du sorcier. Tu te moque de moi ? Pour former de bons combattants il faut qu’ils soient stratégiques !
_ Mais non voyons, ils n’ont pas besoin de ça, tout ce qu’il faut c’est qu’ils soient capables de comprendre et d’obéir aux ordres, c’est moi qui me charge de la stratégie.
_ Toi ? Laisse moi rire ! s’exclama la femme avec un sourire hilare, Tu es incapable d’établir un plan correct, et puis tu es tellement croulant que tu ne pourras même pas les accompagner sur le champ de bataille pour leur donner leurs ordres ! Ah ah ah !
_ Ne te moque pas de moi ! rugit le sorcelier faisant ainsi trembler les murs.
Son épouse se tu aussitôt reprenant son sérieux :
_ Ce n’est pas ma faute si tu as agit inconsciemment lors de la guerre ! fit elle en poussant un soupir d’indignation. C’est ce que je me tue à t’expliquer, tu es incapable de faire un plan sans points faibles puisque celui que tu avais créé lors de la dernière bataille a lamentablement échoué suite à un imprévu !
_ Ca je le sais bien ! Je n’ai pas besoin de toi pour me le rappeler, j’ai retenu la leçon bien mieux que tu ne le crois et j’ai déjà de nombreuses idées pour la prochaine bataille !
_ Tu devrais peut être nous en faire part afin que nous puissions t’aider à les peaufiner.
_ Pas besoin, je me débrouill…
_ L’un d’eux s’est réveillé !
Le couple surprit se coupe en pleine scène de ménage et se tourne vers leur fille qui venait de lancer ces derniers mots sans autre forme de procès. Ils écarquillèrent les yeux en contemplant l’adolescente. La jeune fille avait des cheveux blonds très courts ornés d’une petite fleur noire. Elle avait la particularité de posséder des yeux de couleurs différentes, l’un était vert et l’autre bleu. Elle était habillée d’une chemise de soie blanche et d’un pantalon en peau de daim. Une petite ceinture de cuir enserrait sa taille fine, et de grandes bottes de la même matière marquaient la longueur de ses jambes. Elle affichait un air calme et plutôt neutre, son regard était fixé sur ses parents.
_ Qu’as tu dis ? demanda le sorcelier la voix encore un peu enrouée.
_ Il est grand temps de se préparer, l’un d’eux s’est réveillé…


Commentaires
Par misstokiohotel le 17/12/2006 à 20h59
j'ai pas le temps de tout lire dsl en tout j'espère que tu va venir à montluçon je te fais pleins de gros bisous jtd
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