Il y a un nom… Un nom qui résonne dans ma tête, rien d’autre… Et puis soudain il y a un son. Un son particulier, presque magique. Il me transporte. Et maintenant il y a une voix. On dirait celle d’un ange, tellement elle est douce et mélodieuse…
Maintenant j’ouvre les yeux !
Devant moi, sous le feu des projecteurs se tiennent quatre personnes.
A l’avant de la scène se trouve le chanteur. Il est un peu spécial avec ses longs cheveux argentés mais il est au centre de l’attention et son visage respire la joie de vivre.
A sa droite il y a la guitariste. Ses longs cheveux rouges sont relevés en partie en arrière découvrant ses yeux d’un vert pétillant.
Tout à gauche, c’est le bassiste. Il a un long tatouage noir qui s’étale tout le long de son bras gauche jusque sur son visage, et qui s’arrête en dessous de l’œil. Sa peau est brune et laisse magnifiquement ressortir ses cheveux mi-longs couleur argent eux aussi.
Dans le fond se tient la batteuse, ses yeux jaunes luisent étrangement sous les mèches folles de ses cheveux bleus pâle.
Autour de moi, une foule en délire qui acclame inlassablement le nom du chanteur ;
« Final, Final »
Et moi, qui suis je ?
Je m’appelle Mortia, je suis la batteuse du groupe de rock Celest.
Pourquoi suis je là et à la fois sur scène ?
Parce que j’aime regarder mes amis se donner à fond pour notre musique et notre public.
Comment puis je être à la fois sur scène et ici ?
Grâce à Opale, ma jumelle inexistante…
C’est un corps d’emprunt, une coquille vide, un deuxième moi…
Opale elle n’a pas de vraie vie, elle apparaît comme ça, sans que personne ne la connaisse et disparaît. Opale elle me ressemble, mais elle est aussi très différente de moi… Elle est plus petite, elle a des cheveux courts, bleus pâle, des yeux couleur ambre et elle a l’air sage et douce, elle ressemble un peu à la petite fille que je n'ai jamais été… C’est un peu mon échappatoire, quand ma vie me soûle, je deviens Opale. Mais ça ne répond toujours pas à votre question.
J’ai la capacité de diviser mon âme en deux. Sur scène il y a Mortia la batteuse et là, dans le public il y a Opale l’inconnue. Je vois par ses yeux et entends par ses oreilles, mais j’entends et vois aussi tout ce qui se passe sur scène. Par exemple là, Guest, le bassiste vient de se prendre le pied dans un fil, mais là en bas, ça ne se voit pas !
Opale est fatiguée, elle doit partir, elle ne veut pas disparaître comme ça devant tout le monde. Mortia a besoin de toute sa tête.
Opale s’éclipse. Mortia reprend du poil de la bête.
Le morceau est finit. Je bats un petit solo de batterie, pas trop fort pour matérialiser un fond à la voix de Final. Il prend le micro et arpente la scène de long en large sous les yeux admiratifs et les cris hystériques de ses fans qui tendent vers lui des mains désespérées, dans l’espoir de pouvoir le toucher. Les gardes du corps commencent à réagir. Une fille tombe dans les vapes.
123…
ZIOOOOOOOOOOOOOOOOONG
Daliah enchaîne avec la guitare sur le même rythme que moi. Le public frappe des mains, il nous accompagne.
_Bonsoir à tous !
Cri de la foule. Final a dit une phrase…
_Tout d’abord, j’aimerai vous remercier d’être présent ce soir !!!
Nouvelle vague de hurlement, deux phrases…
_Comme vous le savez tous, aujourd’hui nous fêtons l’anniversaire de notre cher bassiste, j’ai nommé Guest !
C’est l’hystérie, Guest joue un petit morceau vite fait et salue le public. La foule est en délire, les filles tendent leur bras jusqu’à se les arracher. Les gardes du corps s’activent.
_Fidèles à nous même, comme à chaque fois que nous fêtons un événement important, tous les membres de Celest et moi-même avons écrit un petit morceau exclusif pour l’occasion !!!! Régalez-vous les oreilles !
Huée du public, c’est la folie la plus totale.
Ouvre les yeux
R’garde le ciel
Vois comme il est bleu
La r’garde pas elle
Oublies donc tes souffrances
Pense plus à ton enfance
Oublie ton mal
Redeviens animal
Fais donc c’que tu veux
Personne t’en veut
C’est pas ta faute
C’est encore l’autre
Pleure pas mon gars
Ca t’as pas l’droit
Elle en vaut pas la peine
Cette espèce de sale chienne
R’garde toi mon vieux
R’garde moi tes yeux
Tu r’semble à rien
Arrête de faire le gamin
Pense à aut’chose
Ce s’ra plus rose
Et elle oublies-la
Paske là…
C’te chienne de vie
Ca d’vrait pas être permis
Prendre un an de plus
C’est vraiment pas juste !
Cette chanson est unique, elle est exclusive, elle ne sortira sur aucun cd. Et ils ont même pas écouté, ils ont fait que crier. A quoi ça sert qu’on se casse à écrire des chansons, si c’est pour qu’on les écoute pas. Mais c’est ça qu’on aime, c’est notre vie, c’est pour ça qu’on est là. Pour s’éclater à notre façon alors que les autres cherchent pas à comprendre. Y en a qu’écoutent, y en à d’autres…
_Hey Mortia !!! Tu viens, c’est l’rappel !
Des maquilleuses affolées tout autour d’elle, Daliah vient me chercher.
_Fous-moi la paix j’me grille une clope et j’arrive !
Elle dégage les maquilleuses d’un bras et m’arrache ma cigarette de l’autre.
_On t’a déjà dit de pas fumer entre les pauses, t’es incurable ! Snif ! Mais c’est pas de la clope ça !
_Nan, c’est mélange by Mamie Poux ! Inoffensif quoi, tu sais bien que j’ai arrêté de fumer le clope y a un bail !
Je me relève, les maquilleuses mettent un dernier coup de poudre à Daliah et décampent. Elles ont peur de moi. Je les ai terrorisées la seule fois où elles ont essayé de me maquiller. On touche pas à mon visage.
On rejoint les gars. Final m’attrape par la taille et se colle à moi.
_Alors sale gosse, encore planquée à faire des trucs pas nets ?!
Je lui souris, il fait de même. Guest intervient.
_Eh ! J’crois qu’on les a suffisamment laissé s’égosiller maintenant, si on y allait avant qu’ils finissent tous avec une extinction de voix ?
_En voilà une idée qu’elle est bonne ! s’écrit Final en desserrant un peu son étreinte.
_Et si on les laissait hurler jusqu’à ce qu’ils en crèvent pour une fois, ça pourrait être marrant !!
Silence.
_Mortia… Pourquoi t’as toujours des idées aussi morbides ? demande Final suspicieux.
Parce que Mortia en a assez d’être Mortia…
_Je plaisante grande nouille !!!
Je lui fais un super sourire qui dévoile toutes mes dents.
Les voilà rassurés, on remonte sur scène, Final me tient par la main.
Il lâche main et se dirige vers son micro. Trop tard, le public nous à vu. De nombreuses filles me foudroient du regard. Combien de fois devra t on dire que nous ne sommes pas ensemble ? Nous sommes juste très proche, Final c’est juste mon frère… Mais ça personne ne le sait. Même pas Guest, et encore moins Daliah.
Les rumeurs ont fait que les gens ont cru à une liaison entre nous. On a démentit, mais ça sert à rien.
Le morceau commence, j’ai mieux à penser.
Je bas la mesure. Puis le rythme devient plus cadencé. Maintenant, la guitare, la basse. La voix. Un ange. Je vois des ailes briller dans le dos de Final. Ce n’est qu’une impression, je l’imagine souvent. Comme je le vois toujours de dos durant les concerts, j’imagine ce que son visage me laisse deviner. Un ange…
C’est le refrain. Le public chante avec Final. Cette chanson est connue, c’était le premier single de notre album précédent. C’est moi qui l’avais écrite.
Mortelle !!!
La vie est mortelle !!
Elle nous entraîne
Dans un tourbillon sans fin
Et pour finir il n’y a plus rien !!
A quoi ça sert
De vivre dans cet enfer
Alors qu’on sait tous que
La vie est mortelle
Mortelle !!!
J’me souviens de la réaction de Guest quand il avait lu mon texte.
« C’est pas croyable ça Mortia ! T’as toujours des idées sombres toi, pourquoi t’essayes jamais d’écrire des trucs un peu plus gais ? »
Toujours la même réponse au fond de moi. Mais j’ai rien dit. Ils se sont tous mis à délirer sur ce sujet et en ont oublié de chercher la vérité. En un sens je me disais que c’était mieux ainsi, dans un autre, je leur en ai voulu de pas avoir cherché à mieux me comprendre. Mais ils n’ont jamais cherché à me comprendre, jamais…
Le concert est finit, on a eu encore pas mal d’autographes à signer avant d’avoir terminé notre soirée. On est sur le point de rejoindre notre taxi pour rentrer à l’hôtel.
_Mortia, tu viens ?
Je regarde Guest et les autres qui m’attendent devant la voiture.
_Non, j’ai envie de prendre l’air, partez sans moi, je prendrais un autre taxi pour rentrer !
_T’es sûre ?Tu veux pas qu’on reste avec toi ?
_Nan, pas la peine, je vais me débrouiller, allez vous reposer, vous en avez besoin !
_Ok, fais quand même attention à toi !
Oui… Comme d’habitude…
Ils entrent dans le taxi. Le taxi démarre. Il s’en va. Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse dans le flot des voitures. Je vais faire un tour, je ne sais où, je vais me changer les idées.
Ce matin je me réveille doucement et je me sens étrangement bien. Je m’étale dans mon lit, il est chaud et confortable, rien à voir avec les lits froids que l’on trouve dans les hôtels quatre étoiles. Tiens ? Je ne suis pas à l’hôtel ?
Je me lève et je m’habille. Ce ne sont pas les mêmes vêtements que ceux que j’avais hier. Ce ne sont même pas les miens, ils sont une taille trop petits. Ce n’est pas du tout mon style en plus. Pourtant je me sens à l’aise dedans, et ils me vont plutôt bien !
Je sors de ma chambre et me retrouve dans un long couloir un peu rupestre, comme celui de chez Mamie Poux. Je descends un long escalier, il n’y a pas d’ascenseur. Je me retrouve dans une immense salle à manger, chaleureuse et accueillante. Aucun employé ne vient vers moi pour m’assigner à une table ou me demander ce dont j’ai besoin. Je n’ai pas l’habitude, mais je me sens tellement bien ici ! Qu’est ce que je fais ici, je n’arrive pas à me souvenir de ce que j’ai fait hier soir.
Il y a pas mal de monde, certains ont l’air joyeux, mais au fur et à mesure que je me rapproche du comptoir, les gens semblent de plus en plus tristes, voire choqués. Ils ont tous les yeux rivés vers un petit écran derrière le comptoire. A la télé, une animatrice de journal télévisé s’agite en prenant sa mine des tristes nouvelles. Le barman monte le son.
« … il a en effet été découvert ce matin le corps sans vie de la jeune batteuse du groupe Celest, Mortia Darkinn, au bas du pont Mérénisse. D’après la police il s’agirait d’un suicide mais une enquête est en court, nous vous tiendrons infor… »
_Mademoiselle Opale, vous souhaitez prendre un petit déjeuner ?
Je me retourne, sans voix, le cœur serré vers le jeune serveur qui vient de me parler, il me regarde avec un air d’incompréhension.
Maintenant je me souviens de ce que j’ai fait. J’ai marché sans but, je me suis retrouvée devant un pont très haut j’ai regardé en bas, je suis grimpée sur la rambarde, Opale s’est matérialisée à coté de moi et j’ai sauté.
Une suite, peut être... A venir...


Commentaires
Par Kaïa le 24/11/2006 à 21h22
Bon, il y a une suite c'est officiel, j'y travaille!
Par Helene le 21/11/2006 à 10h06
Mais tu l'avais trop bien commencé, c'est cruel de ne pas la continuer T_T
Ou sinon, tu ecris la vie d'avant ce moment, comme tu veux :p
Par Kaïa le 19/11/2006 à 15h12
Pas qûre qu'il y en est, j'ai pas d'inspi sur celle la, en revanche j'en écris une autre qui ma foie est bien plus sympathique, je devrais pas tarder à la finir^^
Par Helene le 18/11/2006 à 23h48
Je veux une suittte !! ^^
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