Kaïa

Artang-Chapitre 2

le 24/09/2006 à 18h35


Chapitre


II


 

    Mon réveil fut des plus brutal, Arilia, qui m’avait retrouvé à l’orée du bois sans savoir ce que j’y faisais m’avait secoué et giflé avec force pour me faire reprendre conscience. Quand j’ouvris les yeux, je la découvris le visage crispé dans une expression de panique hystérique. Des larmes coulaient le long de ses joues et elle remuait les lèvres sans arriver à prononcer le moindre mot. Il n’était pourtant pas difficile de comprendre qu’elle était rendue folle d’inquiétude par les cris de la créature et la disparition d’Yvan. Je la pris dans mes bras que faire d’autre, elle enfonça profondément sa tête dans ma poitrine et sa mit à sangloter. Nous restâmes comme ainsi pendant un certain temps, puis la jeune fille se redressa et me demanda en articulant difficilement ce qu’il était advenu de son cousin. J’ouvris la bouche et la refermais aussitôt. Je secouais vivement la tête, incapable de lui dire quoi que ce soit. Les mots restaient bloqués au fond de ma gorge. L’image d’Yvan me tendant la main et m’appelant au milieu des flammes m’apparut furtivement, rouvrant la plaie de mon cœur qui s’était temporairement refermée. Arilia me dévisagea avec insistance attendant une réponse. Je secouais de nouveau la tête avant de me lever et de me diriger vers mon cheval et celui d’Yvan qui se trouvaient encore à la lisière des arbres. La jeune fille m’interpella, prise de panique, Je montais en selle sans me retourner, y attachais les rennes de Nuage et m’emparant de celles de Flèche. J’adressais un dernier regard à Arilia, en pleur me suppliant en silence, et, gardant cette image déchirante en mon esprit je lançais ma monture au galop.


    J’étais à mi-chemin entre la forêt et la ville lorsque les premières gouttes de pluie tombèrent. Le jour était passé sans que je ne l’aie vu et la nuit commençait à étendre ses longues ailes noires au-dessus d’Artang, enveloppée d’un épais manteau de nuages sombres. Quelques minutes plus tard, j’atteignis Jussey et la pluie s’était faite violente. Tous les villageois s’étaient enfermés chez eux afin de s’abriter. L’eau qui ne cessait de tomber masquait les lumières provenant des maisons et que les fenêtres laissaient échapper. En passant devant l’auberge de Flore je relâchais la jument d’Yvan devant l’établissement et continuais mon chemin sans plus attendre, quand l’aubergiste sortit et m’appela j’étais déjà loin et ses cris furent étouffés par le bruit des gouttes allant s’écraser sur les tuiles et le pavé. Enfin, j’aperçus les hautes murailles du château de mon père et lorsque j’arrivais à leurs pieds, le chef des gardes du haut de son guef donna l’ordre d’ouvrir la herse et la lourde porte de chêne. Ainsi, l’immense grille de fer se souleva avec lenteur tandis que les deux énormes battants de bois s’écartèrent pour me laisser passer. Je pris rapidement la direction des écuries et, après avoir dessellé mon cheval le confiais aux soins des écuyers. Je traversais ensuite la cour sans ménagement et pénétrais enfin dans le hall tapissé de velours rouge et au milieu duquel m’attendaient mon père et ses deux conseillers. Le premier conseiller me toisait d’un air malfaisant et emprunt d’une extrême satisfaction. Son frère, lui semblait désespéré, quant un mon père, il avait une mine sévère, preuve qu’il allait sans doute entrer dans une colère noire si je venais à me montrer encore plus insolent qu’à mon habitude. Mais rien de cela ne se fit, il prit simplement une voix posée :


_Adrien…


Pour toute réponse je lui renvoyais un silence indifférent. Il soupira et repris :


_Adrien, quand te décideras-tu à devenir raisonnable, cesse donc de fuir tes devoirs de prince héritier, si tu t’obstine à continuer ainsi je vais finir par perdre la tête !


Je le regardais droit dans les yeux, demeurant muet et gardant un visage démuni d’expression. Mon père était, par chance d’une nature calme et patient, cependant, cette foi ci il paraissait vraiment m’en vouloir, mais je n’étais pas d’humeur à me disputer avec lui ni avec qui que ce soit d’autre. Le second conseiller souffla à son tour, exaspéré, cet homme était doux et gentil et cela se lisait sur son visage creusé de rides. Il n’avait jamais réussit à me faire un véritable sermon et je ne l’avais jamais entendu hausser le ton.


_Adrien, tu vas bien ? demanda mon père passant de la colère à l’inquiétude. Il est arrivé quelque chose, tu t’es disputé avec Yvan ?


Soudain, je fixais à nouveau mon regard dans le sien, je sentais monter en moi une bouffée de chaleur, mon cœur se mit à battre plus vite, ma respiration se fit rapide et saccadée, je sentais venir en moi la colère, immense, dangereuse, dévastatrice. Je regardais toujours mon père, sans ciller, sur son visage s’était peint une expression de terreur, j’entrais dans une rage monstrueuse, « me disputer avec Yvan, me disputer avec mon meilleur ami, quelle idée, il venait de mourir, par ma faute, et lui, lui, mon propre père avait l’affront de me le rappeler ». Mes pensées étaient confuses, je regardais le second conseiller dont les yeux s’agrandirent emprunts de peur, il balbutia quelque chose d’inaudible avant de s’effondrer sur le sol, inconscient. Son frère qui paraissait bien moins fier qu’auparavant s’interposa entre nous deux et, tachant de garder une contenance, m’intima l’ordre de me calmer tout en me traitant d’insolent. Ma colère explosa.


_Ardeyn bââr yör ! hurlais-je sans trop comprendre ces paroles qui eurent des conséquences bien pires que je ne l’aurais imaginé. Le vieil homme devant moi me contempla perplexe, mon père parut mourir de peur. Soudain, les cheveux du conseiller s’enflammèrent, le vieillard, ne comprenant pas trop ce qui lui arrivait prit d’abord une expression idiote, puis, poussant un cri de douleur, il porta les mains à son visage. Sa tête entière était en train de flamber, une odeur âcre de laine et de chaire brûlées emplit l’air. Les mains et las habits de l’homme prirent feu à leur tour. Mon père s’étant ressaisit essayait en vain d’éteindre les flammes. Paniqué, je ne saisissais plus ce qui se passait devant moi, je poussais un hurlement insensé, faisant trembler les mur de pierre du château et fuyant mes peurs, je courais me réfugier dans ma chambre. Après avoir claqué la porte, je la fermais à double tour et m’adossant contre elle, je repris mon souffle. Ma tête était vide de tout, des larmes inondaient mon visage, incontrôlables et j’avais envie de crier encore plus fort. Je me contins du mieux possible en serrant mes mâchoires et mes poings tremblants. J’étais perdu, je ne savais plus ce qui m’arrivais ni comment réagir. M’allongeant sur mon lit, je tâchais de réfléchir mais la fatigue s’empara de moi et je ne tardais pas à sombrer, plus ou moins contre ma volonté dans un sommeil agité. Je m’étais éveillé plusieurs fois, mais à chaque fois que je me rendormais, le souvenir d’Yvan m’appelant au secours et les cris du conseiller se consumant m’assaillaient.


    La nuit me parut fort longue, si bien que lorsque le soleil pointa timidement ses premiers rayons j’en éprouvais un réel soulagement. J’avis dormis avec mes vieux habits de chasse et ceux ci étaient froissés, mais je me fichais totalement de ce détail sans importance ( comme tout le monde d’ailleurs sauf celle qui va repasser !! ), j’ouvris ma porte et me glissais à pas feutrés dans le couloir. Mon père devait être en train de faire ses comptes avec le trésorier, dans le grand bureau à coté de la bibliothèque, je n’avais donc aucun risque de le croiser. Je rejoignis l’aile droite du château et descendis aux cuisines où je pris discrètement une miche de pain, échappant de justesse au regard des cuisinières qui s’activaient déjà à leurs fourneaux. Grignotant sans faim ce maigre déjeuné, je me rendis dans le hall d’entré, où je ne fus pas surpris de rencontrer le second conseiller dont le nom était Christopher Ahiron. Une expression grave était dessinée sur son visage, creusant encore plus profondément ses rides. Je m’arrêtais un instant, mes yeux fixés dans les siens, puis, sans un mot, je repartis. Le vieil homme ne se retourna pas, mais je l’entendis m’appeler :



_Votre Altesse…


_Qu’y a-t-il ? Si c’est pour me demander de vous présenter mes excuses au sujet du mal que j’ai fait à votre frère, je ne peux refuser de le faire, mais je pense que cela ne suffira pas à ce que vous me pardonniez ! répondis-je d’un ton sec en m’arrêtant vivement et en me tournant vers mon interlocuteur.


_Vous vous trompez… répondit-il en me faisant face à son tour.


_Alors…De…De quoi s’agit-il ? demandais-je plus calmement en l’observant.


_Je voudrais simplement… Vous souhaiter bonne chance mon Prince…


Son regard avait changé, il me contemplait avec douceur, respect et comme un peu de tristesse.


_…Je ne comprends pas vraiment pourquoi vous me dite cela mais je vous remercie quand même, cela me sera sans doute utile…


J’amorçais un pas vers la porte et me retournant une dernière fois, j’ajoutais :


_Je pense… Je pense que je ne vous remercierais jamais assez… Tout ce que vous avez fait pour moi… Je n’oublierais jamais que j’ai eu la chance d’avoir connu quelqu’un comme vous ! Monsieur, adieu !


Cette fois ci je ne fis pas demi-tour et sortis du palais, mais juste avant de fermer la porte j’entendis les quelques derniers mots que m’adressait le vieil homme :


_Si vous saviez mon Prince combien vous en aurez le besoin… Adieu…


Après avoir traversé le jardin et la grande cour, j’atteignis l’entrée de la muraille. La porte était ouverte, seule la herse était abaissée, ce qui n’était pas habituel, car le jour, le palais était normalement ouvert aux villageois. Sans plus attendre, j’appelais le chef des gardes. Apparemment je venais de le réveillé car sa voix était grave et ensommeillée ;


_ C’est pour quoi ? demanda t-il de manière peu aimable en étouffant un bâillement.


_C’est moi, le prince Adrien ! Je veux sortir, ouvre-moi !


L’homme sembla soudain se ragaillardire, il se redressa brusquement, s’assomma à moitié en relevant sa lance et après avoir remis son casque droit et sa cote de maille en place il déclara solennellement comme un vrai soldat :


_Je suis navré votre Altesse mais j’ai reçu l’ordre formel du Roi lui-même de ne vous laisser sortir sous aucun prétexte ! Entre nous, vous vous débrouillez toujours pour sortir d’une manière ou d’une autre sans que l’on ne vous attrape, vous pouvez bien faire comme d’habitude non ?


_Sous aucun prétexte hein ? répliquais-je sans prêter attention à ses dernière paroles, Même celui d’informer mon père de votre petite sieste matinale si vous ne m’ouvrez pas ?



_Je… Je… Quel chantage Mon Seigneur, vous devriez avoir honte savez-vous ? Je ne peux accept…


_Dois-je avertir mon père ou allez-vous m’ouvrir ? le coupais-je sèchement.


_Je… Soit ! Mais sachez que si le Roi votre père me le demande je serai dans l’obligation de lui parler de votre sortie !


_Qu’il en soit ainsi, maintenant ouvrez, juste un peu, pas besoin d’alerter tout le monde avec vos chaînes mal huilées.


_A vos ordres Sire !


Je passais l’ouverture et saluais le garde qui du haut de son guef recommençait déjà à somnoler. D’une marche rapide, je me rendis en ville et me dirigeais tout droit vers la Grand Place. C’était l’aurore, à cette heure-ci, les villageois s’y rassemblaient afin de parler de choses et d’autres. Chacun voulait parler et donner son avis sur les différentes nouvelles et potins qu’il rapportaient d’ici et là. Mais ce jour là, ce n’était pas des cancans de bonne femme qui faisaient jaser, c’était un sujet bien plus sérieux. Bien évidemment, comme dans toutes les villes, le bouche à oreille avait eu son effet et chacun était au courant de la disparition mystérieuse d’Yvan, du redoutable rugissement – car c’était bien un rugissement – qui leur était parvenu du fin fond de la forêt et bien sûr mon retour discret de chasse. ( Par chance personne ne savait ce que j’avais fait au palais ). Tâchant de ne pas trop écouter les conversations, je traversais la foule d’abord en jouant des coudes, puis les gens me reconnurent et, tout en s’écartant sur mon passage poussaient des exclamations du genre «  c’est lui, c’est Adrien, c’est le Prince » ou alors se taisaient immédiatement en me jetant des regards en coin. Je passais devant le puits au milieu de la place et montait sur l’estrade, utilisée autrefois pour le pilori qui avait abattu depuis longtemps et dont on se servait à présent pour les discours et les déclarations publiques. Tous les visages étaient tournés vers moi  et le silence se fit. Je contemplais vaguement la foule, les yeux mi-clos, réfléchissant à ce que j’allais bien pouvoir dire. Au bout de la place, je vis mon père et le second conseiller déboucher d’une rue le souffle court. Une expression à la fois inquiète et curieuse s’était dessinée sur le visage du Seigneur d’Artang. Fixant mon regard sur lui pour essayer de me donner un peu de courage, après une dernière hésitation, j’examinais la foule silencieuse qui se tenait devant moi et pris une profonde mais imperceptible inspiration et me mis à parler le plus calmement que mon cœur palpitant à toute vitesse me le permettait :


_Peuple d’Artang, habitants de Jussey, visiteurs et tous ici présent, je… Euh… Pour ceux qui ne me connaissent pas je me présente, je suis le prince Adrien Fermafeu, héritier légitime du trône de notre pays. ( « pas pour longtemps il me semble » remarquais-je sans pour autant le dire ). Comme chacun le sait aujourd’hui, à n’en pas douter, mon très cher et grand ami Yvan est disparut… Je marquais une courte pause et cherchais Arilia du regard sans la trouver. Pour ne pas dire décédé – ma voix s’étrangla – pour mon plus grand malheur et ma tristesse la plus profonde et intense, telle que vous ne pouvez l’imaginer… et tout ceci par ma faute.


Je me tus, au début, il n’y eu aucune réaction de la part de mon auditoire, mais très vite les commentaires fusèrent et un vieil homme portant un fort accent du patois de la région de Zéïron parlant plus fort fit taire tous les autres :


_Jé m’en doutais ! D’pis vingt ans qué j’vis dans c’té ville c’gourdo était le plus peston de tous ces gardons ! Et pis té mon p’tot jé l’savais ben qu’t’étais pas nette ! J’l’avais prév’nu moué l’Yvan, « N’suis pas c’te ptot prétentieux d’fils de roi, i’ causera ta perte » qu’j’y disais ! Mais c’est ti qui m’aurait pas écouté ! L’était bin un peu orgueilleux çui-ci ! Bande de ptot fichtons va !


Il partit dans son délire en bougonnant. Certaines personnes parurent choquées par les propos du vieillard, un murmure d’indignation parcourut la foule. Je repris la parole afin de calmer les humeurs et de dire ce que j’avais à dire.


_Ecoutez, comme vous le savez, mon compagnon était très fougueux, et hier, nous avons appris la présence d’une créature des plus terrifiantes à mes yeux dans la forêt…


Je me tu de nouveau, hésitant à leur raconter toute la vérité. Malgré tout, la tension régnant dans l’assistance me força à poursuivre.


_…Yvan a donc décidé de le tuer… Ce dragon…


J’avais dit ces derniers mots dans un murmure qui fut tout de même perçus par certaines personnes qui ouvrirent de grands yeux horrifiés.


_Et en tout lâche que je suis, je n’ai su retenir et protéger mon ami, et à l’heure qu’il est il est mort…Par ma faute… Je… Je ne peux continuer à vivre parmi vous, je suis navré mais c’est ici que se trouvent tous les souvenir que j’ai de mon compagnon e le regret et la honte me rongent bien trop pour que je puisse me permettre d’exister encore sur ces terres… Je ne souhaite pas fuir, je souhaite seulement trouver la réponse à mes questions, je veux juste savoir pourquoi j’ai été si lâche et faible alors que la vie d’un des êtres qui me sont le plus chers était en jeu… C’est donc pour cela que je quitte Jussey et son peuple aujourd’hui même afin de démarrer un long et j’espère instructif et assagissant pèlerinage !


Cette déclaration fut accueillie par un silence e mort. J’aperçus mon père au loin qui avait d’abord ouvert de grands yeux, puis il avait pâlit et je cru qu’il allait défaillir. Il se ressaisit pourtant aussitôt, bouscula dans un mouvement nerveux son pauvre conseiller, le rattrapa, lui chuchota quelques mots à l’oreille et repartit d’un démarche rapide vers son palais. Ce comportement m’avait intrigué mais je n’eu pas le temps d’en tenir compte. La foule me huait et s’obstinait à refuser mon exil.


_Tu n’as pas à culpabiliser jeune prince ! me cria une commère, Ce n’est pas de ta faute, ton ami était imprudent mais je suis certaine que tu as fait tout ton possible pour le sauver, tu n’as rien à te reprocher !


_Nous avons besoin d’un prince tel que toi, tu es le seul qui soit digne de succéder un jour au roi ! ajoutèrent un groupe de jeunes filles.


_Sans toi Jussey et sa forêt ne son plus ce qu’elles sont, Adrien t’es un frère pour nous tous, tu peux pas nous abandonner comme ça ! renchérirent une bande de vagabonds.


Les gens m’interpellaient et m’incitaient à rester, cela me fit chaud au cœur de voir que l’on me portait une telle estime, malheureusement, j’avais pris une décision et rien à ce moment là n’aurait pu me faire changer d’avis. Je descendis de l’estrade après m’être excusé une dernière fois et dû jouer des coudes pour réussir à m’extirper de cette cohue.


Après avoir fait trois fois le tour de la Grand Place pour semer les villageois, j’atteignis enfin, et à grand peine le mur d’enceinte du château. Ce fut une sacré surprise que de découvrir le surprenant spectacle qui s’offrait à moi. Les gardes, en haut de la muraille ne dormaient plus du tout et paraissaient très agités, ils couraient dans tous les sens, des ordres fusaient par-ci par-là. Je dû faire un détour et passer par mon passage derrière les rosiers. Arrivé dans le hall, je découvris un remue-ménage des plus incroyables. Personne ne semblait m’avoir remarqué et je profitais de l’occasion pour me faufiler discrètement aux cuisines où la même activation régnait. Je me servis généreusement en vivre et me carapata rapidement lorsque la cuisinière en chef me pris la main dans le sac et commença à me poursuivre furieuse. Heureusement pour moi, elle avait bien trop à faire pour perdre son temps avec moi et abandonna vite l’idée de m’attraper. Satisfait mais relativement perplexe, je me dirigeais vers ma chambre, ce qui fut une toute autre paire de manche. Ce fut encore pire que dans les autres pièces du palais, serviteurs, conseillers divers, trésoriers, portes manteaux et même geôliers que je croyais inexistants dans ces lieux depuis longtemps allaient et venaient au travers de tous les couloirs dans un remue ménage gigantesque. Les gens couraient, se bousculaient et criaient de toutes parts. Baladé d’un endroit à l’autre par les gens maladroits et évasif sans trop comprendre ce qui m’arrivait, je finis par reprendre mes esprits au moment où j’atteignais l’immense couloir tapissé de rouge et recouvert de portraits divers et variés qui menait au bureau royal. Curieusement, personne ne s’y aventurait, j’étais totalement seul. Il faut dire que le bureau était interdit d’accès et que seul mon père en possédait la clé. Je n’aimais pas ce lieu, je me souvins que lorsque j’étais petit je m’y sentais… Très petit. Les chandelles qui éclairaient le couloir créaient des ombres mouvantes sur les portraits, accentuant l’air austère des personnages qui y trônaient et leur donnant une allure fantomatique. Cela donnait une ambiance inquiétante. Mais je n’étais plus aussi impressionné que lors de mon enfance, voir plus du tout. Je partis d’un pas décidé qui ré sonna avec force. Je m’arrêtais devant l’impressionnante porte en chêne. J’en poussais le battant après avoir pris une profonde inspiration. Je pénétrais alors pour la première fois dans ce mystérieux bureau. La pièce était absolument incroyable, elle dégageait quelque chose de merveilleux, presque de magique. Au fond, une espèce de vitre très large et très haute emplie d’eau laissait voir d’étonnants poissons colorés. Cela projetait d’étranges reflets bleutés sur les murs. De chaque cotés de ce bassin s’élevaient deux boites verticales elles aussi en verre. L’une de ces boîtes était recouverte d’un long tissu blanc tandis qu’à l’opposé, l’une d’elles étaient vide. Les deux autres contenaient des objets des plus sublimes, la plus petite logeait en elle une superbe flûte d’un argent presque blanc, l’autre protégeait un curieux bâton fait d’un bois noueux, blanc lui aussi. A l’une de ces extrémités, le bois formait un nœud plus important au creux duquel était logé une pierre précieuse semblant contenir de l’argent liquide. Je parcourais le bureau de mon père du regard, les murs étaient rendus invisibles par d’énormes bibliothèques pleines de livres anciens aux reliures colorées et chatoyantes. Ces bibliothèques étaient elles même en partie dissimulées par d’autres de ces curieuses boites vitrées, toutes plus grandes les unes que les autres et contenants de fabuleux objets de toutes sortes, pour la plupart ce qui semblait être des armes aux allures attrayantes et parfois loufoques.


Alors que j’examinais le bureau qui constituait le seule meuble de taille à peu près raisonnable si l’on ne tenait pas compte de sa largeur et du nombre incalculable de papiers, documents, livres, plumes, encriers, cires à cachet et encore des centaines d’autres choses, mon père surgit de nulle part. Il affichait un air calme et tenait entre ses mains un objet de forme longiligne enveloppé dans un tissus blanc retenu par de fines cordelettes dorées. Il déposé l’étrange colis sur son bureau. Il leva la tête vers moi et me regarda fixement.


_Je suppose que ta décision est définitive et que tu ne reviendras pas dessus. Dit il après un instant de silence.


_C’est exact. Fis-je.


Il soupira.


_ Si tel est ton choix, alors qu’il en soit ainsi. Mais avant que tu ne parte, je souhaiterais te confier la seule chose que je puisse t’offrire en une telle occasion.


_De quoi s’agit-il ? demandais-je curieux.


_C’est ton héritage, celui que tu aurais dû recevoir lors de ton ascension au trône à ma suite. Mais il semblerait que le destin en ait décidé autrement.


Il reprit le mystérieux paquet et entrepris de retirer l’étoffe qui le protégeait. Il en sortit une longue et fine épée faite du même argent pur que celui de la flûte que j’avais aperçut dans les boites vitrée précédemment. Je restais bouche bée devant la splendeur de cette armes. Elle était absolument magnifique, la lame grande et fine semblait particulièrement tranchante, la garde était taillée de telle sorte qu’elle formait de délicates ailes aux milles détails, l’artisan qui avait créé une telle merveille devait être terriblement doué et méticuleux.


_Ceci est l’épée de Falandel, elle fut forgée par les grands elfes, lorsque ceux ci existaient encore, pour nos ancêtres. Elle est constitué d’un métal des plus purs et précieux aujourd’hui introuvable. Elle se transmet dans notre famille depuis des millénaires. Adrien, mon fils, aujourd’hui cet héritage t’appartient, puisse-t-il t’être utile lors de ton exil…


Il me posa l’épée entre les mains et appuya les siennes sur mes épaule avant de dire d’une voix tremblante :


_Fils, je veux que tu sache que quoi que tu fasse et où que tu sois, je suis et je serais toujours fier de toi !


Il me sourit et me serra dans ses bras. Je n’étais pas habitué à un tel traitement de sa part, cela m’émut beaucoup et ce souvenir reste à jamais gravé dans ma mémoire.

Enfin, je quittais le bureau l’âme en peine mais le cœur emplit d’une douce chaleur. En la refermant, je regardais la porte fixement. Des larmes incontrôlées coulèrent le long de mes joues. Je fermais les yeux et laissais lentement mon esprit vagabonder dans mon passer, revivant intérieurement pour une dernière fois tous mes souvenirs… 



Ca y est, je viens de finir tout fraichement de taper les deux derniers paragraphes^^ça fait plaisir!!! Maintenant, il va falloir attendre le troisième chapitre, je vous préviens, celui ci se fera en deux parties car ilest entrecoupé par un intermède, ce ne sera pas parce que j'ai décidé de publier petits bouts par petits bouts, et oui, désolée mais il ne faudrait pas trop compter là dessus!!! Je publierai chapitre par chapitre!!! voilou aller, au boulot faut que je tape la suite!^^



Et n'oubliez pas de participer à notre concours spécial TH!!! On compte sur vous!!!

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